Auteur : Anfalmyr

C'est moi que tu entends en début et en fin de podcast. Entre les deux y'a pas grand chose d'intéressant, mais des fois je fais "ah oui" ou "hum hum". En gros, c'est moi l'animateur de La Caz' Retro

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Le Site fête ses quatre ans. Et c’est cool! Quatre années à alimenter chaque semaine ce petit coin de pixel pour partager avec vous nos souvenirs de jeux vidéo. Encore énormément de jeux cultes et moins cultes attendent sur notre fameuse liste top secrète des podcasts à faire, et des centaines d’heures de baladodiffusion stockées dans notre serveur pour le plaisir de vos oreilles. Quatre années qui nous ont permis de partager des moments mémorables avec des personnes toutes plus intéressantes les unes que les autres. Alors pour cet édito anniversaire j’ai eu envie de revenir avec vous sur la genèse de cette aventure, aventure qui je l’espère ne fait que commencer.

Des idées, tout le monde en a, mais pour qu’une idée se concrétise, encore faut-il que les planètes s’alignent comme on dit dans mon métier. Mais recollons les morceaux ensemble comme dirait un grand homme français. Tout est parti de l’émission Dailymotion « Le Moggy Aspi Show« , ou plutôt de la fin du M.A.S. J’étais ultra fan de ce que ces gens faisaient, c’est d’ailleurs eux qui m’ont fait découvrir le monde des joueurs qui font des vidéos sur des jeux vidéo et qui m’apprennent plein de choses dont je ne soupçonnais alors même pas l’existence. Quand ils ont arrêté leur émission, comme tous leurs fans, j’étais triste. Et j’ai commencé à me dire que ça serait pas mal de reprendre le flambeau à mon humble niveau, de faire une émission sur les jeux vidéo qui ait une identité chaleureuse, qui fasse « apéro entre potes à parler jv ». Mais à la base, mon idée n’était absolument pas de focaliser sur le jeu rétro. Au départ, l’émission s’appelait sobrement « La Caz' » et avait plusieurs sous-catégories, dont une consacrée aux vieux jeux : « La Caz’ – retro ». Oui, ça vient de là. Mais pourquoi commencer par cette version rétrogaming plutôt qu’une autre? Et bien tout simplement parce que je voulais faire de la vidéo et qu’à l’époque c’était bien plus simple de capturer un émulateur sur mon pc que de m’acheter un boitier d’acquisition ! Donc commencer par le rétro semblait la solution la plus pratique.

Quand j’essaye de mettre sur pied une idée, je suis du genre à faire plein de dessins, à noter ce que j’aimerais y voir en tant que spectateur, à voir ce qui se fait ailleurs sur le sujet pour essayer de proposer autre chose plutôt qu’à simplement copier/coller , etc… J’ai donc passé du temps le soir à gribouiller sur un carnet les contours d’une émission vidéo qui me plairait et après presque un an de notes et de gribouillis, je pensais avoir une base assez solide, et je me suis dit « bon, va falloir trouver des gens ». On pourrait se dire d’ailleurs qu’un an pour accoucher du concept de LaCazRetro c’est quand même hyper long, mais je fais partie des gens qui préfèrent laisser infuser une idée pour voir où elle peut m’emmener, plutôt que de me laisser aveugler par l’excitation de la sortir trop vite et de réaliser après coup qu’elle n’avait pas assez mûri.

Je faisais donc partie à cette époque de la communauté de Gameblog, j’y tenais un blog qui avait là-bas son petit succès, et j’ai posté un jour sur le fil des statuts une sorte d’annonce « y’a des retrogameurs qui aimeraient faire une émission avec moi? j’ai un concept mais pas d’équipe« . Et dans l’heure j’ai reçu un message de Mikadotwix (je crois) qui me disait que lui et d’autres gameblogueurs (Loupign & Subby_Kun) avaient cette même envie depuis quelques temps, l’envie de partager leur passion pour les vieux jeux, mais n’avaient pas encore pris l’initiative de se lancer, et que du coup mon annonce tombait à pic. On en a discuté ensemble, je leur ai présenté mon idée, à savoir enregistrer l’émission comme un podcast audio et l’habiller de vidéos de gameplay dudit jeu histoire d’en faire une émission Youtube. Comme mes comparses ne sont pas de la même génération que moi, ils m’ont soumis l’idée de proposer également la version purement audio parce que c’était ce format qu’ils écoutaient principalement (alors que moi c’était le contraire). C’est plus tard, quand on a vu que la version audio trouvait son public contrairement à la version vidéo (qui me prenait évidemment plus de temps à monter) qu’on a décidé d’abandonner le format vidéo, non sans une certaine tristesse de mon côté de ne pas avoir su trouver les bons ingrédients pour attirer les gens sur ce format-là. Mais donc au départ on était double-format pour toucher le plus de monde possible.

Et alors, pourquoi 2 émissions par mois? Très simple. À l’époque sur Gameblog commençaient à sortir des podcasts audio réalisés par la communauté, notamment des débats entre gameblogueurs après les grandes conventions annuelles. L’un d’eux était pas mal relayé par la communauté, fabriqué par des potes à nous également : Un Plan à 3. Et ce podcast était mensuel. Comme ils s’étaient lancés avant nous, pour exister dans cette communauté où le contenu fusait sur le fil des publications, il fallait proposer un truc béton, surtout quand ton sujet ne parlera de base qu’à une niche de cette communauté (le JDG n’ayant alors pas encore explosé médiatiquement). Donc histoire de rattraper notre retard sur nos amis, on a convenu de faire deux émissions par mois (en hebdo c’était inconcevable puisqu’à l’époque je le rappelle fallait faire une vidéo en même temps). Et histoire de faire patienter les gameblogueurs entre deux émissions, je me suis dit que ça serait pas mal de laisser sur mon blog une image énigmatique qui donnerait un indice sur le sujet de la prochaine émission. Les énigmes étaient nées, reprises après par le Twix.

Le premier podcast que nous avons publié est aujourd’hui parfaitement introuvable, puisque c’était un pilote que nous avions enregistré avec Mikadotwix, Loupign et Subby_Kun et qui tenait lieu en quelque sorte de présentation des différents chroniqueurs, de leurs parcours de joueur en fait. Mais comme ce test nous a plu à nous, on s’est dit que ça serait bien de vérifier notre bonne impression auprès de la communauté de Gameblog en le diffusant presque tel quel. Un peu en stress au petit matin lorsqu’on met en ligne le billet de ce pilote sur mon blog de l’époque. Et là, gros soulagement, majorité des retours ultra positifs, des remarques hyper constructives, des confirmations sur des points qui nous avaient déjà interpellés avant la diffusion. Pour résumer : une bonne journée ! On avait un squelette d’émission visiblement assez solide et il ne nous restait plus qu’à rôder le concept et prendre plus d’aisance au micro au fil des numéros.

Et c’est là probablement où nous avons été extrêmement chanceux je pense. Car lorsqu’on s’est lancé dans le podcast, on passait après des gens comme Gamerside qui avait essuyé les plâtres sur la manière dont des amateurs pouvaient diffuser des podcasts audio, mais on commençait également avant l’explosion de Twitter, ce qui nous a permis de nous faire la main très calmement de notre côté sur Gameblog pour nous ouvrir au monde en quelque sorte à un moment où on avait déjà plus d’assurance.Un timing qui nous a rendu la tâche indéniablement plus facile, et qui ne pouvait en aucune manière être anticipé à notre niveau.

Mais il est où le Prof Oz dans tout ça? Et Locutus ? Et Dopamine?! Pour ceux qui ne nous suivraient pas depuis le premier jour (et vous êtes très nombreux), il faut savoir que Oz n’a pas été « recruté » en même temps que les autres chroniqueurs, même s’il était là dès la deuxième émission; Locutus m’aidait à l’époque à capturer les jeux micro-ordinateur (comme SRAM) jusqu’à ce que je lui demande si il se sentait de venir papoter en émission de temps en temps; et Dopamine était notre premier invité. Notre parrain fréquentait Gameblog tout comme nous et comme on s’entendait super bien avec lui et qu’on avait passé un super moment sur Turtle in Times avec ce vétéran de MicroKids, on s’est dit qu’il fallait proposer au mec de Parallaxe de venir poser sa voix suave plus régulièrement sur notre émission (c’est moi où on a un faible pour les voix suaves ici?).

Ce que j’ai appris de cette gestation c’est que tu peux avoir planché consciencieusement tout seul sur ton projet et penser que tu as trouvé la bonne formule, à partir du moment où ça devient une aventure collective et public, tu dois accepter le fait que cette création est une forme organique non définitive qu’il faut suivre et nourrir avec beaucoup d’attention. On ne peut jamais tout prévoir, et dans ce web 2.0 c’est rarement une bonne chose que de se fixer des contraintes trop rigides. Mais paradoxalement, c’est le fait d’avoir pensé longtemps en amont ce projet qui a aidé le podcast à ne pas dévier de sa route et nous a permis de nous forger une identité propre. Alors quand je me pose deux minutes et que je regarde le chemin parcouru ensemble, je ne peux qu’être fier de ce qu’on a fait, et curieux de voir jusqu’où on l’emmènera ce petit podcast ! 

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Lyon, soirée Inspirit Expo, 23 novembre 2013, 22h14

« Mikadotwix : Hey Jibé ! Ca te dis d’être invité pour un podcast de la Caz Retro ?

Moi : Mais avec plaisir ! On parlerait de quel jeu ?

Mikadotwix : Comme tu veux ! Il faut juste que le jeu ait plus de 10 ans.

Moi : Parfait, j’adorerais parler de SNK VS Capcom Match of the Millenium sur Neo Geo Pocket Color !

Mikadotwix : …

Moi : Quoi ?

Mikadotwix : Bah faut qu’il soit un minimum connu, ton jeu…

Moi : Ha… Beyond Good & Evil ?

Mikadotwix : Banco. »

C’est à peu près à ce moment là que je me suis rendu compte que même dans un podcast spécialisé retrogaming il serait compliqué d’aborder la niche si particulière des jeux de combat sur console portable. Les parias parmi les parias. C’est peut-être là qu’est née l’envie d’en parler.

Je fais partie de cette catégorie de famille qui, à l’aube des années 90, pensaient que les consoles de salon abîmaient les écrans de télévision. Ignorance crasse ou tactique savante pour s’épargner un partage arbitraire de l’unique écran du salon, quoi qu’il en soit le choix a été fait de m’offrir une Game Boy plutôt qu’une NES ou une SNES. J’ai pu donc jouer sans autres restrictions que la lumière ambiante ou la durée de vie des 4 piles qui alimentaient la brique grise de Nintendo. Parallèlement à cela, je passais une bonne partie de mon temps libre à trainer dans les salles d’arcade de ma ville (Big up au Strike de la Part-Dieu à Lyon, #tmtc), où je découvrais une monde bruyant, coloré et violent dans lequel les jeux de combat avait une place d’honneur. Combien d’heure ai-je passé à regarder les autres jouer à Street Fighter II, Mortal Kombat et encore Art of Fighting ? Et combien ai-je aussi été frustré de ne pas pouvoir retrouver ces expériences de jeu chez moi, au calme, sans avoir à débourser 10 francs pour un crédit envolé après à peine 4 Dragon Punch mal esquivés.

De cette double contrainte est né quelques temps plus tard une étrange affection pour les jeux de combat sur Game Boy. Assez peu représentés sur le support, la moindre sortie d’un représentant du genre était aussitôt acheté, joué, retourné, essoré et appris par cœur. Il y a eu des déceptions (Mortal Kombat), de bonnes surprises (Samurai Shodown, World Heroes 2 Jet) et des coups de foudres qui durent encore aujourd’hui (King of Fighters Heat of Battle). Même l’achat régulier quelques années plus tard de consoles de salon n’aura pas entamé mon enthousiasme. Pire, les sorties successives de la Game Boy Color, de la Neo Geo Pocket Color ou de la Game Boy Advance n’ont fait qu’aggraver le phénomène. Objectivement, les versions portables étaient souvent moins bonnes que les version originales, mais qu’importe, je gardais pour ces adaptations une affection particulière mêlée d’une admiration sincère pour leurs nombreuses prouesses techniques. Malgré cela, il fallait bien que je l’admette un jour : j’étais le seul de mon entourage à m’intéresser autant à ça.

C’est pourquoi, bien plus tard, l’arrivée d’internet a été une bénédiction ! J’ai donc récemment créé une émission sur Youtube appelée « Pocket Fighter » qui traite… des jeux de combat sur console portable. J’essaie de rendre un peu justice à ces versions qui étaient très souvent mal traitées (voire pas traitées du tout) par la presse spécialisée de l’époque. Et même encore aujourd’hui, je suis frappé par l’absence de traitement du sujet, alors que fleurisse régulièrement podcasts et autre émissions de retrogaming. Je suis donc content de pouvoir combler ce vide ! C’est aussi le prétexte rêvé pour parler des jeux de combat dans leur ensemble, ne serait-ce que pour remettre les conversions portables dans leur contexte et en perspective. J’en profite aussi pour en apprendre un peu plus sur ces jeux que je pensais connaitre par cœur, ne serait-ce qu’en réalisant que deux jeux sans lien apparent ont été développés par une seule et même équipe.

J’essaie aussi d’aller un peu plus loin que le simple vidéotest, en faisant l’historique d’un développeur lorsque c’est nécessaire ou en expliquant un terme technique un peu obscur au détour d’une petite analyse de gameplay. Parallèlement à ça, j’agrémente les comptes Twitter et Facebook de Pocket Fighter avec des pubs TV d’époque, des coupures de presse des tests parus dans les magazines spécialisés de l’époque -quand y’en a- (un gros merci à abandoneware-magazine.org au passage), des interviews et des making-of quand j’en trouve… Bref, tout ce qui gravite autour de l’univers des jeux de combat !

Je suis bien conscient que Pocket Fighter ne s’adresse qu’à très peu de joueurs, mais le plus important pour moi est de pouvoir en parler à ma façon… Et qui sait, convertir quelques nouveaux adeptes à la pratique de la boule de feu en 4 niveaux gris ! Et pourquoi pas, un jour convaincre Mikadotwix que parler de SNK VS Capcom Neo Geo Pocket Color dans un podcast de la Caz Retro serait une bonne idée 🙂

Merci à Jibé d’avoir posé sa plume sur la rétro du mois, et pensez à regarder son excellente chaîne Pocket Fighter

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Les Podcasts sont ils en danger?

Par ce titre on ne peut plus inquiétant j’avais envie de commencer avec vous cette année 2016 non pas sur une bonne résolution qui ne durerait que le temps de cette phrase, mais par une inquiétude que j’ai vis à vis de la sphère du podcast français, et plus particulièrement sur le podcast gaming. Je ne saurais vous dire si c’est juste mon impression ou bien une triste réalité, mais j’ai le sentiment que la saison 2015-2016 des podcasts pourrait être la dernière pour beaucoup qui ont commencé en même temps ou bien avant le nôtre. Et si ce n’est leur arrêt pur et simple, au moins une profonde métamorphose.

J’en parlais sur une précédente Rétro il y a de ça un an (voire plus), mais j’émettais à l’époque une certaine crainte quant à l’avenir de notre format, car l’offre commençait à exploser sans que la demande ne suive de son côté. La relative facilité à produire du podcast audio a fait qu’on s’est tous cru à l’explosion de Youtube sans qu’un Youtube Audio n’existe en fait. Car comme je le disais à l’époque, la crainte venait en partie du fait que la plupart des diffuseurs de podcasts fermaient rapidement car ils n’arrivaient pas à s’y retrouver financièrement. Et c’est bien le problème, car du côté de blogs, des vidéos et des streams, les créateurs de contenus sont bien encadrés par des structures fiables et pérennes qui leur offrent une visibilité sans commune mesure, attirant à la fois l’attention du public et des commerciaux. Car ne nous y trompons pas, même si nos audiences (en tout cas celles de LaCaz’Retro) sont tout à fait honorables (quoi que très compliquées à mesurer avec autant de précision que nos confrères d’autres formats), notre incapacité à nous « vendre » fait que nous semblons condamnés à ne rester qu’un format de niche sans aucune perspective d’évolution. Donc peu ou prou voués à l’extinction.

Je ne dis pas que le but est forcément de faire de l’argent avec un podcast. Les gens qui connaissent un tant soit peu La Caz’ Retro savent que nous n’avons jamais mis la moindre pub sur le site ni voulu lancé un don paypal ou un patreon malgré vos très touchantes demandes en ce sens. Mais le fait que ce format ne génère presque aucune valeur encore aujourd’hui a de quoi inquiéter car même si nous n’explosons pas médiatiquement parlant ni ne faisons de l’argent avec nos podcasts, nous sommes malgré tout soumis aux mêmes règles sur l’utilisation de contenus tiers. Même si les bots ne sont pas aussi violents que sur Youtube, le fait est que le format du podcast audio n’est plus aussi permissif qu’il pouvait l’être il y a un ou deux ans. Et comme nous n’avons pas de « networks » comme les youtubeurs pour gérer ce genre de problématiques, l’illustration de nos propos par les musiques de jeux va devenir un véritable problème pour tous les podcasteurs.

Un format qui ne semble pas vouloir grandir, des contraintes nouvelles qui viennent brider un peu plus notre marge de manœuvre, sans parler de l’explosion des réseaux sociaux qui rend parfois la proximité entre podcasteurs et poditeurs un peu dure à vivre pour certains, sans parler des GoldenBlogAwards qui perdent de leur aura suite à plusieurs polémiques; voilà de nombreux facteurs capables de ronger la motivation des créateurs de contenu. Car c’est bien de motivation dont il est question ici. On mélange trop souvent la motivation avec le terme fourre-tout de la fameuse PASSION, mais si notre passion peut se transmettre sur divers formats (blogs,tumblr,twitter…), la bonne tenue d’un podcast requiert, outre de l’investissement, de la motivation. Et lorsque ton format ne grandit pas, quand tu ne vois pas trop comment tu peux faire évoluer ton contenu sans le dénaturer, tu as l’impression de  faire du sur-place, et ça c’est très dangereux pour la motivation. C’est principalement pour prévenir ce sentiment que plusieurs podcasts ont (j’imagine) opté pour un dépoussiérage voire une métamorphose de leur programme afin de retrouver un élan et une formule plus adaptée à nos vies professionnelles tout simplement. Ne serait-ce  qu’au sein de LaCaz’Retro, l’arrivée des nouveaux membres nous permet de souffler un peu plus, déjà, mais aussi d’être confrontés à des idées nouvelles qui nous permettent de garder l’enthousiasme de se réunir chaque semaine pour vous proposer  un contenu qui nous plait.

Car le risque à l’heure actuelle pour le podcast audio, compte tenu des problématiques que j’ai mentionnés ci-dessus, c’est que l’idée de « faire pour faire » peut et va démotiver nombre d’entre nous. Quand on regarde l’offre qui ne cesse de grimper, aujourd’hui un podcast qui se crée n’a même plus le temps de se roder. Si tu n’es pas au point dès ta première ça va être bien plus compliqué de creuser ton trou tant les gens sont sollicités par des nouveautés chaque jour et doivent faire des choix quant aux émissions qu’ils vont télécharger sur leur pod. Et pour les podcasts déjà installés, conserver le même niveau d’exigence (voire l’augmenter) peut finir par être usant si on ne sent pas que ses efforts portent de quelconques fruits. Tout est affaire de motivation, et comme c’est cette motivation qui est le moteur de ce qu’on fait (car du plaisir on en aura toujours pour débattre entre nous ou dans un échange de tweets), le risque de voir disparaître les podcasts qu’on kiffe petit à petit est à mon sens bien réel.

Alors quelles seraient les solutions me diriez vous? Qu’une structure imposante entreprenne de mettre en avant le podcast audio? (Deezer,Webedia,Google?) Qu’on parle plus de nous sur les sites spécialisés et les magazines ? Qu’on décide entre podcasteurs de créer un groupement sous forme de webradio comme RadioKawa? Qu’on envahisse le Stunfest pour présenter nos contenus? J’ignore de le savoir, mais malgré le nombre de gens qui nous écoutent chaque semaine, dans le petit monde du jeu vidéo français, on reste toujours au même niveau que Villier sur Marne FM (bien sûr). Il faudra rester vigilent sur la bonne santé du podcast vidéoludique francophone cette année, mais je crains qu’il n’y ait quelques morts à la fin de la saison.

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Warning… Warning… (Bruits d’alarmes alarmantes)… Que personne ne bouge !! Toi là-bas pose tout de suite cette manette megadrive sur le sol ou je t’assomme à coup de power-glove ! Ok, tous le monde est concentré ? Ecoutez moi bien, pendant ces quelques minutes « La Caz’Retro » est sous mon contrôle, ce site est à moi, vous entendez ? RIEN QU’À MOI AHAHAHAHAHAHAH !! Bon allez baissez les bras je déconne les amis c’est Anfa et les autres qui m’ont filé les clefs. Relevez vous, regardez mon zapper n’est même pas branché à la console… Je te l’accorde, c’était pas d’un goût exquis mais maintenant que vous lisez tous ma chronique avec de gros yeux en vous demandant qui est le tocard en roue libre qui squatte cette rétro d’octobre, je vais vous dévoiler mon plan démoniaque. Musique dramatique, suspens insoutenable… On y va !

Avant de dérouler mon plan comme le ferait le plus mauvais des vilains de cinéma, commençons par le début. Moi c’est Creepers, j’ai 31 ans et si tu te posais la question je vais plutôt bien au moment d’écrire ces lignes. Joueur depuis toujours (normalement c’est là où je place mon cursus de gamer mais je ne vais pas te saouler avec ça), j’ai découvert le gang de la La Caz’ il y a environ 4 ans alors que je bossais de nuit en usine. Je pense que t’imagines bien la scène, seul devant une grosse machine bruyante (comme dans un drame social made in France) je décide d’écouter autre chose que les mêmes albums en boucle et là, alors que je me balade dans iTunes, un podcast retrogaming me tend les bras. Coup de foudre forcément (à l’époque ils avaient déjà traité Turtles in Time et Baphomet), j’adhère totalement à ces conversations de passionnés tout en ayant soudainement envie de parler moi aussi et de donner mon avis. Un peu comme quand tu es autour d’une table avec des potes. Mon amour pour les podcasts est arrivé dans cette période, j’enchainais les découvertes, de nowatch (SCUDS, Geek Inc etc…) à gamerside, de Je Game Moi Non Plus à Splitscreen etc… bref plus vraiment de raison d’allumer la TV ou la radio j’avais ce qu’il fallait dans mon téléphone ou sur mon PC… Tu vois où je veux en venir je pense ? Non ? Pourtant j’ai mis mes plus gros sabots…

Il y a un peu plus de 2 ans j’ai créé avec un camarade un site, pcqdg.com qu’il s’appel et son but était de nous permettre de parler de tout ce qu’on aimait. Jusque là rien d’exceptionnel et je vois que tu commences même à bailler un peu. Au début j’écrivais beaucoup sur le cinéma et je m’amusais à faire quelques vidéos de gameplay (d’ailleurs j’avais participé à un bonus stage rappel toi on avait même parlé de MorphX ce jeu tout vert et dégueulasse) mais rapidement l’amour du podcast m’a rattrapé. Tenté par une aventure podcastique j’ai laissé de côté ce joli site pendant presque 2 ans. De chroniqueur je suis passé animateur, j’ai appris beaucoup de choses, me suis amusé, rencontré des gens formidables mais il y a peu l’histoire c’est brutalement arrêtée. BAM !! RIDEAU !! Le truc tu l’auras remarqué cher lecteur, c’est que j’aime parler, donc il fallait que je rebondisse rapidement pour revenir chatouiller tes oreilles. Me voilà donc ici aujourd’hui pour te présenter mes projets de podcasts… Oui camarade gamer, tu l’as bien compris je viens faire ma pub chez mes amis les cazeurs mais t’as vu contrairement à certains youtubers je viens te vendre ma câme en toute transparence donc à toi de décider si tu veux continuer à lire mais franchement ça serait bête de t’arrêter là vu tout ce que tu viens de supporter jusqu’à maintenant.

En gros, 3 émissions seront au programme. La première s’intitule « LE JEU VIDEAL » et te proposera une fois par mois un dossier d’environ 1h sur notre média préféré. D’actualité ou non ce dossier plus ou moins sérieux permettra à la team de débattre autour d’un thème qui nous semble pertinent, original et intéressant. Dans une 2ème partie plus libre on se détendra en discutant de tout ce qui nous passe par la tête. Dans ce podcast je serai entouré de Rone et de Madt avec en plus un autre intervenant normalement différent à chaque fois. Le 1er numéro est disponible sur iTunes, Podcloud, Soundcloud, Universpodcast etc… et il traite des séries B vidéoludiques et des nanars qui nous ont le plus marqué.

La deuxième émission se nomme « LA BITSBOX » et comme son nom l’indique, elle sera tournée vers la musique de jeu vidéo. Rone et moi même présentons la chose et nous vous proposerons une tracklist autour d’un thème spécifique chaque mois. Le but ici est de passer un agréable moment pendant un peu plus d’une heure. Un pilote avait été réalisé cet été et il avait été plutôt bien accueilli donc pourquoi abandonner tout ça !

Pour finir, j’ai dans mes cartons un rendez vous qui n’aura rien à voir cette fois avec le jeu vidéo. « FAUT SLASHER » sera un podcast consacré au cinéma de genre et plus spécifiquement  au cinéma d’horreur. Je ne peux pas vraiment vous en dire plus car c’est en cours de finition mais ça devrait arriver pour Halloween… ouais on est malin non ? Halloween horreur et tout et tout… la classe ! Plaisanterie mise à part c’est le bébé qui me donne le plus de stress car je n’ai jamais préparé de sujet sur le cinéma donc ça sera une nouveauté pour moi… J’essayerai de vous plonger dans une oeuvre culte ou de vous faire découvrir un film qui est passé sous les radars pour essayer de vous convaincre qu’il mérite le coup d’œil. Je vais faire de mon mieux pour que le pilote vous accroche un maximum !

En plus de tout ça il est toujours utile de rappeler que pcqdg.com ne servira pas qu’à héberger les podcasts, il vous proposera aussi des articles sur ce que nous aimons et j’essayerai aussi de vous proposer de temps en temps des lives twitch sur des jeux plus ou moins connus histoire de faire la causette en même temps avec les joueurs qui prendront le temps de venir m’admirer… oui faut toujours rester humble c’est important !

Voilà, je pense avoir fait le tour, j’espère que le menu vous intéresse et ne pas vous avoir saoulés avec mes histoires. Il ne me reste plus qu’à vous libérer avant de disparaître dans l’obscurité en vous souhaitant un maximum de bonnes choses. Avant de fermer la porte , je tenais à dire merci aux cazeurs de m’avoir proposé cette tribune pour mettre en avant mes projets, je salue ceux qui tenteront un ou plusieurs de mes podcasts et forcément j’embrasse ceux qui nous suivaient déjà et qui ont donné leurs avis… bref des bisous numériques comme s’il en pleuvait et à bientôt pour de nouvelles aventures !!

 

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Vous le savez bien, le podcast de La Caz’ Retro permet de donner en quelques heures un aperçu de l’influence d’un jeu, de la conjoncture qui accompagne sa sortie et la critique que l’on en fait, que ce soit celle de l’époque ou une plus contemporaine.

Quand on évoque The Legend of Zelda : A Link To The Past (que l’on nommera LTTP, par commodité), on parle d’une oeuvre particulièrement importante de son genre (action/aventure teinté de RPG) mais qui transcende sa seule catégorie pour s’imposer en véritable référence. Le jeu n’est pas simplement connu : il est terminé, re-terminé, étudié de près, analysé afin d’en connaître toutes les qualités et tous les détails, aussi techniques soient-ils.

Si le speedrun est perçu comme une discipline élitiste, animée par des fous qui ne savent pas quoi faire de leur temps, il s’agit d’un exercice qui relève de l’évidence une fois saisi le fait qu’un jeu achevé plusieurs fois par le joueur est de mieux en mieux connu de ce dernier. Et aussi plus rapidement terminé, dans la majorité des cas.

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Les palmes sont souvent dispensables dans le speedrun

Evidemment, il n’est pas difficile de trouver de la documentation sur le speedrun de LTTP tant le jeu de Nintendo a fait parler de lui. Il s’agit d’une pratique ancienne, sur laquelle de très nombreux runners s’exercent encore aujourd’hui (145 personnes référencées sur le leaderboards ZeldaSpeedRuns en NMG) et qui fait l’objet de régulières avancées, signe que la communauté demeure particulièrement active en la matière.

Il sera évidemment très difficile de préciser toutes les spécificités et particularités du speedrun de LTTP mais s’il est déjà possible de vous donner un aperçu de son fonctionnement, cet article de vulgarisation aura déjà atteint son objectif. Vous aurez dès lors les clefs pour admirer les prestations des speedrunners et comprendre les subtilités de l’exercice.

Quel Est Le But ?

L’objet d’un speedrun est de terminer le jeu le plus rapidement possible. Appliqué à LTTP, il s’agit donc d’atteindre la salle de la Triforce le plus rapidement possible. Toutes les manières de s’exercer sur le speedrun de LTTP (car oui, il y’en a plusieurs) partagent ce fait : l’exercice s’achève une fois que Link entre dans cette dernière pièce, qu’il ait vaincu Ganondorf ou non.

Même le TAS (tool-assisted speedrun : speedrun réalisé via émulateur avec l’usage d’outils parallèles pour assister le pratiquant) ne déroge pas à la règle. Le dernier input qui indiquera la fin de l’exercice correspond à l’entrée dans cette même salle.

Comment Ça Marche ?

Pour réaliser un speedrun de LTTP, il vous suffit, en théorie, d’un jeu et d’une console. Rien de plus. Rentrons cependant un peu plus dans les détails. Cette première phrase, si elle semble idiote, ne l’est pas tant que ça.

Pourquoi donc ? Tout simplement car le speedrun désigne à la fois une activité occasionnelle ainsi qu’une pratique compétitive. Le simple joueur qui tente de terminer le jeu un chronomètre à la main réalise déjà un speedrun. Par conséquent, un simple émulateur et une rom qui reproduit assez fidèlement le jeu suffisent donc pour vous qualifier de speedrunner. Il n’est donc même pas nécessaire de posséder une SNES et une cartouche, un émulateur est tout à fait toléré, et vous pouvez aussi vous exercer sur d’autres plates-formes tels que la GBA, qui possède un jeu LTTP dans sa ludothèque, ou la Virtual Console de la Wii.

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Les plus sérieux des speedrunners se réfèrent cependant à des versions plus spécifiques : la version 1.0 de LTTP, disponible sur Super Famicom. La cartouche en question correspond à la version la plus glitchée, la plus buguée d’entre toutes, ce qui permet de bénéficier de certaines astuces, de tricks, qui offrent le meilleur temps théorique pour accomplir l’aventure.

Quant au support utilisé, il n’est pas nécessaire d’investir dans une console japonaise, une run effectuée via certains émulateurs de la SNES ainsi que la Console Virtuelle (qui est aussi un émulateur) est parfaitement acceptée par la communauté des runners de LTTP, ce qui rend la discipline accessible à partir du moment où vous disposez d’un ordinateur suffisamment solide pour faire tourner SNES 9x.

Ça Dure Combien De Temps ?

Tout dépend de la manière par laquelle vous souhaitez terminer le jeu.

Et non, il ne s’agit pas d’une réflexion idiote, il existe bien des manières de terminer LTTP, plus ou moins rapides selon les contraintes que vous vous imposez. Moralité, les temps oscillent entre 0 : 01 : 37 et 01 : 43 : 21.

Pour vous expliquer pourquoi tant de différences, il suffit de comprendre comment sont fondées les catégories. A la manière de l’athlétisme, les temps varient essentiellement selon les catégories de course : 100m, 200m, 110m haies…Le speedrun fonctionne exactement de cette manière et les contraintes imposées correspondent à l’autorisation donnée ou non d’user de certains glitchs ou de certaines techniques.

Par conséquent, le format le plus rapide permet le recours à l’Exploration Glitch, un Out of Bounds (un glitch permettant de sortir des limites visuelles et physiques imposées par les concepteurs) qui permet d’achever le jeu en moins de deux minutes, tandis que la version la plus longue oblige le joueur à récupérer tous les quarts et réceptacles de coeur et presque tous les équipements à leur dernier niveau (ce qui permet de passer outre la tunique bleue. Les carquois et sacs de bombe n’ont pas à être récupérés).

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Selon le classement ZSR.com

Il existe cependant une catégorie qui jouit d’une notoriété particulière, celle que l’on nomme NMG, abréviation de No Major Glitch, et qui désigne une manière de terminer LTTP que l’on peut qualifier de « réglo » bien qu’elle permet l’usage de certains glitchs mineurs. D’ailleurs, NesBlog, via son émission Speed Game, vient tout juste de présenter une runneuse Française, KartSeven, qui exécute une démonstration de cet exercice.

Sans tourner autour du pot, la NMG est la manière la plus connue et la plus appréciée de pratiquer le speedrun de Zelda, et cela pour plusieurs raisons (liste non exhaustive et assez personnelle) :

  • la durée (~1h30), qui instaure une tension auprès des spectateurs, qui connaissent la durée du jeu et les étapes critiques qui attendent le runner,
  • l’accessibilité, sachant que les techniques les plus délicates n’y sont pas autorisées,
  • le potentiel d’optimisation, qui est connu de tous et qui se précise année après année, offrant une très grande marge de progression pour chacun,
  • l’aspect compétitif, car il s’agit du format le plus apprécié et où la communauté est la plus forte…

 Si pendant de très longs mois, Kryssstal a écrasé la concurrence avec une performance en 1 : 24 : 31 (le 13/08/2013) absolument incroyable et loin d’être parfaite (+12 secondes issues du lag émulateur et absence de recours au Superspeed, technique inconnue  à l’époque), de nombreux progrès et l’avènement d’un speedrunner Canadien particulièrement impressionnant ont permis de descendre sous cette limite, longtemps estimée infranchissable.

Xelna, le runner en question, débute en Septembre 2013 et s’impose aujourd’hui comme le meilleur dans sa discipline. A l’écoute du podcast, vous entendrez parler d’un 1 : 24 : 20 déjà exceptionnel. Et bien, le 20 Mars dernier, ce même runner atteint les sommets en gagnant 11 secondes supplémentaires pour terminer sur 1 : 24 : 09, après 18 mois de pratique, seulement. 

Impressionnant.

Et Les Français ?

Article connexe : Soldats Bleus (certains temps ne sont pas actualisés).

Et bien, sachez qu’ils se débrouillent pas mal du temps. Vous avez pu apercevoir le talent de KartSeven en la matière mais d’autres impressionnent par des temps notables et remarquables.

Revolver005, JeanClaude, IncroyableBB font partie des meilleurs dans la discipline. S’ils ne rivalisent pas encore avec les historiques (Jadin, Xelna, Acmlm…), leurs prestations demeurent néanmoins particulièrement fortes, approchant des dix meilleurs et figurant parmi les « sub 1h30″ (terminer la NMG en moins de 1h30, seuil incarnant un certain niveau de talent).

D’ailleurs, mention spéciale à l’ami Ajneb qui, s’il n’est Français mais Belge francophone, demeure la référence au niveau européen.

On pourrait s’attarder sur d’autres aspects de l’exercice mais l’article se fait long, la fatigue se fait sentir et il n’est pas certain que l’explication des techniques les plus avancées et les plus délicates à réaliser puisse intéresser, tant il est difficile de les décrire.

Néanmoins, une bibliographie est jointe au post afin que vous puissiez jeter un oeil à la base documentaire (Attention ! C’est en Anglais la plupart du temps) mais la meilleure chose à faire reste d’observer les runners. Et si vous avez des questions, n’hésitez pas à les leur poser, la grande majorité d’entre eux y répondront. Qui plus est, l’ambiance est particulièrement bonne chez les runners francophones cités au cours de l’article. Alors, autant en profiter.


Bibliographie

  • Zeldaspeedruns, pour les leaderboards et les vidéos des meilleurs temps personnels (Personal Best),
  • LTTP Wiki par Skarsnikus, pour les catégories, les techniques et les glitchs,
  • Les streams des runners cités dans l’article (les liens sont disponibles dans l’article).

 

Faisons le point sur ce qui est peut-être votre loisir ou même art préféré :

  • une série d’avancées technologiques a permis l’émergence de toute une industrie, de nouveaux métiers ;
  • il a fallu attendre longtemps pour avoir le son, la couleur, et qu’on en profite chez soi ;
  • faute de salles permanentes, on devait attendre le passage de foires pour en profiter ;
  • les salles avaient mauvaise réputation, les parents n’aimaient laisser leurs enfants y aller ;
  • les premières œuvres étaient souvent des clones d’une œuvre qui a eu un succès populaire ;
  • on s’attendait même à ce que le phénomène passe de mode et que les gens l’abandonnent ;
  • il a aussi fallu longtemps pour passer du format court à de longues et prenantes histoires ;
  • et il a fallu ce temps pour que ce nouveau média commence à être considéré comme un nouvel art.

 

Si vous pensiez à l’histoire du jeu vidéo, et à votre jeunesse dans les salles d’arcades, puisque nous sommes sur la Caz‘ rétro, j’ai réussi mon accroche.

Je parlais en fait de l’histoire du cinéma.

Le cinéma du début du 20e siècle doit encore faire ses preuves. C’est un phénomène de foire où l’on s’émerveille encore du simple fait de voir une image bouger. Et l’on regarde un énième film de policiers qui courent après des méchants. On reste encore proche du modèle du théâtre.

Il faudra attendre les années 10 pour que les premières salles permanentes ouvrent à Paris, et que des gens comme Chaplin — pour ne citer que lui qui en avait marre des recettes éculées — décident d’exploiter les possibilités uniques du support pour raconter des histoires comme il n’était pas possible de le faire avant. Et que s’enrichissent soudainement les codes cinématographiques que l’on connaît aujourd’hui.

L’expression « septième art » naît dans les années 10 mais son auteur bataille encore dans les années 20 pour la faire admettre. Alors que Chaplin a déjà réalisé plusieurs des chef-d’œuvres qu’on lui connaît.

Là où je veux en venir, au-delà du parallèle que j’ai établi avec l’histoire du jeu vidéo, c’est que nous, retrogamers, sommes au jeu vidéo ce que les cinéphiles sont au cinéma.

Je m’amuse moins de constater comment un cinéphile est reconnu pour sa culture par la société, alors qu’un retrogamer aura droit à des termes condescendants comme « nostalgique », « adolescent attardé », voire « geek » comme dans « toi t’es qu’un geek ».

Il y a du chemin… mais le cinéma a un siècle. Le jeu vidéo commercial n’en a même pas atteint la moitié.

 

 

Tenez, faisons justement le point sur le cinéma séculaire :

 

  • cette industrie pèse plusieurs milliards, rien qu’aux États-Unis par exemple ;
  • des créateurs (metteurs en scène, scénaristes, compositeurs) sont assez célèbres pour que le grand public puisse en citer ;
  • les métiers et les codes du cinéma sont enseignés dans des écoles spécialisées, pas dans les écoles de théâtre;
  • il ne viendrait à personne l’idée de contester le qualificatif d’art ;
  • personne ne perd non plus de vue que c’est un produit culturel de consommation, les deux sont possibles.

 

Le jeu vidéo commence à valider tous ces points. Pour le poids financier, c’est vite vu, c’est la première industrie culturelle, devant le cinéma, justement. Il est assez probable que votre entourage qui ne partage pas votre passion ait quand même entendu le nom de Shigeru Miyamoto. Mais pas de quoi avoir une série sur les game designers à Questions pour un champion.

Et le jeu vidéo continue de créer ses métiers et ses codes, et de les enseigner dans des écoles qui continuent de s’ouvrir.

Pas besoin de démontrer la nature de produit culturel. Reste donc la question de l’art qui fait débat. Il a fallu du temps au cinéma pour acquérir ses lettres de noblesse, il en sera de même pour le jeu vidéo. Non, ce n’est pas Flappy Bird qui élèvera le jeu vidéo au rang d’art. Mais les teen movies n’invalident pas le statut artistique du cinéma dans son ensemble. Ça n’a pas non plus empêché de continuer à créer des films de policiers qui poursuivent des méchants.

Attention, je ne dis pas que le jeu vidéo s’inspire du cinéma parce qu’il a grandi de la même façon. C’est tout simplement que les premières générations de créateurs étaient bercées de cinéma dès l’enfance. Et les générations actuelles ont grandi avec un jeu vidéo déjà avancé. Peut-on imaginer ce qu’ils seront capables de créer une fois devenus créateurs ? Chaplin avait-il imaginé le cinéma d’aujourd’hui ?

Je ne me sens personnellement pas capable d’imaginer à quoi ressemblera le jeu vidéo quand il soufflera ses cent bougies. Mais je ne doute pas qu’il existera encore.

OURSIQUE

 

 

Vœux Idéaux

Nous revoilà donc après quelques jours de vacances à l’occasion des fêtes de fin d’année, boostés à bloc pour entamer cette année 2015 qui s’annonce pleine de promesses! J’en profite d’ailleurs pour vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année, en espérant vous voir toujours plus nombreux à partager sur nos forums et à nous écouter tous les mois. Et si pour une fois j’en faisais aussi, des vœux?

  • Pour cette année 2015 je souhaite trouver un Multi Mega à moins de 50€ en bon état, oui bon je peux toujours rêver je sais.
  • Je souhaite ne pas voir sur les réseaux sociaux une image de GTA III avec la mention « t’es vieux si t’as connu ça ».
  • Je souhaite que les râtisseurs de France se prennent une soudaine passion pour les nains de jardin et se mettent à spéculer sur ce marché en plein essor plutôt que de faire grimper les prix du retrogaming.
  • Je souhaite que Marcus joue à la Sega Saturn.
  • Je souhaite que le milieu du podcast français trouve un nouveau souffle parce que j’ai l’impression qu’on tourne un peu en rond (nous les premiers bien sûr). On voit çà et là des initiatives de monétiser  le podcast français (ou tout du moins amortir les investissements), parfois avec succès, parfois non; mais je ne vois toujours pas une structure tangible se créer autour du format. De plus, la relative facilité de création d’un podcast fait qu’on voit poindre de nouveaux venus qui n’ont malheureusement pas pris le temps de chercher une manière originale de partager leur passion et qui vont faire que notre médium va arriver à saturation, à l’instar du marché du livre à thématique vidéoludique dont les meilleurs ouvrages souffrent malheureusement de l’offre trop grande qui a envahit les rayons de la FNAC.
  • Je souhaite que Sega comprenne qu’avant de faire des films sur ses vieilles licences, ça serait p’tet pas mal d’en faire des bons jeux.
  • Je souhaite avoir AHL comme invité dans un podcast de La Caz’ Retro
  • Je souhaite trouver du temps pour jouer.
  • Je souhaite que Biskot puisse être publié cette année.
  • Je souhaite entendre plus d’avis féminins sur les ondes de La Caz’ Retro
  • Je souhaite qu’un de nos poditeurs parviennent à obtenir le highscore au Grand Quiz (prochain numéro le dimanche 1er février)
  • Et pour cette année 2015 je souhaite que le film PIXELS de Chris Columbus (adapté du court métrage du français Patrick Jean) soit une honnête lettre d’amour au retrogaming et non pas une pantalonnade vulgaire surfant sur une mode qu’ils n’auraient pas comprise.

 

 

Et vous, ça serait quoi vos vœux pour cette nouvelle année? En attendant le retour des podcasts le 13 Janvier, n’hésitez pas à partager vos vœux et vos bonnes résolutions pour 2015  ! La deuxième partie de la saison 04 de La Caz’ Retro, c’est parti ! 

 

Sans titre

Salut à tous les Cazeurs ! On espère que vous allez être gâtés pour ces fêtes de fin d’année et que vous allez reprendre des forces pour finir la saison ! De notre côté nous allons également prendre deux semaines de vacances afin de nous reposer la voix d’une année de podcasts non-stop. 

Il n’y aura donc pas de podcast la semaine prochaine, mais vous aurez malgré tout notre vidéo retour sur Tétris avec un joli tournois entre Cazeurs sur Tetris Battle Gaiden à ne surtout pas louper ! On vous donne donc rendez-vous Dimanche 04 Janvier à 21h sur notre chaîne Twitch pour un Live Démoniaque afin de repartir de plus belle pour cette trépidante saison 04 !

En attendant vous pourrez toujours nous retrouver sur Twitter & Facebook afin de rester en contact, et bien sûr sur nos forums comme d’habitude. On vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année et tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année qui s’annonce. Et n’oubliez pas : Le Retrogaming est l’avenir des consoles next-gen ! 

 

bann quizz

Comme nous vous l’annoncions lors du lancement de notre saison 04, nous allons renouveler notre format live « Le Grand Quiz !!  » qui vous a visiblement bien plu la saison dernière. La saison dernière nous avons testé le concept entre « cazeurs » afin de voir si la structure pouvait fonctionner, et si vous aviez envie de voir ce genre de programme chez nous. Suite à vos excellents retours, nous avons donc décidé de reconduire ce format plusieurs fois dans la saison, et de vous inviter VOUS  comme candidats à ces émissions ! Je vous invite donc à suivre les informations ci-dessous si vous voulez participer ! 

– Le premier numéro du Grand Quiz de la saison aura lieu le dimanche 05 octobre à 21h sur notre chaîne Twitch ! (disponible à cette adresse)

– Nous cherchons 2 candidat(e)s pour ce numéro, disponibles évidemment le dimanche 05 octobre pour toute la soirée, de 20h à minuit.

– Les candidat(e)s devront avoir une bonne connexion internet et un Skype fonctionnel car nous streamerons depuis ce logiciel.

– Les candidat(e)s devront avoir UN BON MICRO , c’est une chose de vouloir participer, mais c’est important que la technique suive derrière.

– Toutes les participations devront se faire par mail avec la mention « Participation Grand Quiz  » et l’affirmation que vous remplissez tous les critères mentionnés ci-dessus. Mail à envoyer à notre mail de contact ( disponible ici)

Le Grand Quiz est l’occasion de s’amuser entre nous tout en apprenant quelques petites choses sur le retrogaming; on est là pour passer un bon moment et non pour montrer qu’on a la plus grosse. La structure du Quiz sera légèrement différente de celle de notre pilote qui comportait quatre candidats, mais je m’arrêterai là en explications histoire de vous laisser la surprise ! En espérant vous voir nombreuses et nombreux à tenter de venir nous rejoindre pour jouer avec nous; et bien sûr, si vous n’êtes pas sélectionnés, on en sera navré mais nous devrons évidemment faire des choix 🙂 Bonne chance à tous et RDV Dimanche 05 Octobre pour le prochain Quiz ! 

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Hello les campeurs et haut les cœurs ! On range les tongs, on vire ces horribles bracelets en caoutchouc que vous avez exhibé fièrement tout l’été, et on se remet aux choses sérieuses : La Saison 04 de La Caz’ Retro, c’est maintenant !!

Alors, calmons vos ardeurs tout de suite, cette saison ne chamboulera pas autant vos habitudes que lors du « grand bouleversement » de septembre 2013 comme les historiens décrivent nos changements multiples au lancement de notre troisième saison. Non, cette saison nous allons poursuivre notre évolution en approfondissant ce qui vous a plu l’année dernière et en améliorant ce qui à notre goût aura eu moins d’impact.

Parlons tout d’abord des podcasts, puisque c’est un peu notre épine dorsale ! Si notre formule a naturellement évolué depuis trois saisons, nous avons souhaité apporter un peu de frais à sa structure afin d’être plus cohérents avec ce que nos podcasts proposent désormais. Le fond reste le même, à savoir mettre en avant les souvenirs des joueurs plutôt que de vous pondre des reviews sans âme. C’est notre identité et on n’est pas prêt de changer ça. Vous pourrez donc découvrir des nouvelles rubriques ainsi que plus de place laissée aux OST, ainsi qu’une bien belle surprise mais on vous laissera le loisir de le découvrir par vous-même…

Pour les vidéos et les lives, nous apporterons quelques changements afin de mieux correspondre à ce que vous aimez dans ces formats, tout en cherchant çà et là à anticiper vos attentes. De plus, suite aux récentes modifications de droits sur Twitch, nous resterons le plus vigilants possible afin que nos lives restent un moment de détente à partager entre cazeurs. À ce titre, nous allons renouveler Le Grand Quiz qui vous a bien plu l’année dernière, et cette fois-ci nous souhaitons ouvrir ce quiz à nos poditeurs, et vous accueillir comme candidat sur ces émissions en direct. Nous avons programmé trois quiz tout au long de la saison, mais ça on y reviendra en temps utile dans un papier dédié. Les énigmes, les Strips et les articles continuent bien évidemment; il y aura peut-être de nouvelles choses à venir au court de la saison, mais dans l’ensemble nous allons continuer sur la belle impression de la saison 03 qui vous a bien plu. On ne va pas réinventer la roue chaque année, mais si on peut vous rendre le voyage encore plus confortable, on le fera !

Nous restons évidemment actifs sur les réseaux sociaux et vous êtes chaudement conviés à nous faire part de vos différents retours, on lit tout, donc profitez-en !

Il ne me reste plus qu’à vous remercier de votre soutien; vous remercier de nous avoir suivi durant l’été avec les Bonus Stage et notre premier magazine d’été « La Plag’ Retro ». La Caz’ Retro, saison 04, ça commence maintenant, et on vous donne rendez-vous dès la semaine prochaine pour le premier podcast de la saison !

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