Auteur : Anfalmyr

C'est moi que tu entends en début et en fin de podcast. Entre les deux y'a pas grand chose d'intéressant, mais des fois je fais "ah oui" ou "hum hum". En gros, c'est moi l'animateur de La Caz' Retro

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Ce mois-ci j’ai eu l’immense plaisir de jouer et terminer Final Fantasy XV. Et alors que je voyais le générique de fin de ce titre atypique défiler devant mes yeux, je me suis fait la réflexion suivante : j’ai quand même eu de la chance d’être ado à l’époque des Final Fantasy Playstation.

Comme beaucoup de joueurs français, j’ai découvert la série Final Fantasy avec le 7ème épisode sur Playstation. J’ai par la suite acheté presque tous les épisodes de la série, et c’est même grâce à la trad FR de Final Fantasy VI que je me suis lancé dans l’émulation. Oh je vous rassure, ce n’est pas avec Final Fantasy que j’ai découvert le RPG. J’avais déjà tâté de quelques titres sur les consoles SEGA, comme Shining in the Darkness, Shining Force, ou encore Ultima IV sur Master System (qui était super moche mais la jaquette me faisait rêver). J’ai reçu Final Fantasy VII pour le Noël où on m’a également offert une Playstation. J’en ai déjà parlé dans une précédente rétro, mais c’est un jeu que mon frère avait vu tourner chez des amis à lui et il me l’avait vendu comme un truc de malade qu’il ne fallait surtout pas louper. J’ai au final très peu joué à FF7, je n’ai jamais dépassé le premier CD pour être précis. Mais j’ai passé des heures à regarder mon frère jouer. Ce n’était en rien une expérience frustrante, car je trouvais le jeu un peu trop dur pour moi et ça me plaisait de pouvoir suivre l’histoire, admirer ces paysages incroyables et baver devant ces scènes cinématiques du futur. Et puis qu’il était long ! À cette époque je ne terminais que très peu de jeux, j’y jouais quelques heures, je m’amusais comme un fou, mais au bout d’un moment mon esprit vagabond avait envie de passer à une autre expérience, et comme ce qui est loin des yeux est loin du cœur, je ne ressentais jamais le besoin de retourner sur ma partie en cours.

Mais très peu de temps après – j’ai eu ma Playstation pour noël 98 – les magazines que nous lisions, Console+ et depuis peu Playstation officiel, commençaient à nous teaser avec force d’insistance sur un blockbuster comme on en avait jamais vu dans le monde du jeu vidéo, un certain Final Fantasy VIII. FF7 avait fait beaucoup de bruit lorsqu’il était sorti en France c’est indéniable, mais il n’y a rien eu de comparable à la sortie de FF8. C’était hallucinant. Jamais un studio n’avait pu aller aussi loin, on ne pourra jamais faire mieux, piochez dans la liste des superlatifs de communiqués de presse et vous aviez une attente bouillonnante autour de ce huitième épisode. Une attente qui devint pour moi insoutenable le jour de la sortie du Hors-Série Final Fantasy 8 de Playstation magazine avec le CD de démo d’UNE HEURE du jeu. Pour l’anecdote il faut savoir que la quasi totalité des magazines que nous avions à l’époque sont passés au feu lors d’un été (pour faire de la place dans le grenier comme disait mon père). Tous? Naaaaaan. J’ai pris soin de conserver ce fameux numéro Hors-Série que j’ai toujours aujourd’hui. Quand je vous dis que ce numéro m’a marqué. Je pense sincèrement avoir lancé cette fameuse démo de Dollet plusieurs dizaines de fois. Le jeu me paraissait dingue à tant de niveaux. Je rentrais à cette époque dans ma période adolescence, et c’était à mon avis le moment rêvé pour jouer à ce jeu. Comme souvent, j’ai demandé le jeu pour Noël 1999, et alors que ma console était déjà pucée, je ne voulais pas avoir une version Verbatim du jeu, et ce fut le cas pour tous les autres épisodes de la série, car ces boites font pour moi partie du plaisir de jouer à un FF. J’ai donc débuté mon aventure à la moitié de mon année de CM2, et je me suis retrouvé bloqué avant l’été. Comme j’avais mes chouchous dans l’équipe de héros de cet épisode, je jouais principalement avec les trois mêmes comparses et je laissais les autres au placard. Grossière erreur en général dans un RPG, mais encore plus dans c’ui là puisque chez Squaresoft on s’était dit que ça pourrait être marrant de séparer le groupe de manière arbitraire au fil de l’aventure histoire de me laisser me démerder avec un groupe de cancres incapables de rivaliser avec un scorpion ridicule. Du coup pendant les grandes vacances, j’ai fait autre chose, et lorsque je suis rentré au collège, je jouais un peu moins à ma Playstation – beaucoup plus à la Dreamcast que nous avions eu également à Noël 99 – et j’ai laissé Final Fantasy VIII dans un coin de ma chambre.

Jusqu’à ce qu’au détour d’une conversation avec un camarade de 6ème, j’appris que j’avais dans ma classe un fan inconditionnel de SquareSoft et de J-RPG en général. Nous nous sommes naturellement liés d’amitié et il m’invita un jour récupérer un Verbatim de Legend of Dragoon contre le prêt de mon exemplaire de FF8. Lorsqu’il me rendit mon jeu après en avoir fait ce que vous pouvez vous douter qu’il fit, il me demanda de venir avec ma carte mémoire car le petit filou possédait un action replay. Je lui avais dit que je m’étais retrouvé bloqué au début du deuxième CD, et il me proposa de me cracker une save pour que mes personnages soient dès le début au level maximum avec toutes les invocations de débloquées. Comme je n’étais pas encore adepte des jeux à systèmes et que je voulais surtout voir la fin de mon jeu, j’acceptai bien volontiers. J’ai donc repris le jeu de zéro, avec trois personnages complètement crackés, et j’ai roulé sur le jeu… jusqu’au combat final. Oui, encore une fois, le jeu choisissait arbitrairement qui de mes héros allaient affronter le boss de fin. Et comme je n’avais pas la patience de relancer la sauvegarde à chaque fois que je tombais sur un tirage pourri, et que malgré mes efforts je ne parvenais pas à tenir tête à cet ultime obstacle, j’ai abandonné, et j’ai demandé à mon pote de me raconter la cinématique de fin. Oui… c’est moche. Je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir été si faible face à un jeu vidéo.

Déçu de mon expérience biaisée sur la 8ème merveille du monde, je me suis juré de ne pas reproduire cette erreur lorsqu’un Final Fantasy IX sortirait. Et lorsque je vis les premiers visuels du fameux jeu, je fut intrigué. Le jeu ne suivait pas l’évolution « adulescent » de l’opus précédent, et me proposait de revenir dans un monte plus féerique aux proportions plus cartoons. Circonspect au premier coup d’œil, je me suis mis à l’attendre comme un dingue dès que j’ai vu qu’il y avait des bateaux volants.

J’adore les bateaux volants, vous l’ignoriez?

Et lorsque Final Fantasy IX est enfin sorti pour mon anniversaire en 2001, j’ai ressorti ma Playstation du placard où je l’avais laissé puisqu’à cette époque je venais de terminer Shenmue et il m’était compliqué de revenir sur ma belle grise vieillissante. Mais à peine une heure passée sur le vieux fauteuil dans ma chambre face à ma petite cathodique qui trônait sur une table basse ronde en rotin, que le constat se faisait de lui-même : j’étais reparti pour un tour. L’ambiance générale me parlait en plein coeur, le système de combat à quatre personnages me facilitait un peu la vie; tout comme le système d’apprentissage des compétences que je trouvais vraiment cool. J’ai tellement été emporté par cet univers que je me suis même mis à dessiner des BDs sur mes cahiers de brouillon mettant en scène ce monde merveilleux. Pour l’anecdote encore une fois, il faut savoir que j’avais intitulé cette fameuse BD « Final Fantasy : la quête d’Anfalmyr »… C’est de là que ça vient mon pseudo, de mon amour pour FFIX. Et, pour la première fois, j’ai terminé un Final Fantasy! Oui, et sans tricher ! Ce fut long, difficile, mais passionnant et j’en suis sorti émerveillé. J’étais devenu assez grand et bon au jeux vidéo pour terminer un FF, et ce fut très probablement le dernier jeu que j’ai pratiqué sur ma Playstation. L’ultime expérience parfaite sur ma toute première console à moi.

Et c’est cet amour sincère pour cette franchise que je n’ai cessé de redécouvrir avec le temps qui a fait que je me suis infligé ce quinzième numéro. Parce que Final Fantasy est un nom qui a une sonorité toute particulière pour moi, là où ça n’évoquera sûrement pas grand chose chez des jeunes joueurs qui ont aujourd’hui l’âge que j’avais lorsque j’ai vu Aéris pour la première fois sur l’écran cathodique de ma télévision. J’ai eu la chance d’avoir un FF monument chaque année; quand on nous habitue à un tel niveau de maîtrise avec cette régularité, forcément ça laisse une emprunte indélébile chez un jeune adolescent. Final Fantasy c’est un peu comme la série James Bond, on préfère toujours celui qu’on a fait lorsqu’on entrait dans l’adolescence. Et cette fibre nostalgique, Final Fantasy XV n’a eu de cesse de me la rappeler à grand renfort d’OST rétro à écouter sur la route.

Et lorsque je parcourais les routes sinueuses et infiniment tristes de ce monde malade en écoutant quelques notes de Final Fantasy VIII, je me disais : j’ai quand même eu de la chance d’être ado à l’époque des Final Fantasy Playstation…

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Quel mois d’Avril mes amis ! Le remake de Wonderboy 3 qui sort dans un enthousiasme général et fait découvrir aux nouvelles générations un game design d’un autre temps; JulienC qui ne fait plus partie de Gameblog; les réseaux sociaux qui commencent déjà à se hyper à l’idée d’une SNES mini; sans oublier le Gameboy qui fête ce mois-ci ses 28 ans ! Quel mois vous dis-je…

Pour commencer, j’aimerais profiter de cet édito pour rendre un petit hommage à Julien Chièze qui vient de quitter Gameblog.fr après dix années d’intense investissement. Je ne me garderai bien évidemment d’y aller de mon petit commentaire, car c’est une affaire donc on ne sait rien et qui ne nous regarde aucunement. Non, je tiens à remercier encore une fois Julien pour avoir si brillamment su donner envie à tant d’anonymes comme nous de se lancer dans l’aventure du podcast. Nombreux sont les podcasteurs de notre génération à avoir eu l’envie de s’essayer à l’exercice à force d’écouter les anciens de Joypad discuter jeux vidéo autour d’une table à repasser. Ce fut pour moi une réelle fierté de recevoir Julien sur les ondes de LaCazRetro pour parler de Secret of Mana. Je le remercie une nouvelle fois d’avoir accepté notre invitation avec tant de simplicité; ce fut un moment très particulier pour moi que d’animer un podcast en sa présence et de suivre avec attention les quelques bons conseils dont il m’a dispensé ce soir-là pour m’améliorer. Ici à LaCaz nous sommes des enfants des podcasts de Gameblog, on s’est formé au sein de sa communauté. J’envoie également plein de bonnes ondes à Traz et Julo pour le challenge qui se présente inopinément à eux; je sais leur talent et je ne m’inquiète pas pour eux.

 

Ceci étant dit, j’aimerais revenir sur la rumeur insistante d’une prochaine SNES mini. Oui, ça n’a rien à voir. Nous revenons à peine d’un micro-phénomène de hype autour de la NES mini, où tous ceux qui voulaient afficher qu’ils étaient au top de la mode de la nostalgie, nous ont spammés avec des photos de boites neuves. On ne va pas se le cacher, ça faisait un peu cher pour un selfie et une soirée à se rendre compte que la NES ça a mal vieilli et que la majorité des jeux de votre enfance ne figure pas dans la sélection arbitraire de trente titres inclus dans le bousin.

Mais la Super Nintendo c’est pas pareil. Là on parle d’une des meilleures ludothèques de l’histoire du jeu vidéo; d’une machine mythique qui aujourd’hui met presque tout le monde d’accord lors des apéros de trentenaires. Là pour le coup, l’excitation semble bien plus légitime.

Mais non.

Aujourd’hui, personne ne s’inquiète de la liste de jeux qui figurera dans cette boite en plastique. Et avec la ludothèque de malade de la SNES, imaginez le nombre hallucinant de hits qui ne feront pas partie de la sélection finale. Nan, aujourd’hui tout le monde se dit qu’il faudra investir day-one dans cette objet dont la cote va assurément exploser quelques jours à peine après sa sortie.

Personnellement, je vois plus ces sorties comme une manière astucieuse pour Nintendo de vendre de beaux objets collector plus que de réellement proposer aux joueurs une manière nouvelle et légale de profiter de son histoire dans un cadre optimal. Il faut voir les choses telles qu’elles sont, voilà des années que sur les ondes de lacaz nous « militons » pour l’arrivée d’un service à la Netflix , pour pouvoir JOUER de manière légale à des offres proches des frontends que nous utilisons depuis plusieurs années maintenant et qui n’ont rien à envier aux offres officielles. De plus, n’oublions pas que ce système de ressorties par collections de jeux nous cantonne toujours aux mêmes titres; les usual suspects qu’on nous ressort régulièrement depuis 20 ans; laissant pléthore de bons jeux d’antan sur la touche. Cette mémoire sélective du jeu vidéo va continuer de plonger tant de bons petits jeux dans l’oubli que ça me rend plus triste qu’autre chose.

Ces mini consoles sont des objets de collection, voire de statut social, mais certainement pas des ressorties. On me rétorquera bien volontiers que je ne suis sûrement pas le public visé et que c’est toujours mieux que rien – et vous n’auriez pas tort – mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est bien triste de se contenter de si peu. D’autant que des propositions alternatives existent (je pense par exemple à cette micro NES à cartouches NFC)  et qu’elles sont à mon sens hautement plus intéressantes. Mais pour creuser un peu plus la question, je vous inviter à écouter notre podcast Hors-Série « Emulation 2 » où nous débattons sur ce sujet.

 

Mais pendant qu’on se perd en conjectures, le Frigo fête ses 28 ans. 28 années d’une lignée de consoles portables à succès planétaire qu’aucun concurrent ne parviendra à bousculer jusqu’à l’explosion des smartphones. Un anniversaire qui laisse aisément supposer que dans deux ans nous aurons droit à une réédition en mode « mini » pour le trentième anniversaire.

Chez moi, on n’a jamais eu le premier Gameboy; et ce n’est pas faute de l’avoir demandé ! Car oui, mon frère avait effectivement demandé la portable de Nintendo à l’époque – nous avions déjà quelques Game&Watch – mais notre SEGAFANBOY de paternel lui offrit une GameGear à la place « Parce que c’est de la couleur, c’est plus puissant et Sega c’est mieux que Nintendo« .  Mais lorsqu’un cousin ou un ami débarquait à la maison avec la bête, même pour des gosses élevés au bleu, il n’y avait pas photo. Trente secondes sur Tetris valaient mieux qu’une semaine sur Columns, un Link’s Awakening faisait bien plus voyager qu’un sympathique Dragon Crystal. J’ai dû attendre la sortie du GameBoy Color ( violet transparent toi même tu sais) avec Pokemon Bleu pour enfin découvrir la qualité de sa ludothèque, ludothèque qui ne cesse de m’étonner encore aujourd’hui.

Ce que j’ai toujours adoré sur le Gameboy, c’est qu’elle vient d’une époque où les développeurs étaient habitués à des standards plus élevés, et les limitations techniques de la machine les obligeaient à penser différemment et à creuser ce qui devait être le coeur de l’expérience de jeu. Un procédé d’épure que j’aime particulièrement et qui a donné des jeux d’une simplicité et d’une pureté dingue. Des jeux qui sont toujours aussi agréables à jouer aujourd’hui.

Alors je te souhaite un excellent anniversaire petite chose magique. J’ai hâte de me plaindre dans deux ans de la pauvreté de l’offre de ta réédition collector trop cool #revival #oldies #tropdesouvenirs #ads

 

Pour conclure j’aurais aimé vous parler du remake français de Wonderboy 3, jeu de coeur pour pas mal de cazeurs (dont Subby qui le speedrun comme un taré), mais je n’ai pas eu le temps de me le faire à l’heure où j’écris ces lignes. Mon impatience est énorme, et ma rage face aux chanceux qui ont eu le presskit en boite de Master System, est intolérable. Vous pouvez toujours retrouver l’avis de notre Punky sur sa chaîne youtube en attendant. Je félicite les gens de Dotemu avec qui nous avons par le passé collaboré pour vous offrir des cadeaux sur le Grand Quiz. Leur nouvelle orientation démarre de bien belle manière et je le souhaite de continuer à nous proposer des titres avec ce niveau de finition. J’aime la philosophie de ces gens, leur manière de respecter le passé et de lui donner le coup de jeune qu’il faut pour le rendre attirant pour le plus grand nombre. Vivement que je puisse m’y plonger !

 

De temps en temps je lis certaines choses dans les messages de notre communauté, des remarques qui me font sourire car elles sont le fruit d’une sorte de projection sur la manière dont marche LaCazRetro.  Pour la même raison qu’on est amené à imaginer le physique d’un podcasteur qu’on n’a jamais vu et d’être étonné de le voir en vrai tant il ne correspond pas à l’image qu’on s’en était faite; certains poditeurs ont une vision assez définitive et pourtant totalement fausse sur la manière dont un podcast se fait, et plus spécifiquement les nôtres. Du coup, pourquoi ne pas vous l’expliquer? Ça sera plus simple.

 

COMMENT ÇA MARCHE ?

Si une saison de LaCazRetro se lance en septembre, elle commence en réalité en mai; où on se réunit pour préparer la saison à venir au lieu de faire ce qu’il nous plait. Premièrement je fais un tour sur l’agenda de la saison à venir et je marque les dates fixes : énigmes, diffusion, premiers dimanches du mois… Car en plus de faciliter la vision à long terme, ça permet aussi de savoir combien d’émissions on peut faire dans cette saison. Par exemple, pour la saison six, en mai on savait qu’on avait la place pour 21 mardi de diffusion, podcasts standards et hors-séries mélangés. À partir de là on peut regarder notre liste top secrète pour la réduire à 21 sujets. Et c’est important de le faire avant les vacances, car un début de saison est toujours lent à démarrer, entre les retours de vacances différents, la reprise du boulot, les enfants qui reprennent l’école, il vaut mieux se débarrasser de cette organisation dès la fin de saison précédente, quand on est encore tous ensemble et dans le rythme. La Saison se prépare à la fin de la saison précédente.

LA LISTE

Définir la liste des podcasts d’une saison est la partie la plus complexe car elle nécessite un équilibre souvent difficile à trouver. Il faut être équilibré dans les genres de jeux, les époques, les plateformes, et les intervenants de ces émissions. Autre difficulté, il faut au moins trois intervenants pour valider un podcast. Aussi fou que ça puisse paraître, c’est très important pour nous de parler de jeux qu’on connaît, et encore plus fou, tous les chroniqueurs de LaCazRetro ne connaissent pas tous les jeux du monde. C’est souvent très drôle de lire des remarques comme « j’aurais bien aimé entendre machin parler du jeu aussi » sans penser une seule seconde que machin n’a peut-être jamais joué de sa vie à ce jeu-là. Et le plus fou, accrochez-vous à votre siège : ce n’est pas un crime. Du coup on se retrouve autour d’une liste de plus d’une centaine de jeux qu’on va devoir réduire, premièrement par le nombre de cazeurs ayant fait ledit jeu, puis après par rapport à son genre, sa plateforme, son époque. À cette réunion, j’ai souvent dans ma liste une sélection de jeux qui vont fêter leurs dix ans ou leurs vingt ans au cours de la saison à venir, au cas où; mais c’est important de ne pas trop se focaliser là-dessus car on ne sait jamais vraiment comment va se dérouler la saison, alors il vaut mieux éviter de bloquer une date six mois à l’avance. Par exemple, cette saison, le podcast ICO devait sortir la semaine de la sortie de The Last Guardian. Outre l’ultime report de ce dernier, nous avons dû également sortir notre podcast plus tôt que prévu car nous avons été dans l’obligation technique de reporter notre enregistrement du hors-série Émulation. Heureusement qu’on n’en a pas fait des caisses pendant l’enregistrement d’ICO en parlant gratuitement de TLG pour faire genre c’est un podcast à donf sur l’actu’. C’est aussi pour ça qu’on ne donne jamais le numéro du podcast pendant l’enregistrement car rien n’assure qu’ils seront diffusés dans le même ordre qu’ils furent enregistrés.

Une fois la liste finalisée, on détermine le premier bloc, les cinq premiers podcasts qu’on va faire dans cette liste, toujours en étant équilibré dans les genres, époques et intervenants. Quand on a fait ça, le plus dur de la saison est fait. Au début de l’aventure LaCazRetro, on planifiait les podcasts quatre par quatre, et même si ça a tenu, c’est clairement pas la bonne méthode car ça nous empêchait de prendre  de l’avance sur des jeux assez longs qu’on aurait aimé refaire avant d’enregistrer le podcast pour raviver les souvenirs. Du coup, non, on ne prépare pas les podcasts en fonction du succès ou non des podcasts déjà sortis. Car en plus de planifier notre liste longtemps à l’avance, le like n’entre absolument pas en considération dans notre préparation. On fait des podcasts sur des sujets qu’on a envie de traiter, et le fait de les définir en amont nous permet de construire une programmation plus variée et intéressante.

LE CONDUCTEUR

La liste est faite, les premiers podcasts planifiés, passons à la préparation des enregistrements. Sur notre site nous avons un forum privé pour l’équipe qui nous permet de planifier tout ce qu’on fait dans l’année, dont un topic émission où sont préparés en détails nos futurs podcasts. Le process est le même, le premier post est un résumé du conducteur où chacun doit se placer. Animateur, Monteur, Une du mois, Pitch, Univers, Gameplay, Esthétique, OST, Revue de Presse, Anecdotes, Argus. Chaque intervenant se place là où il sent qu’il aura le plus de choses à dire, les rubriques se répartissent de la même façon, et très rapidement on a une version alpha du conducteur. On s’échange quelques liens pour les rubriques, certains apportent des précisions sur leur futures interventions, mais en général on fait en sorte de ne pas trop savoir ce que pensent les autres avant l’enregistrement, afin de garder la spontanéité d’apprendre qu’untel déteste le jeu qu’on adore. Lorsque ce premier conducteur est rempli, on passe au Doodle pour trouver une date d’enregistrement où tous les intervenants seront disponibles. Et prenez en compte qu’on fait ça pour cinq podcasts en même temps. Quelques jours avant l’enregistrement, je pose noir sur blanc le conducteur final, un document word où sont développés dans les différentes parties des angles et des questions que je vais sûrement aborder pendant l’enregistrement. Ce qui me permet ne de pas oublier d’orienter la discussion sur tel ou tel sujet, et aux chroniqueurs de savoir avant l’enregistrement à quelle sauce ils vont être mangés. Tous les podcasts sont préparés de cette façon, on ne fait pas de « podcast à l’arrache ».

LE JOUR-J

En grande majorité, on se retrouve sur Skype le dimanche soir à 21h pour enregistrer. On passe un bon quart d’heure à vérifier que les micros marchent comme il faut, que personne n’a de problème technique, que Evaer enregistre bien la conversation; on refait un petit récap’ du conducteur pour être sûr que tout le monde est prêt, et on se lance. On enregistre dans les conditions du direct, en essayant de se reprendre le moins possible ou d’interrompre le flux le moins possible. Car même si on monte à chaque fois les podcasts pour rogner les blancs, les bruits parasites et autre déglutition, c’est important de conserver la spontanéité d’un enregistrement continu. La tentation serait trop grande de marquer des pauses toutes les deux minutes pour vérifier telle ou telle information et la ressortir comme si on la connaissait depuis le début. On pourrait le faire, on n’est pas en direct. Mais à quel prix? Un rythme lent d’une discussion sans cesse interrompue? Non merci. Et qui plus est, si on se vantait de faire des podcasts ultra complets qui vont à l’encontre de notre concept (qui est, si besoin est de le rappeler, d’échanger des souvenirs de joueurs et non de faire des reviews objectives), nos forums seraient pollués par la Haut Autorité du Pixel qui viendrait nous préciser points par points nos différents oublis et approximations. Ce qui est déjà le cas aujourd’hui alors que c’est – again – absolument pas le concept de LaCazRetro.

On termine l’enregistrement entre 23h et minuit, on vérifie les backups, on envoie les liens importants vers le forum et les backups sur notre serveur pour le monteur. On discute d’idées pour l’énigme de cette émission, parfois on continue le débat entre nous pendant une petite demi-heure supplémentaire. On espère que le podcast est de qualité surtout. En général je mets un temps dingue à m’endormir ces dimanches-là car l’excitation du « direct » met du temps à retomber quand même.

LA POSTPROD

Monter le rush, poster l’énigme, envoyer le montage sur le ftp, préparer le fichier xml pour qu’iTunes mette à jour notre liste de podcasts, faire la bannière et le billet du podcast, préparer les posts sur Twitter et Facebook… Toutes ces petites tâches de post-production sont aussi importantes que la préparation des enregistrements. Les finitions sont toujours délicates car c’est ce qui va mettre en forme la sortie de notre podcast pour vous permettre d’écouter l’émission dans les meilleures conditions. Quand le podcast sort, le truc est fini, c’est carré. Être amateur n’a jamais légitimé de faire les choses à moitié.

LA SORTIE

Quand le podcast sort, on est probablement en train de préparer l’enregistrement d’une future émission, et le podcast qui sort a probablement été enregistré il y a trois semaines. On guette les premiers retours de nos plus fidèles poditeurs, on partage le billet sur les réseaux sociaux, et on attend. En général il faut trois jours pour voir le premier afflux de commentaires sur le site, et ça dure pendant quelques jours. Par rapport à d’autres blogs de notre style, je trouve qu’on a beaucoup de commentaires, et c’est quelque chose dont je suis particulièrement fier. Aujourd’hui les gens réagissent plus facilement sur Twitter et Facebook avec un petit mot, mais de moins en moins en laissant un commentaire sur le billet du site. Du coup c’est toujours avec beaucoup de plaisir de vous voir nombreux à partager vos propres souvenirs sur le jeu qu’on traite. Je sais toujours pas pourquoi vous le faîtes plus chez nous que chez les voisins, mais je vous kiffe pour ça.

Vous savez donc maintenant comment se fabrique un podcast de LaCazRetro, du premier brainstorming à la diffusion publique. Ça prend du temps, évidemment, c’est un investissement pour chaque membre de l’équipe, et c’est parce qu’on s’y consacre tous les uns pour les autres qu’on tient le rythme depuis six saisons. L’envie peut être là, mais si l’organisation ne suit pas, on ne peut rien faire. On s’est organisé avec le temps en trouvant les solutions les plus confortables pour tout le monde, pour nous permettre d’optimiser notre temps libre pour faire des podcasts dans les meilleures conditions et ne pas se retrouver à avoir la tête dans le guidon sans voir qu’on fonce droit dans le mur. Par exemple je sais aujourd’hui que beaucoup de nos poditeurs choisissent leurs sujets, qu’ils ne vont pas écouter un podcast parce que le sujet ne leur parle pas plus que ça. C’est normal, je le comprends, mais ça n’empêche que c’est un crève-cœur car on a passé autant de temps sur ce podcast-là que sur un autre, et que notre plus grande satisfaction est de lire un poditeurs curieux nous dire qu’il s’est lancé le jeu pour la première fois parce qu’on lui a donné envie de s’y essayer. Mais on a rarement le temps de se morfondre de voir un podcast qui nous tenait à cœur recevoir bien moins de retours que d’autres, car on est en train d’en préparer un autre, et le meilleur podcast, c’est toujours le prochain.

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Le mois de Janvier touche à sa fin et la machine semble avoir repris après notre pause de fin d’année. Car oui, même si pour vous il n’y a pas eu de coupure dans la diffusion des émissions, on a quand même pris des vacances. Du coup la fin du mois de Janvier marque le début de la dernière ligne droite de la saison, et les premiers préparatifs de la saison à venir. On programme les dates d’enregistrement de nos dernières émissions, et on commence à discuter de la suite de l’aventure. Ce qu’on veut faire, comment on veut le faire, etc… Alors forcément, quand on arrive en janvier, c’est le mois parfait pour prendre ses bonnes résolutions. Et si je vous partageais les miennes?

PLUS D’INVITÉS DANS LES PODCASTS

Personne ne nous a fait la remarque, mais effectivement depuis deux saisons nous recevons moins d’invités que les saisons précédentes. La raison est toute bête, ce n’est pas parce que plus personne ne veut venir discuter avec nous, mais parce qu’on n’a pas invité de gens, ou très peu. Mais pourquoi donc me demanderiez vous d’un air taquin? Et bien, en partie, parce qu’on a trouvé important de permettre aux nouvelles recrues de l’équipe de trouver leurs marques et leurs aises. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais un des objectifs principaux pour nous depuis deux ans est d’intégrer nos nouveaux camarades de sorte qu’il n’y ait plus aucune distinction entre les cazeurs qui sont là depuis Actraiser, et ceux qui nous ont rejoint depuis. Aujourd’hui je pense que l’objectif est en grande partie rempli; du coup il y a de fortes chances qu’on ressorte le carnet « wishlist vip ». Et puis comme j’en fais une de mes bonnes résolutions, au moins vous serez là pour me le rappeler.

PRÉPARER LA SAISON 7

Ne pas oublier de bien préparer la prochaine saison de LaCazRetro, et ce le plus tôt possible histoire d’être fin prêt pour septembre ! Plus tôt vous vous préparez, mieux c’est. Au départ de l’aventure on préparait les podcasts par groupe de quatre, ne nous donnant par moment que quelques jours pour préparer le premier podcast du nouveau bloc. En préparant notre liste en amont, non seulement on se donne du temps pour réviser sereinement, mais ça nous permet surtout de construire une grille homogène et réfléchie. On cherche à être variés dans les sujets, les époques ou les plateformes traitées. Variés également dans les interventions des chroniqueurs, pour éviter qu’un chroniqueur ait deux podcasts à enregistrer à la suite puis plus rien pendant plus d’un mois. Le choix de la liste des sujets de la saison est donc très important et complexe à caler. Mais une fois que c’est fait, le plus dur est passé. Bien se préparer en amont nous permet également de discuter des modifications à apporter au site, que ça soit un ajout ou un retrait, concernant telle ou telle partie de notre contenu. Comme beaucoup d’entre vous, je n’aime pas les gens qui s’annoncent avec une tonne de contenu, et qui s’essoufflent au bout de trois mois en laissant leur public sans info. Être ambitieux c’est bien, connaître ses limites avant de se lancer, c’est mieux. Et dans une activité de groupe comme LaCazRetro, c’est important de sentir les envies de chacun pour voir ce que le groupe peut faire.

FAIRE UN JEU RÉTRO PAR MOIS

Bonne résolution perso concernant le rétrogaming et pas uniquement LaCazretro, la fameuse liste de jeux à faire ! Cette liste ne cesse de s’allonger années après années, et plus ça va, plus les vieux jeux que j’aimerais faire deviennent « ces vieux jeux que je ne ferai probablement jamais« . Alors cette année, je dis non ! Cette année je prends comme bonne résolution de me faire un jeu retro par mois ! Et pour me motiver à tenir cette résolution, je vais probablement le faire via ma chaîne Twitch pour que VOUS me motiviez à prendre cette habitude plutôt qu’à passer trop d’heures sur des jeux récents qui ne se finissent jamais. J’aime beaucoup le stream, et je pense que ça peut également être un très bon moyen pour se trouver une motivation à poursuivre un jeu rétro au lieu d’y jouer une heure pour voir et de ne plus jamais y toucher. Pour la même raison que j’aime me mater un vieux film qui avait échappé jusque là à mon radar, je me dis que vous pourriez m’aider à faire de même pour les vieux jeux !

 

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On pourrait se  dire que c’est un comble, mais je pense que c’est une chose récurrente chez de nombreux podcasteurs. Faire du podcast n’implique pas forcément être un gros consommateur de pods. Je sais que certains dans l’équipe n’en écoutent tout simplement jamais; moi de mon côté j’en écoute mais pas assez à mon goût. J’ai évidemment mes incontournables comme Capture Mag, Les Démons du Midi ou ScreenJunkies Movie Fight, que je ne rate sous aucun prétexte, mais pour le reste du monde j’avoue avoir du mal à me sentir comme un public fidélisé. Mais comme je me sens privilégié avec lacaz de voir autant de gens venir commenter à chaque sortie de podcast, je me dis que ça serait un juste retour que j’en fasse de même avec les podcasts que je suis. Alors cette année, je vais faire ma groupie !

 

LE STUNFEST CHEZ JIPÉ

Vous le savez sûrement, mais il n’y aura pas de Stunfest en 2017, et j’en suis très triste. Le festival des cultures vidéoludiques était devenu un vrai rendez-vous pour nous à lacaz, et on était d’ailleurs super nombreux l’année dernière à aller à Rennes pour y passer le week-end. En plus avec la pénurie de carburant y’avait une ambiance digne de MadMax c’était génial. Mais du coup, l’association 3Hit Combo a pris la sage initiative de prendre une année de réflexion pour repenser à un super festival victime de son succès et de la place disponible à Rennes, ce qui veut dire qu’on ne se retrouvera pas au Liberté en mai. En revanche, joignez vous à moi pour le fabuleux hashtag #StunfestChezJipé histoire qu’on passe le week-end tous ensemble chez Jipé à jouer à des vieux jeux et manger des m&m’s !

 

Et vous les amis, quelles bonnes résolutions retrovidéoludiques avez-vous prises?

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On approche des fêtes, ce qui signifie que le net gaming va être rempli de tops, de sélections, de guide de Noël et autre rétrospective de l’année passée. Et c’est bien. De notre côté sur lacazretro, décembre est synonyme d’une succession gargantuesque d’anniversaires à fêter. C’est l’époque de sortie des consoles majeures et des gros jeux de l’année, alors forcément quand on traite de tout ce qui a plus de dix ans, on ne sait plus où donner de la tête à l’approche des fêtes de fin d’année. Du coup je serais tenté de vous faire une petite revue des troupes pour voir quels jeux vont passer la barre symbolique des dix ans l’année prochaine, et pourront donc être traités dans notre podcast. Mais non j’ai pas envie. Pour ce dernier édito de l’année j’ai envie de vous faire partager un moment de noël gaming perso.

LA PLAYSTATION

La Playstation fut ma première console rien qu’à moi. C’est toujours un grand moment, surtout quand on est le petit frère et qu’on voit passer les consoles depuis sa plus tendre enfance sans que ça soit la sienne. Autrefois on m’offrait des jeux, mais pour la console de mon grand frère. Aussi bons fussent-ils, ce n’est pas la même chose qu’avoir sa propre console. Puis vint le Noël 1998. Je venais de rentrer au CM2, on vivait dans une France championne du monde de foot, mon frère avait pris la chambre des parents et j’avais donc ma propre chambre. Bref, c’était cool. À cette époque, je jouais aux jeux vidéo principalement dans la chambre de mon frère, car il avait une petite télé cathodique à laquelle était branchée la Sega Saturn qu’il avait eu quelques temps plus tôt. Moi je n’avais pas de télé dans ma chambre, je ne pouvais même pas jouer de mon côté à cette bonne vieille Megadrive délaissée. Mais c’était cool, le dimanche matin je montais dans la chambre de mon frère pour augmenter le nombre de vies de DIE HARD ARCADE pendant qu’il regardait téléfoot, puis lorsque l’émission était terminée, mon frère remontait pour qu’on puisse finir le jeu une énième fois.

Et vint donc le noël 1998, où mon frère me conseilla de demander une « Playstation » à Noël parce qu’il avait vu la console tourner chez un copain à lui et il trouvait ça super. Je ne savais pas trop ce que c’était, car dans la famille on était plutôt sega-fans, et à dix ans je ne m’intéressais absolument pas aux marques des consoles. Mais mon frère avait vu un certain Final Fantasy VII et m’avait dit « tu vas voir c’est comme Shining Force mais en mieux« , en gros. Alors je l’ai demandé sur ma liste. Quelques jours avant noël, je ne sais plus trop comment, j’ai eu la confirmation que j’aurais bien la console sous le sapin. Je ne vous raconte pas l’état d’excitation qui était le mien à ce moment-là. À tel point que, le matin du 24, je ne tenais plus en place. J’étais tellement surexcité par la soirée à venir que ma mère m’a dit d’aller faire un tour en vélo tellement j’étais insupportable ! Et j’y suis allé, j’ai fait mon petit tour en VTT dans les rues désertes et fraîches de mon petit patelin, m’imaginant les folles aventures que j’allais pouvoir vivre avec cette curieuse nouvelle machine grise dont tout le monde me parlait et dont j’ignorais presque tout. Seul bémol dans ces joyeuses projections, j’allais sans doute devoir négocier avec mon frère d’utiliser sa télé pour pouvoir y jouer, voire pire, demander à la placer dans le salon. Mais peu importe, j’allais avoir MA console !

Le réveillon de Noël est arrivé. Et dans ma famille, la tradition voulait qu’on ouvre les cadeaux le soir du réveillon car mon père travaillait régulièrement le matin de Noël. Mais avant de se lancer dans les joyeusetés, on prend l’apéritif, et on déguste les entrées préparées avec amour par ma maman. Le temps que le gigot finisse de cuir dans le four, on se précipitait dans le salon décoré sobrement de milliards de guirlandes électriques par mon père. Curieusement, cette année mes cadeaux étaient posés non pas au pied du sapin, mais sur un gros socle cubique en papier craft coloré. À la vue de cette mise en scène, je me suis dit que les parents m’envoyaient un message comme quoi mon cadeau n’était pas donné et que je n’avais pas intérêt à négliger l’investissement que ça représentait pour eux. Soit, j’ai compris le message. Chacun ouvre ses cadeaux à tour de rôle, et vint mon tour. On me désigne l’ordre d’ouverture de mes cadeaux. Premier cadeau : Une Dualshock. OUI ! Tu as beau savoir que tu vas l’avoir, ça n’y change rien. Déchirer le papier-cadeau rouge et or que ma mère avait plié soigneusement pour découvrir cette manette grise dotée de deux étranges excroissances foncées en son centre, quel plaisir ! Je me souviens avoir observé cette manette, découvert les symboles qui ornaient ses boutons, tellement différente de la manette de la Saturn. Ensuite, mon frère m’invita à ouvrir un cadeau carré de petite taille, comme un boitier de CD audio mais en bien plus large, peut-être deux boîtiers dans le même cadeau? FAUX (pardon). Sous ce papier cadeau : Final Fantasy VII. Je savais que c’était le choix de mon frère, car je ne savais pas du tout ce qu’était ce jeu, et je me demandais si j’allais comprendre quelque chose à l’histoire vu que je n’avais pas joué aux six premiers épisodes. Mais je n’avais jamais vu un boitier aussi classe, et les images au dos de la boite donnaient tellement envie.

Puis vint le moment où on m’invita à ouvrir le gros cadeau. Moment d’excitation intense lorsque j’ai découvert cette grosse boite cartonnée gris métal, avec ce titre : PLAYSTATION. Un premier regard et je me suis dit que l’apparence de cette console faisait nettement plus enfantin que la grosse Sega Saturn noire. Là on avait des gros boutons ronds, une couleur aujourd’hui mythique mais rappelant la Snes, console du passé à l’époque. Mais rien à faire ! C’était MA console ! J’étais joie, et il me restait encore un cadeau à ouvrir ! Forme allongée, je n’avais aucune idée de ce que ça pouvait être. Je déchire le papier, et là, une télécommande noire. Pas compris. Je regarde l’objet pendant quelques secondes, et je demande « ah y’a même une télécommande Playstation?« . Et là je regarde mon frère pour vérifier si j’avais bon, et je le vois en train de jeter des regards insistants en direction du gros bloc de papier craft que je pensais n’être qu’un socle…

Nan ! Impossible ! Pas l’année où on m’offre une console! Et si. Ce n’était pas un socle, mais le camouflage de mon dernier cadeau : ma propre télé cathodique ! Ce soir là je suis devenu indépendant vidéoludiquement parlant. Bon du coup j’ai jamais eu aussi peu de jeux sur une console de toute ma carrière de joueur, mais mon frère a très rapidement remédié à ce problème en envoyant ma chère et tendre chez un de ses amis pour la trafiquer (et foirer ses soudures pour me la garder un mois de plus, au passage). À peine le temps de me remettre de mes émotions en serrant mes parents aussi fort que je le pouvais autour de mes petits bras de lâche, qu’on m’annonce qu’il faut retourner manger. Curieusement à ce moment-là, je n’avais plus très faim. Étonnant n’est-ce pas? Mais je suis resté sage, du moins en apparence, jusqu’à la fin du plat de résistance. Le gigot terminé, on m’autorisa à aller brancher la Playstation « pour voir si elle marche« , mais dans la chambre de mon frère, pas le temps d’installer ma télé. Je suis donc monté avec mon frère pour brancher la console et lancer le CD de démos proposé dans la boite. On allume la télé, on la branche sur AV, j’appuie sur le bouton On pour la toute première fois. Au départ, un écran noir; et puis un son.

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Aujourd’hui ce son rappelle beaucoup de choses aux nostalgiques, mais quand tu l’entends pour la première fois, c’est le futur. Une variante du son THX pour le cinéma. La compilation de démo s’est lancée, et comme je ne savais pas trop quoi prendre, j’ai lancé un jeu de course, un certain Gran Turismo. Et là ce fut une claque monstrueuse. Un réalisme que je n’avais encore jamais vu, des reflets sur les voitures, de la 3D d’une netteté incomparable à ce que proposait la Sega Saturn, et ma manette vibrait !! C’était fou ! Je me prenais un mur, je ressentais le choc sur ma manette. Waouweffect immédiat, je suis descendu en trombe dans le salon pour annoncer ma découverte à mon père.  Je crois que mon paternel, gros fanboy sega qu’il était, n’avait pas anticipé non plus l’effet Playstation. Et lorsqu’il prit dans ses grosses paluches le curieux pad Dualshock pour tester un circuit de cette démo de Gran Turismo, il a scotché. Il jouait pour la première fois à une simulation auto sur console, avec de vraies marques de voitures et  tout. À partir de ce Noël mon père n’a jamais lâché la série GT. Même ma tante, qui ne s’était jamais intéressée à ces jeux électroniques, était montée voir cette curiosité. Je me souviens de la voir bluffée (et un peu inquiète) devant tant de réalisme, et de lâcher la manette à la première vibration, trouvant cette feature extrêmement perturbante.

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Après cette mise en bouche, il fallait redescendre pour déguster le dessert. Et on ne dit jamais non à un gâteau au chocolat, surtout qu’à l’époque c’était toujours à moi qu’on filait les petites décorations sucrées et chocolatées. Une fois le gâteau dévoré à en avoir jusqu’au front, et alors que les adultes s’offraient un petit digestif en s’engueulant sur des sujets de société qui me dépassaient, nous nous sommes esquivés avec mon frère pour lancer ce fameux Final Fantasy VII. Là c’est mon frère qui a pris la manette et qui a fait le début du jeu. Une intro en images de synthèse se lance. Nos yeux s’écarquillent face à un tel niveau de beauté. Pour mémoire, la dernière cinématique en image de synthèse que nous ayons vu, provenait du Tomb Raider et du Night de la Saturn. De biens belles images certes, mais là on montait de plusieurs niveaux d’un coup. Et ce qui nous avait bluffé surtout, c’est le passage instantané de la cinématique au jeu, et le mélange des deux à certains moments qui rendaient cette découverte parfaitement ahurissante. Et quelle musique! Quelle entrée en scène dans cette histoire ! Le temps de battre le premier boss robot/scorpion et de se sortir miraculeusement de l’explosion de cette centrale, qu’il commençait à se faire tard, et nos invités allaient s’en retourner chez eux.

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Vint le temps de jeter les montagnes de papiers-cadeau déchirés, les bolducs entortillés, les bouts de scotch vagabonds, et les boites de Pyrénéen vides. Mes parents retirèrent leurs chaussures et se lovèrent dans leurs fauteuils noirs, soulagés que la soirée tant attendue se soit bien passée, et admirant le spectacle d’un Noël réussi à la lumière des loupiotes clignotantes du sapin.  On ignorait encore qu’on allait se taper la grande tempête de 99 l’hiver d’après, et que l’ambiance serait loin d’être aussi joviale. On profitait. La vaisselle attendrait le lendemain, le cristal des grand-parents séchera renversé sur les torchons étalés sur la table de la cuisine, on mangera du gâteau au chocolat à 11h et un sandwich au foie gras à midi avec un fond de Champomy. Mais pour l’heure, avant de se coucher, une ultime découverte tardive de cette nouvelle console, avec la démo de Kula World. Jeu de puzzle rigolo et coloré et sensation de vertige dingue pour le petit Anfa de l’époque. Mais à une heure pareille, c’était plus par gourmandise que porté par un véritable intérêt que je jouais à ça. Juste pour le plaisir de manipuler ces joysticks rugueux et de regarder régulièrement la manette pour savoir où se trouvait tel ou tel bouton. Quelques minutes supplémentaires et il me fallu quitter la chambre de mon frère et faire un gros bisou d’amour à mes parents pour ce noël inoubliable. Je n’ai que très peu dormi cette nuit-là, évidemment, trop excité d’imaginer le lendemain matin où je pourrais installer ma propre télévision rien qu’à moi dans ma chambre et y brancher ma propre console de jeux rien qu’à moi! Non mais imaginez un peu ! Non seulement j’allais avoir une Playstation dans ma chambre, mais j’allais aussi pouvoir brancher la Megadrive pour les périodes de vache maigre (surtout pendant le mois où on m’a privé de ma Psx pour la pucer). C’était dingue. C’est à partir de cette période que j’ai commencé à vraiment prendre mon temps pour apprécier un jeu et à découvrir des titres tout seul.

J’ai eu la chance de connaître bien des Noël mémorables, mais celui-là figure probablement à la première place. Je quittais l’enfance pour entrer doucement dans ma période adolescente, et cette indépendance vidéoludique a certainement joué un rôle important dans mes goûts d’aujourd’hui. Certains d’entre vous ont probablement eu un jour un magnétoscope rien qu’à eux dans leur chambre et se sont fait un plaisir d’aller au vidéoclub de leur patelin pour louer des VHS que seuls eux avaient envie de voir; d’autres ont eu une chaîne Hi-Fi ou un walkman et se sont fait leur propre culture musicale de leur côté de la même manière; et bien moi c’est pareil avec le jeu vidéo. Aujourd’hui on a troqué la soirée découverte pour la soirée installation et mise à jour, mais finalement une fois qu’on est dans le jeu, pour peu qu’on évite de ruiner l’instant en livetweetant sa découverte à renfort de phrases cyniques pour gratter quelques RT, le plaisir reste le même. Et en matière de jeu vidéo, il n’y a rien de plus excitant que de recevoir une console à Noël. Pour moi, c’était la Playstation. Et vous?

 

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La Wii vient de fêter ses dix ans. Bim. Ça c’est fait. Pendant que certains digèrent la nouvelle et réalisent que le temps des cerises est de plus en plus loin, il est important de noter que la Wii et les autres plateformes de septième génération entrent dans le cercle d’éligibilité de La Caz’ Retro ! Oui, ça fout un coup. Certains d’entre vous pourront tenter de débattre avec nous sur la définition-même de retrogaming, car après tout, la limite de dix ans que nous nous sommes fixés lorsque nous avons lancé le podcast n’est pas un fait établi. C’est notre définition. Pour d’autres, le retrogaming ne concerne que l’époque 8-16 bits, ce qui n’a aucun sens pour moi mais après tout pourquoi pas. Donc, pour nous, la septième génération de plateformes vidéoludiques va pouvoir commencer à être traitée sur nos ondes, et si j’en vois déjà commencer à ricaner et s’imaginer que nous allons forcément moquer cette génération-là face à celles de notre enfance, je pense au contraire que nous allons pouvoir traiter de la période la plus riche qu’ait jamais connu le petit monde du jeu vidéo.

Souvenons nous, E3 2005, feu Satoru Iwata dévoile la Nintendo Revolution. et annonce que la bataille à venir ne se fera pas sur les spécifications techniques mais sur l’innovation. Petite phrase en direction de Sony et sa PS3 pleine de Cell pour qui l’avenir consiste à faire la même chose que la PS2 mais en plus gros. Aveuglés par le succès historique de leur précédente machine, Sony regarde la Xbox360 et la Nintendo Revolution avec trop d’arrogance, allant jusqu’à dire que la septième génération commencera quand ils l’auront décidé. Mais pendant ce temps-là, Mr Iwata présente une console toute petite, et une manette en forme de télécommande… Et on assiste à un trailer de gens qui jouent. Des jeunes, des vieux, des jeux de tir, de la musique, des jeux de courses… Personne ne le sait à ce moment-là, mais on assiste à la naissance de la console la plus vendue de sa génération, et de l’explosion populaire du motion gaming de la WII. Mais pour le moment, le milieu du jv est en ébullition, il s’imagine le champ des possibles, les idées de gameplay, les changements fondamentaux sur les séries traditionnelles… Il fantasme quoi.

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Un jour le motion gaming allait révolutionner le jeu vidéo, le lendemain il allait le tuer, et au final il n’aura été que le gimmick d’une génération. Mais ça nous offre des sujets de discussion passionnants, un peu comme pour les jeux en FullMotionVideo. Pour la première fois depuis vingt ans, une génération se lance sans console SEGA, tous les adversaires de Nintendo misent à fond sur les fonctionnalités online alors que Shigeru Miyamoto n’y voyait alors pas grand intérêt; sans parler du marché japonais qui s’apprête à connaître une époque particulièrement mouvementée, entre les développeurs peu armés pour affronter le niveau de production requis pour cette génération, et le public délaissant les consoles pour le jeu mobile. Les cartes sont prêtes à être redistribuées. C’est donc dans cette période d’incertitude que Nintendo tente deux choses : l’innovation hardware pour son futur, et la conservation de son patrimoine.

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Ce qui est particulièrement parlant dans cet extrait, c’est de voir la rétrocompatibilité devenir retrogaming sur la scène-même de la conférence Nintendo, sous les hourras hystériques de l’assemblée. En annonçant la virtual console comme argument marketing fort, Nintendo confirmait la tendance du retrogaming comme un véritable marché sur lequel capitaliser à moindre coût. Une mise en avant qui dépasse de loin le cadre des compilations Namco et Capcom qu’on s’achetait en occaz’ pendant les périodes de vaches maigres. Jouer à de nouveaux titres différents dans leur approche, pouvoir jouer à de vieux classiques sur la même machine… Nintendo avait très vite compris qu’il faisait dorénavant figure de dernier gardien du Temple (de l’eau) et que les parents qui allaient acheter la Nintendo Revolution pour jouer en famille étaient également les enfants qui s’usèrent les mimines sur le pad de la NES autrefois. Et ils seront bien entendu suivis par Sony et Microsoft qui proposeront également des vieux jeux à télécharger sur leurs stores; pour quelle qualité et pour quel prix? Là aussi on aura de quoi débattre, entre fidélité de l’émulation, prix psychologique et offre suffisante, il y aura de quoi faire !

WII, mais encore?

Avant que la Wii ne conquiert le grand public avec ses jeux familiaux bon enfant, quel jeu représentait à lui tout seul le « JV » moderne pour les médias grand public? WORLD OF WARCRAFT. Appréciez le grand écart. Blizzard avait ouvert un genre ultra hardcore pciste au grand public pour le plus grand bonheur de son portefeuille et la plus grande crainte de parents terrifiés par la menace de ces meuporgs. D’un côté une expérience faussement solitaire et véritablement chronophage, de l’autre des récréations bon enfant, le fameux « effet raclette » qu’on pouvait entendre dans les podcasts du tout jeune site Gameblog. Et alors que Sony et Microsoft poursuivaient la recette de la sixième génération, un marché de niche allait devenir prépondérant.

En 2007, Apple lançait le premier Iphone, et l’AppStore l’année d’après. Révolution dans notre manière d’utiliser internet, il a aussi ouvert un marché gargantuesque de joueurs occasionnels désireux de jouer quelques minutes sur un siège de métro ou dans une salle d’attente. Le SnackGaming qui s’amorçait sur Smartphone n’était finalement pas si éloigné de l’expérience apéritive de la Wii, et on en a un exemple flagrant avec SEGA, qui nous a pondu coup sur coup SUPER MONKEY BALL BANANA BLITZ en 2006 sur WII, et SUPER MONKEY BALL IOS sur iPhone en 2008, l’un des tous premiers jeux iPhone est un jeu SEGA.

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Au même moment, le réseau social Facebook commence à exploser auprès du très grand public, et ce partout dans le monde. SnackGaming et SocialGaming; le terrain était propice à un retour fracassant de ces « petits jeux » flash sur lesquels on se connectait le soir pour jouer dix minutes afin de collecter quelques pièces d’or ou de nourrir notre élevage de cochons virtuels. Des jeux-concept pas si éloignés que ça de l’arcade et de l’époque garage games, ainsi que des mécaniques de fidélisation qui auguraient de ce que deviendrait le jeu vidéo aujourd’hui. À ce moment-là, le jeu vidéo est devenu tellement accessible qu’on a enfin commencé à le considérer comme une activité qu’on partage aussi simplement qu’une autre, d’une part à ses amis, mais aussi sur les plateformes de partage de vidéos. Dailymotion, Youtube.. Et si on se filmait en train de jouer ?  « Venez m’aider à avancer dans ce jeu« , « Regardez le succès que je viens de débloquer! » « Regardez comment c’est moi le plus fort à ce jeu!« . Mais tout le monde n’avait pas les moyens de s’offrir un boitier d’acquisition pour capturer ses sessions sur console… Sauf si on avait fraps et un émulateur, là on pouvait se mettre à capturer du retro à moindre coût… tiens tiens… C’est à cette époque d’ailleurs qu’on fut nombreux à réaliser qu’en fait on était vraiment pas bon aux jeux vidéo, et que nous avons  commencé à peopliser les joueurs.

Il y a dix ans, le Jeu Vidéo marquait certainement sa plus large métamorphose, au point qu’il est devenu aujourd’hui particulièrement protéiforme. Le jeu vidéo a commencé à se digitaliser, la plateforme Steam a commencé à profondément s’installer dans les us et coutumes des joueurs pc, et ces magasins dématérialisés permettront à la scène indé de se lancer quelques années plus tard. Alors je sais pas pour vous, mais moi quand je vois le programme qui nous attend, je trépigne d’impatience! Et ça c’est juste pour le décorum, parce qu’on n’a pas encore parlé des jeux qu’on va pouvoir traiter l’année prochaine, en plus du reste du catalogue vidéoludique existant depuis Tennis for Two. Déjà que notre liste de jeux à traiter est à l’heure actuelle longue comme un jour sans M&m’s, ça ne va pas s’améliorer vous pouvez me croire ! 

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Ce mois-ci en préparant le premier numéro du Grand Quiz de la saison, je me suis retrouvé à feuilleter pas mal de magazines d’époque pour un jeu basé sur les accroches de publicité. Et je dois vous avouer que me replonger dans ces réclames alors qu’on vit une époque d’indigestion flagrante envers la publicité m’a fait un bien fou. Tantôt gores, tantôt sexistes, tantôt bien vues, ces pubs papiers font partie à mon sens du décorum lié au retrogaming, au moins autant que le classeur d’astuces ou l’odeur de la cathodique qui chauffe. Du coup, histoire de profiter de mes dernières recherches, je vous invite à replonger avec moi dans ces vieilles pubs de magazine !

 

Consoles + 027 - Page 017 (décembre 1993)

Si vous voyez SEGA se planter, c’est qu’ils sont sous l’effet de substances illicites

 

Consoles + 027 - Page 141 (décembre 1993)

Soyons honnêtes, le titre se suffit à lui-même. Pas besoin d’en dire plus.

Consoles + 056 - Page 043 (juillet - août 1996)

Naissance d’une série culte

 

Consoles + 119 - Page 019 (décembre 2001)

Autant l’image fait très infiltration, autant le « attention ça fait un peu peur » ?

 

 

Consoles + 131 - Page 035 (décembre 2002)

La vanne était facile, mais elle marche tellement bien.

 

Consoles + 131 - Page 037 (décembre 2002)

rassurant..

Consoles + 143 - Page 017 (décembre 2003)

Quand ça veut pas…

 

Consoles + 143 - Page 025 (décembre 2003)

Cette accroche est extraordinaire.

Consoles+ 049 - Page 090a (1995-12)

« Les Meilleurs Jeux » rien que ça

 

Consoles+ 095 - Page 041 (1999-12)

La phrase qui ne veut rien dire, mais n’oublions pas de surligner le nom du jeu que les gens connaissent déjà.

Player One n°103 (Décembre 1999) - Page 021

Enfance brisée

 

pub zelda 3

cliquez pour agrandir

 

Consoles + 119 - Page 006 (décembre 2001) Consoles + 119 - Page 007 (décembre 2001)

Consoles + 083 - Page 178 (décembre 1998)Consoles + 083 - Page 179 (décembre 1998)

Consoles + 119 - Page 044 (décembre 2001) Consoles + 119 - Page 045 (décembre 2001)

C’est grâce à des sites comme abandonware-magazine qu’on peut aussi facilement se replonger dans ces lectures passées. Merci à eux et aux acharnés qui scannent leurs mags avec beaucoup de soin. Et vous, vous avez un souvenir précis sur une pub croisée dans un mag’ ? Partagez nous ça dans les commentaires ! 

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Maintenant qu’on a repris le chemin des écoliers et que le podcast est bien lancé, on va pouvoir jeter un œil sur le cru 2016/2017 du podcast français histoire de voir comment tout ce petit monde va évoluer cette année. 

Je pense que ça n’a échappé à personne, la saison dernière a été marquée par l’arrivée en grande pompe de BingeAudio et de sa brochette de podcasts. La tentative d’installer un network de podcasts audio n’a rien de nouveau et compte malheureusement plus d’échecs que de francs succès. Mais la stratégie de l’équipe de Joel Ronez est ma foi fort intéressante, puisqu’elle consiste à communiquer sur le fait que BingeAudio « réinvente le podcast » grâce notamment au soutien des plumes bien placées qui peuvent appuyer cette démarche en écrivant peu ou prou que les gens qui s’amusaient avec un micro jusqu’ici c’était bien sympa, mais que maintenant on va parler serious business entre potes, donc la cours de récré c’est terminé. Et j’ai envie de vous dire « pourquoi pas! ». Effectivement si le podcast audio a tant de mal à évoluer en comparaison de la vidéo, c’est peut-être que nous sommes effectivement une bande d’enfants jouant dans un bac à sable merveilleux mais sans savoir vraiment ce qu’on peut y faire. À l’instar de Youtube qui a ses Studio Bagel et GoldenMoustache, peut-être que le podcast audio a besoin de telles initiatives pour que les créateurs de moindre ambition puissent également bénéficier d’une nouvelle médiatisation. Peut-être verrons-nous un jour apparaître un ersatz de Youtube Space mais pour les utilisateurs d’iTunes avec un studio d’enregistrement clé en main. Pourquoi pas, mais avec la multiplication des plateformes de lecture, c’est une perspective que je sens malheureusement assez lointaine. Mais en même temps c’est ce qui reste excitant à propos du podcast audio, c’est que rien n’est encore figé et que les certitudes d’aujourd’hui peuvent être les désillusions de demain. Tant qu’il y a des gens prêts à risquer de se planter, y’a de l’espoir. Je pense aussi à RadioKawa qui tente des choses super intéressantes mais qui ne jouit pas forcément de la même force de frappe que Binge.

Mais du côté du bac à sable que se passe-t-il? Déjà ce début de saison a vu le départ de Kaik, historique animateur de Gamerside (et meilleur animateur de podcast en france à mon goût). Une page se tourne mais GMS reste entre d’excellentes mains et je leur fais plein de bisous pour ce nouveau départ que représente Super Gamerside. C’est très difficile d’évoluer quand on est installé depuis si longtemps et que tes abonnés n’aiment pas le changement. Le fait est qu’on est comme vous, on vieillit, nos habitudes et nos goûts évoluent, c’est inévitable que notre contenu évolue également puisque à notre niveau il faut qu’on fasse avant-tout quelque chose qui nous ressemble. Ce qui compte c’est de garder une ligne, un fil rouge sur lequel on peut se reposer et autour duquel construire son contenu. J’ai d’ailleurs une pensée pour les autres « collègues » qui se sont lancés à peu près en même temps que nous et avec qui on discute sur la manière de faire, que ça soit dans le fond ou la forme. Que ça soit ceux qui se sont arrêtés en chemin et ceux qui continuent l’aventure. Rejoins comme moi le groupe des fans de CaptureMag qui attendent qu’Arnaud Bordas revienne sur Paris !

Cette année plus encore que l’année passée, pour se démarquer sur le net dans ce flux ininterrompu de contenus, faut se lever tôt ! Il se crée autant de podcasts par mois qu’il s’en arrête, du coup les gens sont de plus en plus méfiants et préfèrent attendre qu’un podcast soit installé pour s’y abonner, ce qui complique donc le fait de s’installer. Dans une époque où chacun essaye de trouver sa place et où un Retweet « à dérouler » vaut mieux qu’un long discours, je crains que de plus en plus de nouveaux contenus tentent de se démarquer en basant leur communication sur la confrontation. Non pas l’émergence d’une culture du clash pour le podcast audio, ça serait aussi ridicule que de voir des gamins se bastonner pour le dernier flamby; mais la crainte de voir apparaître de plus en plus de contenus dont le sujet serait de « répondre » au contenu d’un autre créateur. C’est une pratique qui s’installe de plus en plus sur Youtube et qui me met un peu mal à l’aise je dois vous l’avouer. Je ne reviens pas sur le fait de vouloir et pouvoir donner son avis par rapport à un contenu, qu’on soit bien d’accord; je parle de la manière de donner cet avis. Comme je l’avais dit au micro de Tmdjc dans son émission Podcasteurs (ici), la création d’un podcast vient à mon sens d’une frustration d’auditeur face à un autre contenu et de la folie de croire que notre avis mérite que d’autres l’entendent; du coup je comprends totalement ce besoin de vouloir partager son avis. Mais de cette frustration est né un contenu original qui trace sa propre voie et qui ne cherche pas à se comparer aux autres puisque son existence-même est déjà le fruit de cette distinction. Quand je vois maintenant les dramas entre sites spécialisés devenir des sujets plus importants que leur propre spécialité, ça m’inquiète. Ça m’inquiète parce que ça peut très bien arriver au monde du podcast de la même manière que ça arrive sur Youtube.

Surtout que force est de constater que le milieu du podcast audio est un petit monde et qu’on y croise souvent les mêmes têtes, ce qui amènera forcément à la longue des tensions et des rancunes et autre vieux dossiers à ressortir. C’est pour ça que cette année par exemple on a recruté du côté des Youtubeurs avec Oxydia et Punky, parce que je pense que Youtube est une plateforme qui regorge de podcasteurs qui s’ignorent. Je pense à certains youtubeurs de talent qui n’ont pas véritablement besoin de la vidéo pour faire passer leur message, et qui pourraient apporter beaucoup s’ils décidaient de proposer une version 100% audio de leur contenu, que ça soit en solo ou en regroupement. Surtout que la plupart d’entre eux ne vivent pas de la pub générée par Youtube, je les invite donc chaleureusement à étudier la question cette année ! Qui sait à force de proposer du contenu varié et de qualité, Webedia va demander à Trunks de mettre en chantier une chaîne podcasts sur jvtv!

Cette saison s’annonce donc à mon sens comme la plus incertaine et la plus encourageante depuis longtemps, ça ne m’a jamais semblé aussi bouillonnant. Reste à faire le bilan en juin pour voir ce qui a marché ou pas. Comme toujours n’oubliez pas que nous avons besoin de vous pour parler des podcasts que vous aimez à votre entourage qui ne connaît pas ce format. Il ne me reste plus qu’à souhaiter une excellente saison à tous les podcasteurs et au plaisir de papoter avec vous en convention ou sur twitter !

 

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Le mois dernier je vous parlais des suites, celles qui m’avaient marqué ou celles que je n’avais jamais faites. Et bien ce mois-ci j’ai envie de vous faire une sorte de suite de cet édito en vous parlant des suites de jeu jamais sorties. Vous savez, ces jeux que j’ai bien aimés et dont j’ai attendu la suite avec impatience, et qui finalement n’ont jamais vu le jour. Voire pire, les jeux qui ont eu une suite tellement éloignée de mes attentes que j’en attends encore aujourd’hui la véritable suite!  Alors comme en mai il parait qu’on fait ce qu’il nous plait, bah je vous propose la suite de l’édito d’avril.

Donc parlons des suites auxquelles on n’a pas eu droit. Evidemment cette liste ne concerne que mes goûts en fonction des jeux que j’ai fait, c’est logique, mais aussi de mon envie d’en voir une suite. Car il y a des jeux que j’ai adoré, rincé dans le moindre recoin, et dont l’expérience a été tellement satisfaisante que je n’ai jamais senti l’envie d’en voir une suite tant le jeu d’origine se suffit à lui-même. J’ajoute également que cette liste peut également contenir un épisode trois, ce qui est souvent plus frustrant que tout lorsqu’on souhaite une trilogie, une conclusion, et qu’on reste éternellement sur notre faim. Ou alors ça s’appelle Street of Rage 3 et on se dit que finalement s’arrêter à deux jeux n’était pas forcément une si mauvaise idée.

Ristar

ristarRistar, une de mes mascottes de plateformer préférées ever. Je ne saurais trop vous dire pourquoi, mais j’ai toujours eu énormément d’affect pour ce personnage, limite plus que pour son jeu. Un jeu de plateforme très honnête au demeurant mais dont on se souvient étrangement moins que des titres comme CoolSpot ou Bubsy. Et pourtant à y regarder de plus près je trouve beaucoup de simulitudes manette en main entre ce jeu de sega et le Rayman d’Ubisoft; au point que je suis persuadé que si Sega avait cru en sa petite étoile, il aurait pu avoir une carrière proche de celle du mécheux de montpellier. De l’aveux d’Akira Nishino, une suite avait été préparée à l’époque de la sortie du premier épisode, mais annulée par Sega très rapidement pour diverses raisons. Le fait est que le jeu est sorti au milieu d’une over-dose massive de jeux de plateformes à mascottes et il n’y avait pas de place pour une autre créature mignonne que Sonic visiblement. Et pourtant je pense très sincèrement que dispatcher les concepts de plateformers à divers personnages maisons aurait évité à Sega de faire faire tout et n’importe quoi à Sonic. Quand je vois des jeux comme Flickie’ Island ou même Sonic Lost World, je ne peux m’empêcher de penser que ce bon Ristar aurait totalement pu remplacer le hérisson bleu sur ces productions.

Landstalker

landstalker-the-treasures-of-king-noleQuand je commence à parler de Landstalker c’est qu’on commence à approcher l’idée du Merveilleux, de graviter autour du formidable Appel de l’Aventure. Landstalker a été mon jeu d’aventure des années 90, tout simplement. Un jeu à l’identité éminemment attachante, aux graphismes léchés et à la prise en main immédiate. Un aventure insulaire des plus dépaysantes qui aura été malheureusement un poil trop difficile pour que je le finisse à l’époque. Une difficulté surprenante compte tenu de l’aspect accueillant de ce titre coloré. On était loin de Light Crusader quoi. Mais en un seul jeu, Sega et Climax avaient réussi à créer une véritable franchise capable de rivaliser avec le Zelda de Nintendo, et pourtant… Et pourtant ce jeu n’a jamais eu de véritable suite, et c’est surtout ça qui m’hérisse le plus le poil. LadyStalker sur SuperFamicom, déjà, mais POURQUOI? Ensuite Dark Savior sur Saturn, que j’ai eu, reprend des principes mais n’est en rien une suite. Puis Alundra et TimeStalker… A chaque fois on gravite autour de Landstalker mais JAMAIS on ne sort une véritable suite à ce grand jeu de la Megadrive. Je suis colère.  Car Landstalker, malgré ses qualités, n’était pas exempt de défauts et il y aurait eu de belles choses à corriger sur une suite. Et puis ça aurait permis à Sega d’arrêter de créer trouzemille oneshot pour tenter de rivaliser avec Nintendo. Oasis, Soleil, je vous vois. Mais ça c’est finalement le grand paradoxe de Sega, qui a démultiplié les licences oneshot sans leur donner le temps ni les moyens de s’installer, et qui au contraire à tout miser sur une utilisation absconse d’un Sonic déjà essouflé.

Nomad Soul

MediaHandlerAvant que QuanticDream ne trouve son identité avec les mpar, il y eu Nomad Soul. Nomad Soul, le jeu de pécéistes dans toute sa splendeur. Environnements ouverts, jeu d’action multi-genre caractéristique du début du 21ème siècle, univers futuriste aux ambitions matures incontestables. Le premier essai du studio de David Cage avait réussi à faire du bruit à sa sortie, et lorsque je l’ai eu sur Dreamcast, j’ai été particulièrement séduit par ce jeu. Je le voyais comme le jeu idéal à faire en attendant la sortie de Shenmue la même année. Jouer à Nomad Soul sur DC n’était pas forcément la meilleure façon de profiter du jeu mais j’ai parcouru cette aventure avec beaucoup de plaisir. J’ai adoré le sentiment de liberté offert par le jeu, le concept d’être mon propre héros errant d’âmes en âme dans cet univers parallèle, etc… En revanche je me sentais bien mieux dans le style jeu d’aventure 3D mêlé d’enquêtes plutôt que dans ce mélange un peu batard de différents styles de jeu qui n’étaient pas vraiment maîtrisés les uns par rapport aux autres. Mais comme l’univers proposé était intéressant et l’immersion dans cet Omikron ma foi fort réussie, j’aurais adoré me plonger dans une suite du jeu qui aurait corrigé les quelques défauts de jeunesse de ce premier jet.

Toy Commander

GUTHY_TOYSPremier jeu Dreamcast d’un Noël mémorable , Toy Commander est le jeu qui m’a fait entrer dans l’ère 128bits, et forcément ces jeux-là vous laissent un souvenir impérissable. Je ne savais même pas à l’époque que c’était un jeu de Frederick Raynal pour tout dire, et je m’en foutais complètement. Tout ce qui m’importait c’était que c’était mon TOY STORY THE GAME !! Parcourir les pièces de la maison de cet enfant avec des micro-machines étaient purement jouissif. J’y retrouvais le plaisir que j’avais eu sur le MicroMachines 2 ProTournament de ma Megadrive; et à l’instar du jeu de Codemasters, ToyCommander a été un incontournable du multijoueurs sur Dreamcast ! Un multi à quatre joueurs à s’affronter avec des jeeps, des tanks et des avions armés de crayons de papier, parcourant la table de la cuisine ou le bazar de la chambre d’enfant… Un jeu tellement culte à mes yeux que j’avais gravé au canif’ sur le mur de ma chambre à côté de mon lit « Toy Commander 2 sur Dreamcast 2 » ! C’est vous dire si j’étais fan – et visionnaire. Le pire c’est que le jeu a eu en quelque sorte un deuxième épisode sous la forme d’un jeu de course avec Toy Racer, mais outre le fait qu’il s’agissait d’un jeu de course particulièrement médiocre, c’était également tellement loin de mes attentes sur un véritable 2ème épisode. J’aurais tellement aimé une véritable suite avec un scénario encore plus mis en avant et l’ouverture du terrain de jeu au jardin de la maison.

Tourist Trophy

1345699737Alors que la série Gran Turismo a perdu de son aura au fil des ans et de l’incapacité de Polyphony a sentir les attentes des joueurs, l’équipe de Kazunori avait lancé une nouvelle franchise sur PS2 en 2006, Tourist Trophy, le « Gran Turismo de la Moto » et c’était vachement cool ! Moi qui déteste les jeux de moto, là j’étais totalement rentré dans le trip, préférant d’ailleurs la vue intérieure aux sensations exemplaires. Le jeu avait un contenu un peu chiche mais il reposait sur tous les assets de GT4 qui était, si besoin est de le rappeler, un super épisode ultra complet. Même si aujourd’hui le jeu aurait été désigné comme un DLC à Gran Turismo 4, j’ai toujours eu cette frustration de ne pas voir Polyphony Digital tenter de transformer l’essai avec une véritable série parallèle. Tourist Trophy reste encore aujourd’hui la meilleure expérience de jeu de moto que j’ai pu avoir en terme de sensations de vitesse et de physique du corps. Si vous ne l’avez jamais fait je ne peux que vous conseiller de vous le procurer dès que possible.

Kid Chameleon

kidchameleon01Kid Chameleon, le jeu des speedrunners avant l’heure. Un mario pour hardcore gameurs masochistes en mal d’injustice et de souffrances gratuites. Je connais très peu de joueurs de Megadrive n’ayant pas eu ce jeu. C’est très étonnant car tout le monde semble s’accorder pour dire que c’est un des jeux les plus durs de leur ludothèque MD. De plus le jeu dégage une atmosphère volontairement dérangeante; donc pourquoi sommes-nous si nombreux à l’avoir eu ? J’ignore de le savoir. Ce que je sais c’est qu’il avait une des plus belles jaquettes de son époque – un point à ne pas négliger – et que son design crado et son système de casque me plaisaient assez pour que je le lance assez régulièrement. Et pour vous dire la vérité, quand j’étais gosse, je n’étais jamais allé assez loin pour voir la tronche du grand méchant ! Alors que bon, aujourd’hui, à part les niveaux à scrolling automatique qui me filent encore des boutons, le jeu est assez bien pensé pour qu’on passe outre ses intempestifs pièges. Mieux, j’ai pu découvrir tout l’aspect speedrun du jeu au fil des ans, et il faut reconnaître la jubilation de voir les joueurs troller un jeu conçu à la base pour les troller eux. Kid Chameleon était bancal, il n’était pas très beau, il était mal foutu en bien des endroits, mais l’idée était là et il y aurait eu de belles choses à proposer sur une suite. Mais bon, encore une fois chez Sega, on tente une fois mais on transforme jamais l’essai.

Skies of Arcadia

FA_illustration_00078Aujourd’hui la simple énonciation de ce titre suffit à meurtrir le cœur de nombre de joueurs ayant goûté à ce qui aurait dû devenir la nouvelle grande série de RPG de chez SEGA. Hélas, trois fois hélas, il n’en sera rien et nous resterons dans la frustration de l’hypothèse, dans le marasme de la nostalgie, et dans la folie de l’attente. Qu’on se le dise, lorsque la Dreamcast était seule dans le jardin des 128bits, tous les joueurs sega attendaient que le constructeur nourrisse sa console de remplaçants de qualité à toute la ludothèque Playstation. Car l’heure n’était pas aux tergiversations, il fallait couper l’herbe sous le pied de Sony et convaincre nos amis qu’il ne fallait pas attendre la PS2 car la Dreamcast proposait des jeux ultra beaux et des genres variés. La PSX fut une découverte pour tout le monde, son flot de nouvelles franchises ayant attiré un nouveau public et ramené au pad une génération qui avait délaissé le jv pour aller rouler des pelles sur les bancs de la fac. La bataille devait être digne du Blitzkrieg pour avoir une chance de garder bonne figure à la sortie du monolithe noir de Kutaragi. Il nous fallait un Gran Turismo – MSR fera largement l’affaire – tout comme nous avions besoin d’un FIFA – et c’est là qu’on va prendre très cher avec le snobisme d’EA – et un Final Fantasy. Et là on a été particulièrement gâté puisque d’un côté la série historique Phantasy Star s’est orientée vers le multi pour nous faire découvrir un autre univers, et de l’autre une toute nouvelle franchise solo a vu le jour, et quelle franchise ! Skies of Arcadia. L’anecdote marrante concernant ces deux jeux étant que le développeur historique de Phantasy Star – Overworks anciennement TeamShinobi, des tueurs quoi – sont en charge de Skies of Arcadia tandis que la mouture online de leur série est confiée à la Sonic Team. Et d’après ce que j’ai pu lire à droite et à gauche, Eternal Arcadia était à la base le fameux cinquième épisode de la série Phantasy Star. Enfin bref, je ne vais pas vous saouler plus longtemps avec cette genèse, on est là pour parler de ma frustration de ne jamais avoir pu jouer à une suite de ce jeu, et c’est une frustration qui me suit encore aujourd’hui ! Ce jeu était formidable, dans sa direction artistique, dans ses musiques extraordinaires, dans son système de jeu ma foi simple à comprendre et agréable à développer. Son univers de pirates du ciel, d’îles flottantes sans crème anglaise et de base à custom’ selon ses goûts, ses batailles aéronavales… Ce jeu n’inventait rien en particulier mais il faisait tout de manière intelligente de sorte que son expérience globale était des plus satisfaisantes. À ce titre j’aimais particulièrement l’idée de faire bouger les personnages dans l’arène de combat, très bonne idée pour apporter un dynamisme visuel à ces combats au tour par tour jusqu’ici toujours statiques. Voilà, des idées qui ne mangent pas de pain mais qui permettent d’apporter des propositions sur l’évolution 128bits du J-RPG. Skies of Arcadia n’a pas eu besoin de grosses cinématiques en CGI ni de personnages réalistes pour nous plonger dans son univers, son immersion était sa plus grande force, et Sega avait une nouvelle fois apporté une flèche de qualité à son arc… Pour mieux nous frustrer en ne s’en servant pas.

Hidden & Dangerous 3

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Ce screenshot a 13 ans, imaginez la claque à l’époque.

Pour finir j’avais envie d’évoquer un titre qui devait voir le jour et qui finalement restera dans les cartons du papa de la série MAFIA : Hidden & Dangerous 3. J’ai découvert la série sur Dreamcast, armé du combo clavier-souris de Sega; jeu acheté par mon frère ayant vu la sauce monter du côté du PC chez ses amis. Et comme à l’époque nous n’avions pas d’ordi à la maison, on s’était rabattu sur le portage console. H&D c’est un peu une version 3D de la série Commando. Un jeu de stratégie-infiltration en équipe se déroulant durant la seconde guerre mondiale; où nous devons gérer une escouade de commandos dans une série de missions contre le troisième Reich. Les missions étaient variées, les objectifs exigeants, et la préparation tactique essentielle. Une des particularités vraiment cool de ce jeu était qu’on devait gérer son équipe et les équipements qu’on leur attribuait, et que la mort d’un personnage était irréversible. Un membre de ton groupe mourrait sur le terrain, il fallait continuer sans lui – et sans le contenu de son sac à dos, perdu à jamais – une vraie tension se créait à partir de ce principe de permadeath. La série avait monté d’un cran avec le deuxième épisode, aussi bien sur le plan technologique que dans son gameplay plus confortable. J’ai passé énormément de temps sur H&D2, cette fois-ci sur PC (quel coffret classieux en plus!). La série d’Illusion Softworks avait corrigé nombre de ses précédents écueils, et une troisième et inévitable suite était en préparation, teasant des nouveautés qui me faisaient baver à l’époque. Décors destructibles pour apporter plus de choix et d’immersion dans le déroulement des interventions, personnage principal unique pour ajouter à la série une narration dont elle manquait cruellement… Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Et puis rien. Ou plutôt « et puis Mafia ». Mafia est devenue une série importante pour le fraîchement nommé 2KCzech, et Hidden & Dangerous a sombré dans les limbes avec toutes les autres séries sur la seconde guerre mondiale. Et c’est bien dommage car au milieu des Medal of Honor et Call of Duty de l’époque, H&D avait cette part supplémentaire de tactique et d’intransigeance qui le démarquait nettement de la concurrence.  Et puis, Robin des Bois Smedley quoi.

C’est sur cette liste sans ordre particulier que je vous laisse, j’aurais pu parler évidemment d’autres titres mais comme je le disais en intro il y a des jeux que je n’ai jamais fait – comme Eternal Darkness – sur lesquels je ne peux bien sûr pas me prononcer, ou des jeux où je ne trouve pas l’apport d’une suite très pertinente, comme Ico ou Gynoug. Mais maintenant c’est à vous de me parler des jeux qui vont ont plus à l’époque et qui ne vous ont jamais gratifié d’une suite ! À vos claviers, j’attends vos suggestions !

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DE LA SUITE DANS LES IDÉES

Comme le dit le proverbe, « En Avril, ne te découvre pas d’un fil ». Et comme le fil de mes pensées a de la suite dans les idées, je me suis dit que ça serait l’occasion parfaite pour en parler; des suites. Et puisque Voltaire a dit, « je ne connais pas de sérieux ici-bas que la culture de la vigne »; Avril était donc le mois idéal pour en parler. 

Pendant que certains continuent avec force de persévérance à tenter de déchiffrer mon introduction, penchons-nous donc sur mon passé forcément subjectif lié au concept des suites vidéoludiques. Pour les uns c’est un moyen évident de transformer l’essai avec un premier jet limité, pour d’autres c’est une solution de facilité qui bride la créativité et crache sur vos mères (à peu près). Aussi curieux que cela puisse paraître, je me suis rendu compte que je n’étais, enfant, absolument pas sujet à l’attachement pour une licence ou une franchise. Sauf cas particulier, il y a énormément de suite que je n’ai pas faite, et pas juste parce que je n’aimais pas le premier épisode. Mais histoire de cadrer ce sujet particulièrement vaste et gourmand, on va essayer de séparer tout ça en différentes catégories et je me contenterai évidemment de n’évoquer que les jeux qui me parlent et sur lesquels j’ai des choses à dire.

LES SUITES QUI M’ONT MARQUÉ

00217787-photo-half-life-2Entendons nous bien, quand je parle de suites qui m’ont marqué, ce n’est pas forcément en bien. Et pour éviter de balancer trop de noms à la volée, je vais me restreindre au deuxième épisode, parce que sinon je parlerai de FF12 et on va y passer la nuit. Commençons par une petite douche froide et la sortie de Syphon Filter 2. Je suis un des rares gosses à avoir bavé comme un dingue sur les pauvres screens précédant la sortie du tout premier Syphon Filter, et le premier fou en France à avoir commandé le jeu chez ScoreGames une fois la démo bouclée une bonne vingtaine de fois. Pour moi c’était un peu Metal Gear Solid mais sans cerveau, donc un jeu idéal pour moi. C’est d’ailleurs marrant de voir qu’à l’époque on essayait de le comparer avec MGS ou TombRaider quand aujourd’hui on parlerait d’un TPS parfaitement lambda. Mais voilà, j’ai adoré ce jeu, et j’ai acheté day-one la suite qui tenait cette fois-ci sur 2 Cds (pour un jeu doublement bien forcément). Et ce fut une bien belle déception. Je n’ai pas aimé le jeu, je l’ai trouvé beaucoup trop poseur voire prétentieux, peu compréhensible par moment, sacrifiant le plaisir simple de défoncer les méchants au taser jusqu’à leur faire prendre feu, pour des séquences hachée faussement cinématographiques. Yeerk.

Je pense également au SIMS 2 qui fut une bien bonne surprise pour moi. Je jouais peu au premier épisode, mais bon il figurait sur mon PC comme tous ces jeux que tu lances une fois par an quand l’envie te prend d’on ne sait où (c’est encore plus le cas aujourd’hui avec les réseaux sociaux où on se retrouve comme avec une fringale vidéoludique créée par simple évocation). Et sur ce deuxième épisode des Sims, tout avait évolué dans le bon sens selon mes goûts, et le jeu était ultra complet et techniquement irréprochable, en revanche j’ai tiqué comme beaucoup face à la politique des trouzmille addons, qui m’a fait décrocher de la série dès ce deuxième épisode. Autre suite attendue qui ne m’a pas déçu non plus : HALF LIFE ² ! Oh mon dieu. Alors pour nous remettre dans le contexte, je n’ai pas fait HL1 tout de suite à sa sortie, j’ai dû attendre d’avoir un PC à la maison, c’est à dire en 2001, pour pouvoir me le faire (le premier jeu installé sur le pc, je vous jure). Un premier épisode que j’avais sur-adoré mais que je n’avais pas réussi à terminer. Le deuxième épisode approchant, j’ai demandé à mon frère de m’expliquer la fin du premier, et lorsque j’ai lancé le tant attendu HL², la claque incroyable. Même feeling et pourtant tout avait changé. 2004 a marqué à mes yeux l’arrivée de la 7ème génération vidéoludique, entre DOOM 3 et Half Life 2, le monde du PC avait donné le la et leur niveau de qualité n’allait pas être particulièrement inquiété sur toute la génération de consoles à venir tant la barre fut placée haute. La suite des aventures de Gordon Freeman fut une aventure de joueur également, avec ces multiples gameplays se succédant et donnant à chaque acte un ton différent, sa physique incroyable, le design singulier apporté par Viktor Antonov… Ce jeu est un miracle. C’est rare qu’un jeu aussi attendu arrive à faire l’unanimité à ce point.

tumblr_marbboszcR1r1ndqkJe me permets de tricher également en mentionnant Silent Hill 2, l’extraordinaire Silent Hill 2, que j’ai fait pourtant bien tard, en achetant la version collector [qui n’en est pas une] en occasion à 15€ en 2010. Je savais que ce jeu était culte pour les fans de survival, j’avais joué au premier épisode à l’époque mais vraiment pas longtemps car il me dérangeait profondément. Et lorsque je suis tombé par hasard sur ce deuxième épisode, j’avais à ce moment-là une maturité qui m’a permis de véritablement entrer dans ce – n’ayons pas peur des mots – chef d’oeuvre de la PS2. Mais j’ai joué à un jeu qu’on m’avait déjà annoncé comme culte, je n’ai pas pu avoir le même ressenti que ce que les joueurs ont vécu à la sortie de la PS2 et qui a fait le culte de la série sur cette génération-là. Je n’ose imaginer ce que j’aurais pris dans la face si j’avais fait partie de ces joueurs.

Max Payne 2 a également marqué mon passé vidéoludique, même si je n’ai absolument pas pris la même claque qu’avec le premier. Le jeu n’a jamais réussi à être surprenant au contraire d’un Half Life 2 sorti l’année d’après. Mais je me souviens de cette boite cartonnée blanche particulièrement classieuse et ce moteur très léché qui a permis de se passer de la tête constipée de Sam Lake (que j’adore hein). Mais reste malgré tout une légère déception d’une suite facile, de qualité mais pas mémorable.

Autre suite marquante, Hidden & Dangerous 2. Comme Max Payne, un premier épisode fait sur console, et la suite sur PC. Une suite particulièrement bonne, techniquement bluffante pour l’époque, avec une profondeur de jeu assez dingue. H&D c’est typiquement la série qui ne pouvait que se bonifier avec l’avancée technologique, et même si elle se contentait de faire un peu mieux que l’original (comme Max Payne), il y avait malgré tout énormément de travail sur l’aspect shoot du jeu. Le premier était un jeu d’infiltration où le moindre bourinage était un aveux d’échec cuisant; alors que le deuxième avait réussi justement à utiliser ces phases comme des phases plus dynamiques. Et sinon, comme le premier, un jeu blindé de bugs.

jetsetradiofuture1Pour finir sur cette partie, j’aimerais parler également de Jet Set Radio Future. Premier jeu que nous avons eu sur Xbox, c’est vous dire à quel point on le voulait ce jeu. Je ne garde pas vraiment un grand souvenir de cette suite. Elle est mieux finie que le premier JSR c’est incontestable, mais je n’ai pas accroché à son ambiance. C’est con hein, peut-être était-ce mon humeur moribonde du fan de Sega obligé de jouer à des jeux Sega chez la concurrence, comme quand tu commandes une pizza dans une crêperie – paye ton analogie – mais je n’ai pas eu la sensation de jouer à un JSR2. Et puis moi le gameplay du premier ne m’a jamais trop dérangé, à part sans doute la caméra qui faisait nawak; mais comme à l’époque je finissais pas les jeux qui m’ennuyaient, et que celui-là je l’avais fini ET recommencé, c’est que quelque part on s’était trouvé lui et moi.

LES SÉRIES QUE J’AI DÉCOUVERTES PAR UNE SUITE

final-fantasy-7Bien entendu il y a des évidences comme Final Fantasy VII, comme beaucoup de joueurs de ma génération ce fut notre premier contact avec la série de Sakaguchi, contact qui nous a amené par la suite à découvrir les épisodes antérieurs de la série. Je me souviens de ma réaction lorsque j’ai eu le jeu en même temps que ma Playstation lors d’un Noël mémorable, je pensais que c’était un faux numéro, comme Star Wars Episode IV. Et quand j’ai découvert qu’il existait six autres épisodes jamais sortis en France, je me suis dit « mais c’est complètement débile on va rien comprendre à l’histoire! ». Je me demande d’ailleurs combien de parents ont renoncé à offrir ce jeu à leur gosse en prétextant « mais t’as pas fait les autres chouchou ! faut les faire dans l’ordre sinon ça n’a pas de sens! ». Mais des séries que j’ai commencées par une suite il y en a plein en fait. Et bien souvent parce que le succès du premier a fait que la sortie médiatique du deuxième épisode a été bien plus forte. Je pense notamment à Tony Hawk Pro Skater 2 en vous renvoyant cordialement au podcast qu’on lui a consacré, tout comme Road Rash 2 ! Ou plus bêtement la série des Elder Scrolls que j’ai commencé comme beaucoup par Morrowind sur PC. Quel plaisir de découvrir ce jeu sur un PC flambant neuf, le plaisir de se perdre dans cet environnement, et de découvrir la sauce Elder Scrolls qu’on connait encore aujourd’hui.

fanart-metal-gear-solid-par-C780162-lap-pun-cheung-s-01Trichons un peu et parlons de Metal Gear Solid ! Troisième épisode de la série Metal Gear. Trichons car à l’époque je n’en savais rien, et j’ai envie de vous dire « heureusement! » car le gimmick de l’éternel recommencement de ce bon Kojima n’aurait pas eu le même impact sur moi à la sortie MGS si j’avais été dans la confidence. J’ai donc découvert la série par ce MGS, et même si mon préféré reste le fabuleux Snake Eater, je me souviens de week-ends avec mon frère à vivre ce MGS dans ma chambre – la psone était à moi mais le jeu était à lui – et à être souvent surpris par ce qu’il proposait tant on avait pas vu ça auparavant. On évoque souvent la PSone comme la console qui a ouvert le jv au grand public – et c’est vrai – mais on oublie souvent l’avalanche de titres japonais édités en PAL, et que n’avons-nous pas découvert chez moi comme univers et idées de gameplay à cette époque !

Je pourrais vous parler également de Street Fighter, évidemment, ou de la série des MicroMachines dont je n’ai eu que le MM2 Pro Tournament (un jeu culte sur lequel on a fait un live vidéo, ici ) et qui reste à mes yeux un des meilleurs jeux multi offline de tous les temps. À noter également Warcraft que j’ai commencé par le 2ème épisode, et encore aujourd’hui je n’ai JAMAIS lancé le premier. Mais comme on le disait dans notre podcast consacré au jeu, ça fait partie de ces genres sur lesquels il est difficile de revenir tant les codes et techniques évoluent et que revenir sur un ancien épisode s’avère aride.

LES SUITES QUE J’AI JAMAIS FAITES ALORS QUE J’AI AIMÉ L’ÉPISODE D’AVANT

Tomb_Raider_II_-_1

Comme je le disais, il y a effectivement des jeux que j’ai aimé, sur lesquels j’ai passé énormément de temps, et pourtant je n’ai jamais fait la suite, ou du moins pas dans la foulée. Je ne saurais vous expliquer pourquoi, alors qu’on pourrait se dire que dans ce contexte d’enfance où on n’achète pas tous les jeux qui nous font envie, un gamin serait tenté de se poser sur une valeur sûre. Le fait est qu’aujourd’hui j’ai une culture gaming assez variée, sans doute parce que je ne me suis pas contenté que d’une poignée de licences à essorer dans ma jeunesse, allez savoir. Et pour commencer petit j’aimerais évoquer Tomb Raider 2, très simplement. Et le plus dingue c’est que j’ai eu le troisième épisode. C’est à n’y rien comprendre. On avait le premier épisode sur Sega Saturn, et c’est un jeu que j’appréciais énormément, mais son exigence et sa difficulté ont fait que, enfant, je m’attardais bien souvent dans le manoir des Croft, endroit beaucoup plus safe pour le jeune péon que j’étais. C’est certainement pour ça qu’on ne s’est pas risqué sur un deuxième épisode sorti très vite et qu’on s’est dirigé vers un autre titre/genre/vache/cochons/couvées. De plus, Lara était devenue LA grande icône du médium en un seul jeu, et la sortie médiatique du deuxième épisode était des plus rébarbative.

 

gwp_dmc2_1_3Notons également Devil May Cry 2, et d’après ce que je lis à droite et à gauche, je n’ai pas manqué grand chose. Je me souviens qu’on m’avait prêté le premier épisode en échange d’un autre titre de ma ludo ps2, et je m’étais surpris à adorer ce jeu, tant ce n’est pas un genre que j’affectionne. Mais quand un jeu est bon, nerveux, rythmé, tout ce que tu veux; même quand c’est pas ta came de prime abord, tu te laisses prendre au jeu – c’est le cas de le dire – et ce DMC m’a captivé pendant une bonne semaine. Il m’a fait si forte impression que j’ai dû prendre une pause vidéoludique de quelques semaines après l’avoir bouclé tant les autres sorties me paraissaient molles après cette expérience. Et malgré tout, je ne me suis absolument pas intéressé au deuxième épisode. Je ne pense pas que ça soit à cause des problèmes du jeu à proprement parler, car j’imagine que la visibilité du jeu et l’attente suscitée étaient particulièrement fortes à ce moment-là, mais j’ai pris ce DMC comme une expérience unique, un one shot parfaitement jouissif et qui me suffisait en l’état.

Autre résurgence du fan de Sega endeuillé avec Headhunter Redemption, suite du très bon Headhunter sur DC. J’ai tout simplement boudé ce jeu. Je ne m’y suis pas intéressé. À cette époque j’étais sur GTA San Andreas, Half Life 2 ou MGS3; alors un jeu de milieu de gamme au milieu de titres cultes, c’était évident qu’il allait passer à la trappe. Notons d’ailleurs que le studio Amuze a fermé ses portes l’année d’après et n’aura signé que les deux épisodes d’Headhunter au cours de son existence. Même configuration que pour Tomb Raider avec SONIC 2 que je n’ai jamais eu et jamais fait. En fait les Sonic chez moi c’est à intervalle régulier. J’ai pas eu le 2, j’ai pas eu Sonic & Knuckles, et j’ai pas eu Sonic Adventure 2. J’en fais un sur deux en fait, peut-être pour me donner le temps d’oublier – c’était facile – alors que la jaquette du 2 est à mes yeux la plus classe de toute la trilogie megadrive. J’ai eu le même saut de mouton avec la série DOOM puisque le 2 est le seul que je n’ai jamais pratiqué.

Et puisqu’on est bien chez Sega, autant évoquer Dynamite Cop, ou Dynamite Deka 2, la suite de l’excellent Beat them all « Die Hard Arcade ». Un bta qui a été pour moi et mon frère notre première expérience 3D de ce genre roi de la 2D; une proposition intelligente et vraiment fun à prendre en main. Sa suite semble encore meilleure, et s’intègre parfaitement à l’état d’esprit 100% arcade de la Dreamcast, et pourtant je suis passé totalement à côté, et ce encore aujourd’hui. Une tare que je ne désespère pas de corriger dans un futur proche.

Bien sûr j’aurais pu parler de Deus Ex 2 , StarFox 64 ou Zelda 2, ou tant d’autres qui vous ont certainement marqué, mais soit je ne les ai pas fait, soit j’avais pas vraiment envie d’en parler pour de multiples raisons qui me sont propres et j’estime que chacun a droit à son jardin secret. Tu auras probablement remarqué, toi qui me lis – et je t’en remercie – que cette rétro d’avril était remplie de folles envolées que tu n’as pas toujours comprises. Et bien sache qu’il s’agit d’un texte crypté, et que si tu parviens à casser son code, tu pourras trouver les titres des jeux que nous traiterons jusqu’à la fin de la saison ! À toi de voir ce que tu feras de cette découverte, si tu la garderas jalousement pour toi ou si tu voudras en faire profiter le plus grand monde. En tout cas, bonne chance à toi, ou félicitations, si bien sûr tu viens de craquer un code que j’ai passé une semaine à mettre en place.

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