Auteur : Dopamine

retro_03-2017

Il est des moments dans une vie où il faut parfois faire une pause. Je suis récemment arrivé à l’un de ces moments. Et puis, de la même manière que certaines portes se ferment, d’autres s’ouvrent. Mais tout cela reste toujours en lien avec le rétrogaming et l’histoire du jeu vidéo. Voici une tranche de l’un de ces moments et si vous suivez un tout petit peu mes pérégrinations, vous en aurez deviné le sujet. On va parler musée.

PANNE D’INSPIRATION

Ces derniers mois, j’ai été assez peu inspiré et mon activité s’est réduite concernant la sphère du jeu vidéo. L’arrêt du blog que j’animais sur Rue89 y est sans doute pour beaucoup. Une page s’est tournée. Il est étonnant de voir à quel point les portes se sont fermées dans cette sphère lorsque j’ai mis en pause ces écritures.

Il a fallu reprendre mon souffle, et consacrer aussi beaucoup de temps à ma famille et à mes amis. Mais bien que les jeux vidéo aient toujours fait partie de ma vie et de mes activités, plus d’inspiration. Plus d’envie d’écrire sur le sujet. J’ai continué à suivre l’actualité et à lire des choses (le transhumanisme est à ce titre passionnant) mais tout cela était devenu fade. Il faut dire que j’ai longtemps maintenu une activité très (trop ?) intense sur ce média.

Mais assez d’états d’âme. Il était cependant nécessaire que je revienne sur mon état d’esprit du moment avant de pouvoir développer les propos qui vont suivre.

UN MUSÉE DANS MON JARDIN

C’est un collègue du journal régional pour lequel je pige de temps en temps qui m’a mis au courant du projet qui motive le billet de ce mois. “Un musée du jeu vidéo va s’ouvrir près de Strasbourg”. Il va même s’ouvrir à 500 mètres de chez moi. J’attrape mon appareil photo et je le rejoins pour une séance découverte de locaux qui commencent tout juste à être réhabilités pour accueillir la collection.

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De pièce en pièce, je découvre un espace qui a du caractère, mais qui va demander beaucoup de travail. “On cherche des bras pour nous filer un coup de main” m’annonce Mathieu Bernhardt le régisseur du musée.

C’est ainsi que j’ai commencé un boulot de peintre à recouvrir des couleurs qui devaient dater des années 80, à faire de l’enduit et à poncer des murs. Je me suis transformé en bricolo boy (si vous suivez le blog, vous savez que j’aime bidouiller démonter et réparer) pour fixer des stores, démonter et remonter des bornes de démonstration bref, résoudre des problèmes si je le pouvais. Et des problèmes, il y en a eu des dizaines que les bénévoles ont dû résoudre un par un.

J’ai été halluciné de voir la somme de travail qui avait été abattue par un si petit nombre. Surtout dans la mesure où j’ai conscience que je ne vois que la dernière ligne droite du projet. Comment ne pas y adhérer et apporter toute l’aide possible ? Chacun dans son domaine de compétence a pu apporter des éléments qui ont fait avancer les choses. J’ai appris à connaître des gens passionnés mais qui avaient la tête sur les épaules. Ils ont aussi appris à m’accepter et de cela je ne les remercierai jamais assez.

LE PLAISIR DE TRANSMETTRE

Aussi lors des premières journées d’ouverture j’ai pris un plaisir énorme à les regarder. Les regarder sourire en voyant les réactions du public. Des visages qui s’illuminaient presque timidement, mais avec une spontanéité qui faisait plaisir à voir. Un bonheur modeste, mais d’une franchise indiscutable. Il faut dire que le stress induit par les délais à tenir et la réaction du public était à son paroxysme. Les nuits de sommeil étaient courtes et agitées.

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Lorsque les premières armoires ont commencé à se remplir j’ai découvert des consoles que je connaissais, mais aussi une somme de curiosités incroyables. Et il n’était pas seulement question d’admirer une collection impressionnante par sa taille, mais aussi d’en savoir plus et d’en apprendre plus. J’avais déjà vu passer le nom de la Société Occitane d’Electronique (qui sonne de façon amusante SOE comme feu Sony Online Entertainment :)), mais j’ignore presque tout de ses origines et des gens qui ont conçu ses designs.

J’en ai évidemment appris plus grâce à Jérôme, Charley et les autres, et je vais encore en apprendre, mais on touche ici à une notion qui concerne ce que nous faisons à LaCaz : la transmission. Pas juste celle qui concerne les éléments techniques et historiques du jeu vidéo, mais aussi les émotions que cela génère.

CE N’EST PAS UN MUSÉE !

Étant partie prenante du projet je manque sans doute d’objectivité. C’est pourquoi j’ai été à la fois surpris et sensiblement irrité qu’on puisse nier le statut de musée au Pixel Museum. Après l’ouverture, certains affirmaient que ce n’était qu’une exposition temporaire. De plus, deux figures que j’ai en haute estime (Jean Zeid et Jean François Morisse) semblent être de cet avis.

J’ai donc vérifié tout d’abord la définition que l’on pouvait donner à un musée (en buvant de la tisane). Je suis rapidement tombé sur la première référence que Google met en avant, celle du conseil international des musées.

“Un musée est une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouverte au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation.

Cette définition fait référence dans la communauté internationale.”

Le Pixel Museum est une entité privée, mais sans but lucratif. Elle a déjà investi 1,6 million dans la création du projet. Le prix du billet d’entrée pour un adulte (9€) a surpris les premiers visiteurs. A ce jour, le Pixel Museum ne bénéficie d’aucune subvention directe il faut donc bien que de l’argent entre dans les caisses pour payer les charges et les locaux. Si ces derniers sont mis à disposition pendant la première année, ils ne sont pas gratuits (le bail est prévu sur 10 ans). Vous payez un loyer et le musée devra également le faire ! Ceci dit, après une visite qui dure entre une et deux heures selon le temps passé devant les vitrines ou à jouer, tous les visiteurs ont reconnu que pour une place de cinéma le prix était finalement justifié.

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Je ne doute pas que de nouvelles acquisitions vont venir enrichir la collection qui va sans cesse évoluer. Je ne doute pas non plus que nous allons encore apprendre des choses en faisant des recherches sur les divers modèles qui doivent encore révéler leurs secrets. Évidement, le musée n’est pas parfait et ne peut être totalement exhaustif sur la surface qu’il propose. La partie micro informatique a dû se plier à des choix cornéliens sur certains espaces déjà bien chargés.

Je passe sur les autres paramètres de la définition qui me semblent évidents pour revenir sur une chose qu’on ne retrouve effectivement pas dans les autres musées ; la résurgence de souvenirs.

C’est ici que l’existence d’un tel billet sur les pages de LaCazRetro prend tout son sens. Nous mettons toujours un point d’honneur à vous parler de nos souvenirs, de nos ressentis, de nos expériences lorsque nous parlons de jeux. Chacun possède son contexte et une époque spécifique dans laquelle il est lié. Les sourires des bénévoles qui se sont impliqués prenaient leurs origines dans ces souvenirs.

C’EST UNE MACHINE À SOUVENIRS

Alors finalement peu importe qu’on lui accorde ou non le statut de musée. En ce qui me concerne le choix est clair et en dehors de considérations de taille et de nombre de pièces exposées.

Le Pixel Museum, c’est surtout une machine à souvenirs qui s’articule autour du jeu vidéo. J’ai vu des parents qui venaient uniquement pour leurs enfants et qui s’étaient quand même amusés de revoir un “minitel”. J’ai vu des grands parents qui avaient compris que le jeu vidéo ce n’était pas juste des jeux violents. J’ai vu des collectionneurs qui croyaient l’être et qui se sont définis ensuite comme des “petits joueurs” (ce sont leurs propos). J’ai vu des enfants s’amuser comme des fous sur des bornes d’arcade qu’ils n’auraient jamais vues autrement. Des papas et des mamans trop fières de montrer à leurs enfants quelles consoles ils avaient et de les voir s’amuser dessus.

Sous Sol

Et surtout, j’ai parlé, j’ai écouté, j’ai entendu des choses qui se passent à chaque podcast de LaCaz. Un partage de souvenirs, d’une ambiance, d’une époque. Rien qui soit sclérosé et seulement ancré dans le passé, car le jeu vidéo continue d’évoluer et le Pixel Museum aussi. Le rétrogaming est l’avenir des jeux nextgen. Le Pixel Museum donne justement envie de revenir à ces jeux de dernière génération. Parce qu’on y retrouve nos racines et que ce sont nos racines qui nous permettent de vivre et de grandir.

Cela fait maintenant trois ans que je fais mon pèlerinage annuel pour assister à la Gamescom de Cologne. Trois années où, à chaque fois, je retrouve avec grand plaisir plusieurs dizaines de mètres carrés entièrement consacrés au rétrogaming.

Cet espace s’est peu à peu étoffé au fil des années et l’édition 2013 fut particulièrement intéressante en raison de la présence de véritables bornes d’arcade.

Viens jouer au bistro

Ces bornes,que l’on pouvait trouver soit dans les cafés, soit dans nos salles de jeu dédiées (paix à leur âme) sont aujourd’hui une denrée rare. Ces engins prennent de la place et l’électronique vieilli parfois mal. Il faut donc de grosses structures aussi bien pour les stocker que pour les entretenir.

Pourtant les gens de Cologne ont réussi l’exploit d’en amener non seulement de très anciennes, mais aussi des incontournables de notre Playhistoire. Ainsi pouvait-on jouer sur la borne quatre joueurs de Turtles in Time, expérimenter la 3D d’époque (isométrique) de Q-Bert, ou encore prendre le volant d’un simulateur de conduite. Ceux qui ont déjà essayé d’organiser une manifestation quelle qu’elle soit, savent que cela nécessite un déploiement d’énergie plus que conséquent.

Les bougres ont même ramené un substitut d’un système qui m’avait bien vidé le portefeuille : Daytonna USA à huit avec volant et pédalier pour chaque poste installé ! Certes, c’était sur émulateur et sur PC, mais l’installation était impressionnante !

Pour parfaire cette ambiance bistro, une demi douzaine de flippers étaient également de la partie.

On pouvait donc entendre les « clac » des parties gratuites ou des gagnants de loterie des billards électriques (oui, c’est le nom français des flippers bande de jeunes). Heureusement, il manquait la fumée de cigarette et les poivrots dans les coins.

Viens jouer à la maison

Un peu plus loin on trouvait des tables garnies de bien belles machines autrement appelées catastrophes à touche par les consoleux de l’époque. Une palanquée d’Atari, d’Amstrad et autres Commodore bien alignés sur des tables.

Au niveau du sol, ces gros lourds de joueurs consoles se prélassent sur des poufs (rien à voir avec les babes) et torturent leurs doigts avec des NES, Megadrive, PC Engine ou encore Neo-Geo pour les plus élitistes. Les écrans cathodiques chauffent une ambiance à la fois détendue et passionnée.

On est comme à la maison et entre amis, dommage que je ne puisse pas rester plus longtemps. Je suis certains que les potos de la Caz’ auraient beaucoup de mal à décoller d’ici 😉

Les magazines aussi sont rétro

Un rayon s’est largement étoffé cette année aussi, c’est celui des revues d’époque. Des véritables magazines papier qui ont assassiné des arbres de nos belles forêts pour nous offrir une explosion de couleurs. Ici trônent les Joystick, Joypad et autres équivalents des « Tilt » Teutons.

Cela n’a l’air de rien comme cela, mais commencer à mettre ces magazines en vitrine comme les consoles me rend un tantinet nostalgique. C’est un peu comme si on voulait préserver encore quelque chose qui n’a pas tout à fait disparu. Un peu comme ces jeux Playstation – première du nom – qui sont aussi sur un mur pas trop loin. C’est la génération des « jeunes » rétrogamers qui arrive et qui va nous submerger. Car si nous nous amusons de notre grand âge (presque 40 ans, rendez-vous compte), une horde de « jeunes » formés par la première console de Sony est sur les rangs.

Le temps file vite et c’est aujourd’hui que se prépare le rétrogaming de demain. Rendez-vous l’année prochaine à la Gamescom ?

 

 

Dopamine, c’est le parrain de La Caz’ Retro. Notre premier invité pour l’émission consacrée à Turtle in Time et Hyperstone Heist. Sévissant sur Rue89 et Parallaxe, ce vétéran de MicroKids a accepté notre invitation, non pas pour se charger simplement de la Retro de Novembre, mais pour rejoindre L’Equipe de La Caz’ Retro comme intervenant régulier !! Et oui, sur lacazretro.fr aussi, c’est le Mercato, et Tonton Dopa c’est un peu notre Zlatan de la saison. Le recrutement de Dopamine fait écho à notre volonté de vous proposer un contenu régulier et varié, et ce tout au long de l’année. Les Emplois du Temps des uns et des autres n’étant pas extensibles à volonté, et afin également de combler certains manques concernant de vieux titres, il nous a toujours semblé logique d’étendre l’équipe dans le temps. Rassurez vous, l’arrivée de Dopa’ ne coïncide pas avec le départ d’un d’entre nous, bien au contraire, c’est surtout l’occasion d’étendre le spectre des sujets à aborder. Mais trêve de flagorneries, la parole est à l’intéressé : Dopamine débarque sur La Caz’ Retro, qu’on se le dise ! ~Anfalmyr

Me voici donc investi de l’Edito du mois pour mon arrivée à la Caz’Retro. Vous aurez remarqué que les tauliers ne m’auront pas laissé une seconde pour souffler. Parlons donc un peu de mon débarquement dans les gros pixels et le retro gaming.

Je n’ai jamais eu vraiment de période de désert ludique. Il y a toujours eu plusieurs consoles et ordinateurs à la maison. J’ai eu la chance, très jeune, de pouvoir profiter de presque toutes les machines du marché et d’un grand nombre de jeux. Mais cette période presque « professionnelle » initiée par Micro Kids s’est arrêtée et je suis redevenu un joueur passionné « standard ».

Ceci dit, j’ai toujours gardé un pied dans ce milieu en continuant d’écrire sur le jeu vidéo. Pas toujours sous le même pseudo, souvent sous mon véritable nom, mais toujours avec passion. Et c’est ce qui nous amène à la Caz Retro.

Bien que jouant principalement sur les consoles de dernière génération, je continue à rester très attaché à toute cette histoire vidéoludique. Il était donc presque naturel pour moi de rejoindre la joyeuse équipe de la Caz qui a eu la gentillesse de m’inviter.

Deux raisons principales me poussent à me plonger régulièrement dans le retrogaming

L’Histoire du jeu vidéo est jeune et j’ai eu l’énorme chance d’en connaître les presque débuts. A l’époque, tout était à inventer et énormément de principes ludiques ont émergé. La limitation des capacités techniques obligeaient les concepteurs à trouver des principes orignaux pour intéresser les joueurs. De Pong à Pole Position, de Karaté à Street Fighter, de Snoopy à Wing Commander, les genres se sont modelés et le média a commencé à se structurer. Le jeu vidéo est en révolution depuis ses débuts et si le sujet du jour est à la dématérialisation des jeux, aussi bien que des consoles, l’évolution est toujours aussi fulgurante par rapport aux autres biens de divertissement.

Retourner visiter cette histoire peut donc nous permettre de mettre tous ces jeux en perspective avec ce que nous voyons aujourd’hui. Prendre appui sur un mur dans Assassins Creed est-ce si différent que dans Kung Fun Kid sur Master System ? Kung Fu Kid fut l’un des premiers, si ce n’est le premier, à proposer cette nouveauté de Gameplay. La finalité étant toujours d’atteindre une plateforme inaccessible autrement ou de toucher un adversaire coriace…

 

La passion reste un dénominateur commun à toute cette aventure. Car si la forme change, le fond n’est-il pas le même ? Passé le « wahou effect », on se concentre sur une histoire, un gameplay et on va vivre son jeu pleinement. Evidemment  les moyens techniques actuels nous permettent de nous plonger plus facilement dans des univers qui nécessitent en conséquence des moyens bien plus lourds. Un peu comme la couleur qui, en transcendant le cinéma, lui a en même temps fait perdre un certain charme.

Mais je ne boude pas mon plaisir car discuter et échanger sur ces jeux, qu’ils soient récents ou passés nous permet de mettre en lumière un élément qui manque peut être un peu plus aujourd’hui qu’hier ; la convivialité. La convivialité de se retrouver autour d’une télé et de jouer au même jeu. Ces moments de coopération où l’un aura forcément une idée que l’autre aura oubliée. Ces moments où le pote à ma gauche va me chambrer parce que j’aurai pensé à un truc débile. Cet autre moment encore où je vais enfin réussir à battre un partenaire réputé invincible sur un jeu de versus fighting.

 

C’est pour cela que je suis heureux de rejoindre l’équipe de La Caz Retro, en espérant pouvoir vous offrir un peu de ces moments de convivialité et d’échanges sympathiques autour de notre passion commune.

 

Rendez-vous à très bientôt !

 

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