Énigme Episode #17

Afin de vous faire patienter tranquillement jusqu’au 04 septembre, date de la dix-septième émission de La Caz’ Retro, je vous propose de faire marcher vos petites méninges sur une image énigme, teasing, whatever.. qui pourrait vous donner un indice sur le thème dont on va parler la semaine prochaine !

 

 

A Mardi pour la première émission de la Saison 02 ! 

 

Nolife Story : mes impressions

5 mai 2012 à Paris, au cinéma Max Linder, 500 personnes assistent à l’avant-première du cinquième épisode de la série culte France Five, attendu depuis plusieurs années. Deux semaines plus tard, le 19 mai 2012 un millier de spectateurs se presse au palais des Congrès d’Issy-les-Moulineaux pour célébrer dans un spectacle de plus de trois heures les cinq ans de la chaîne Nolife. Aux origines de ces deux événements, deux hommes : Sébastien Ruchet et Alex Pilot. Si se lancer dans la réalisation d’une série rendant hommage aux sentaî de notre enfance (série live japonaise comme X-Or ou Bioman pour citer les plus connues) était déjà un pari pour le moins original, enchaîner sur la création d’une chaîne de télé dédiée aux geeks et à la culture japonaise relevait du rêve de doux dingues. Pourtant, malgré les difficultés énormes, l’inexpérience, la malchance, mais grâce au travail hallucinant d’obstination d’une équipe de passionnés, Nolife a traversé bien des périls pour se hisser aujourd’hui comme emblème de bien des geeks et otakus de France et de Navarre. Au travers de son ouvrage « Nolife Story », Florent Gorges, qui parallèlement à sa biographie de Yoshihisa Kishimoto (dont vous pouvez retrouver un excellent article par ici) semble avoir découvert le moyen de mettre trente-six heures dans une journée, nous permet de revenir sur les grands moments et les petites anecdotes de cette aventure télévisuelle, mais surtout, incroyablement humaine.

Tout d’abord, si vous êtes en train de lire ces lignes, trois cas de figure se présentent :

  1. Vous ne connaissez pas Nolife, bien que cela vous dise peut-être vaguement quelque chose. Dans ce cas, restez avec moi, je m’en vais vous présenter rapidement cette formidable petite chaîne.

  2. Vous connaissez déjà Nolife, et même plutôt bien. Dans ce cas, comme je sais que vous êtes des gens très occupés, je vous fais grâce de la lecture de la première partie de cet article et vous retrouve donc à la suivante. En attendant que je finisse la visite avec les noobs du 1), je vous invite à patienter en sirotant un soda bien frais ou un café et, pourquoi pas, en visionnant une ou deux des vidéos gratuitement mises en ligne sur Nolife Online.

  3. Vous adorez mes articles et n’en loupez un sous aucun prétexte … Comme vous y allez, vous me gênez ! Je vous en prie ! Non ! Vous d’abord… Mais enfin ! Excusez-moi, veuillez me lâcher la jambe, j’ai un texte à écrire.

 

Bon, Nolife, c’est quoi ?

C’est une chaîne émettant depuis juin 2007 sur les réseaux de télévision ADSL (d’abord celui de Free, puis rapidement la plupart des autres box du marché) et ayant pour principales thématiques le jeu vidéo et la culture japonaise.

Si le premier a déjà droit à de petites fenêtres irrégulières sur nos télévisions, il est indéniable que son traitement général est indigne de la place qu’occupe ce loisir de nos jours. Quant au second, son exposition est pour ainsi dire inexistante dans nos médias, en dépit de la fascination que le pays du Soleil Levant exerce sur notre jeunesse depuis plus de vingt ans, prenant ainsi la place que les États-Unis ont longtemps occupée en tant que « pays qui fait rêver ». Nolife affiche donc dès le départ la volonté de faire découvrir le Japon loin des clichés habituellement véhiculés (l’expression « entre tradition et modernité » est totalement proscrite) et de traiter le jeu vidéo aussi sérieusement qu’on pourrait le faire pour le cinéma, la musique etc.

Sur le papier, ces intentions louables font diablement envie, mais qu’en est-il une fois affichées à l’écran ?

L’une des premières publicités pour la chaîne et déjà, le ton est donné.

Autant prévenir le néophyte que vous êtes peut-être : le premier contact avec Nolife est souvent un peu rude. Peut-être tomberez-vous sur un de ces clips où de jeunes japonaises de quatorze ans entonnent leur pop acidulée dans des ambiances dignes d’un trip de bisounours sous LSD (les fameuses idols) ? Ou bien aurez-vous la chance de découvrir une de leurs émissions présentées par des animateurs « moches » (ça n’est pas moi qui le dit, c’est eux), qui lisent leurs notes devant la caméra ou improvisent joyeusement ? Mais ne vous arrêtez surtout pas à cette première sensation car vous risqueriez de passer à côté de quelque chose de vraiment intéressant.

Tout d’abord, l’amateurisme apparent de la chaîne n’est qu’une émanation volontaire du ton désiré par S. Ruchet et A. Pilot pour leur bébé, à savoir « ne pas faire télé ». Casser, se jouer des codes habituels de la télévision. Ce que votre serviteur traduit volontiers par un vulgaire mais très explicite « ne pas prendre le téléspectateur pour un con ». Certes, les animateurs n’ont pas le sourire ultra-bright, les émissions semblent être réalisées avec trois bouts de ficelle, mais bon sang ! Que le résultat est impressionnant de professionnalisme en dépit de ces limitations et surtout, tous les intervenants maîtrisent leurs sujets ! Une qualité bien trop rare à mon goût ces derniers temps à la télévision. À part peut-être dans les émissions de télé-réalité où les gens rivalisent d’ingéniosité pour élever la bêtise et l’humiliation aux rangs d’arts … Mais je m’égare !

Pour vous donner un exemple, ailleurs, là où la présentation jeu vidéo n’a généralement droit qu’à une pastille de trois minutes (avec cette habitude super désagréable de couvrir la bande-son du jeu par de la soupe Rap/R’n’B/Rock FM « tu comprends, il faut attirer le d’jeuns coco ! »), Nolife n’hésite pas à dépasser régulièrement les dix minutes pour une critique. Voire bien plus pour les gros titres. Et là encore, le ton employé se veut délicieusement décalé, irrévérencieux, mais toujours extrêmement rigoureux et informatif.

Autre qualité : la transparence voulue par la chaîne. Celle-ci se traduit par un soucis constant d’information quant aux coulisses des émissions ou des divers incidents qui jalonnent sa jeune histoire. Il n’est donc pas rare de voir les animateurs, mais aussi les techniciens ou stagiaires, apparaître à l’écran pour expliquer le fonctionnement de la chaîne, le « pourquoi du comment » du retard de telle ou telle émission.

Néanmoins, les haters reprochent souvent à Nolife la supposée trop grande place faite à la musique japonaise sur l’antenne. Tout d’abord, c’est oublier que Nolife est avant tout aux yeux du CSA une chaîne musicale et est donc dans l’obligation d’ouvrir une partie de son antenne à la musique à des horaires fixes. Celui qui veut voir du jeu vidéo sait à quelle heure il doit allumer son poste. C’est aussi faire preuve de bien de mauvaise foi tant Nolife a préféré ne pas s’engager dans la tranchée mille fois creusée par nombres d’autres chaînes musicales (diffusant toutes la même douzaine de clips faits au choix de R’n’B de supermarché ou de variété qui n’a de variée que le nom) en laissant la place aux indépendants, ces artistes qui ne jouissent pas de l’exposition d’une major, mais aussi évidemment à la musique japonaise. D’ailleurs, il est complètement idiot de résumer la scène musicale japonaise aux exemples régulièrement cités par les critiques de la chaîne tant le Japon se révèle être extrêmement riche en courants musicaux. Rock, rap, chanson … Il y en a tout simplement pour tous les goûts et certains artistes nippons se montrent certainement bien plus inspirés et audacieux que bon nombre des « stars » occidentales. Allez, comme je me sens d’humeur partageuse, je vous donne quelques-uns de mes coups de cœurs découverts grâce à Nolife : Kokia, One Ok Rock, Kishidan, Polysics …

Mais Nolife, c’est aussi un accouchement dans la douleur, plusieurs années de vaches maigres, une mort programmée plusieurs fois évitée de justesse.

Si, en 2007, la chaîne dispose d’une mise de départ ridicule comparée aux géants de la télévision, ses papas espèrent la financer à partir de la publicité. Problème, pour qu’il y ait réclame, il faut qu’il y ait audience. Hors, si au bout de quelques mois, Nolife jouit d’une belle réputation dans les milieux geeks, impossible de connaître le nombre de téléspectateurs réguliers car Médiamétrie (l’organisme chargé de mesurer les audiences en France) n’effectue pas de mesure sur les réseaux ADSL. A ce titre, l’histoire de la chaîne n’a rien à envier à bien des tragédies tant le serpent de mer que représente la question des audiences a le chic pour pointer son nez à chaque fois que la santé de la chaîne semble s’améliorer.

Si la société Ankama a pu temporairement sauver la mise à la petite chaîne, cette dernière a aussi pu souffler sa cinquième bougie grâce à ses téléspectateurs. A l’été 2009, voyant que la chaîne risque de ne pas pouvoir faire sa rentrée, l’équipe décide de faire un pari très audacieux en lançant sur son site Nolife-Online. Ce système permet d’avoir accès à toutes les émissions de la chaîne depuis sa création (et il y en a déjà un sacré paquet à l’époque et encore plus aujourd’hui) monnayant une petite somme, ou un abonnement, suivant la formule désirée. Là où le pari est gonflé, c’est qu’il est décidé que Nolife restera tout de même gratuite sur les réseaux ADSL. « Mais alors ? » vous demandez-vous. « Qui irait payer pour visionner sur son ordinateur ce qu’il peut déjà voir gratuitement sur son téléviseur ? » Et bien plus de monde que vous ne pouvez le penser figurez-vous ! En effet, beaucoup de téléspectateurs de Nolife ont décidé de soutenir leur chaîne préférée en faisant chacun un geste à la hauteur de leurs moyens. Certes, bien que les abonnements se soient montrés souvent irréguliers, insuffisants, et s’ils n’ont pas à eux seuls permis à Nolife de poursuivre son chemin sereinement, ils lui ont servi de bouée de sauvetage en attendant que la publicité arrive enfin. Cette vague de soutien a surtout eu (et a toujours d’ailleurs) le mérite d’exposer la formidable communauté que constitue les spectateurs fidèles de Nolife.

Un des grands moments de la soirée anniversaire des cinq ans : la présence de Yamaoka san. Le musicien connaît bien l’équipe de Nolife pour avoir déjà composé pas mal de jingles ou de génériques.

Aujourd’hui, si tout n’est pas encore tout rose, les mesures d’audience ont enfin commencé. Le staff de Nolife a pu découvrir des chiffres particulièrement encourageants et prometteurs, et a pu décrocher ses premiers contrats publicitaires synonymes de rentrée d’argent. Durant tout ce temps, malgré les difficultés financières et les doutes qui ont assaillis la jeune chaîne depuis sa création, jamais l’inventivité n’a été en berne. Les fidèles vous le diront : en dépit de moyens très limités (et c’est peu de le dire), jamais les équipes de S. Ruchet et A. Pilot n’ont cessé de proposer de nouveaux programmes, qui plus est originaux et diablement intéressants par rapport à la concurrence. On se prend donc à rêver de ce dont ils peuvent être capables avec plus de moyens

Pour résumer, on pourrait écrire que Nolife dispense des programmes à l’intelligence inversement proportionnelle à ses moyens. En espérant que ce dernier soucis soit définitivement réglé dans un avenir très proche.

 

 

 

Nolife Story ou les coulisses de la chaîne

Maintenant que les présentations sont faites, nous pouvons revenir au sujet principal de cet article. Que raconte Nolife Story ? Comme son titre l’indique, l’ouvrage de F. Gorges revient sur l’histoire de Nolife.

« Non sans déconner ? T’as trouvé ça tout seul ? »

Sébastion Ruchet, un « Red Fromage » particulièrement ému à soirée des cinq ans.

Hem … Évidemment, s’il est question des cinq premières années de « la petite chaîne qui monte », sa gestation et les histoires personnelles de ses deux principaux initiateurs sont certainement les points les plus pertinents du livre. Loin de moi l’envie de faire croire que la chronique de la période 2007-2012 ne soit pas intéressante. Pas du tout ! Mais les téléspectateurs fidèles (dont je fais partie) et encore plus les membres de son forum connaissent déjà sur le bout des doigts les péripéties par lesquelles la petite équipe a du passer. Par le biais d’émissions comme Debug Mode (la rubrique making of de la chaîne) ou le Point sur Nolife (pastille destinée à informer les téléspectateurs sur la santé de la chaîne).

Avant d’aborder le cas de Nolife, F. Gorges a tenu logiquement à se pencher d’abord sur les histoires de S. Ruchet et A. Pilot. Ne comptez pas sur moi pour vous en faire un résumé, vous n’avez qu’à acheter le livre ! Mais, comme c’est souvent le cas dans nombre de success story (non, non, cette expression n’est pas exagérée ici), on retrouve dans leurs jeunes années le ferment qui donnera naissance à la chaîne bien des années plus tard : le jeu vidéo évidemment ; les manga et animes qu’ils découvrent par le biais des boutiques d’import ; les conventions où les passionnés se rendent, font connaissance, gardent contact … A ce titre, on s’aperçoit que, déjà à l’époque, gravite autour des deux personnages un petit noyau de personnes qui les rejoindront aussi dans l’aventure Nolife.

Alex Pilot, à Japan Expo

Sans trop en dévoiler, la jeunesse d’Alex Pilot devrait résonner en pas mal de fans de manga et d’animes tant il était difficile d’assumer dans les années 80/90s cette passion. Son passage à Game One apparaît également comme extrêmement difficile pour le jeune homme timide qu’il est. Bosseur, imaginatif, si son intégration dans l’équipe de la première chaîne jeu vidéo de France est compliquée, force est de constater que son travail est déjà reconnu. Et défendu par « son parrain en télé », Patrick Giordiano (aka Matt Murdock de Player One, Télévisator 2 …). Ce dernier se place comme l’éminence grise, le référent, celui qui encourage les deux hommes dans leurs projets sans leur cacher les embûches qu’ils vont rencontrer en chemin.

Évidemment, sont aussi évoqués les épisodes Bitoman, la première série d’Alex ; Pocket Shamui, la société de production de reportages créée par Alex et Seb ; sans oublier France Five.

Mais revenons-en à Nolife. Si la chaîne est apparue sur le réseau Free le 1er juin 2007, l’idée de celle-ci a émergé dans les esprits dès la fin 2006. Après avoir zappé sur les dizaines de chaînes que propose Free (essayez, on tombe parfois sur des trucs hallucinants), les deux compères s’informent et se rendent compte qu’il semble relativement facile de créer une petite chaîne (on verra par la suite qu’en fait, non). Tout va alors très vite : les prises de contact avec les instances, les amis et/ou personnes rencontrées lors de conventions susceptibles d’être intéressés par les thématiques de la future chaîne et de proposer du contenu.

A commencer par le nerf de la guerre : l’argent.

Car, aussi passionnés qu’ils puissent être, il leur faut réunir une mise de départ afin de pouvoir concrétiser leur rêve. Et c’est là qu’on s’aperçoit que Nolife, c’est aussi une formidable histoire d’amitié car S. Ruchet et A. Pilot ont pu compter sur leur entourage afin de récolter la somme nécessaire au financement de leur projet et permettre le lancement de la chaîne en mars 2007. « Attends là, on n’a pas dit au début que la chaîne avait commencé à émettre en juin 2007 ? » Et voilà que Nolife n’existe pas encore que déjà les déconvenues commencent … Suite à des malentendus, des coups de fil dans le vent et aussi, Alex et Seb le reconnaissent volontiers, à pas mal d’inexpérience et de naïveté, l’équipe va attendre pendant trois mois l’autorisation d’émettre. Et lorsque Nolife arrive enfin, ses économies sont déjà presque à sec. En clair, si personne ne remet la main à la poche, la chaîne sera morte née. Et voilà que les mêmes copains se dévouent.

N’y voyez aucune mauvaise intention de ma part, mais si on parle souvent de Nolife comme le résultat du travail acharné de gens passionnés qui ne comptent pas leurs heures, il faut quand même reconnaître que, dans leur malheur, S. Ruchet et A. Pilot ont eu la « chance » d’être entourés de personnes et d’amis suffisamment motivés pour sacrifier une partie de leurs économies dans un projet sur lequel beaucoup n’auraient pas misé un kopeck. A ce titre, la question de l’argent est régulièrement abordée tout au long du livre, sans tabou. Salaires, stagiaires, coûts de productions… Sans en faire des tartines, S. Ruchet et A. Pilot apparaissent comme réellement préoccupés par ce point, pour la survie de la chaîne évidemment, mais surtout pour une juste rémunération de leurs employés, à hauteur du travail phénoménal accompli depuis tout ce temps.

Mais Nolife Story ne donne pas la parole qu’à Seb et Alex, mais aussi à plusieurs intervenants réguliers de Nolife : Davy, Medoc, Thierry Falcoz, Julien Pirou … Impossible de tous les citer mais F. Gorges a tenu à recueillir les témoignages de ceux qui participent à l’aventure depuis le début ou l’ont rejointe en cours de route. Bien que trop rares à mon goût, ces commentaires permettent de voir le fonctionnement de la chaîne selon d’autres points de vue. C’est aussi l’occasion d’anecdotes savoureuses sur « l’intimité » de l’équipe. Votre serviteur n’a pu s’empêcher d’éclater de rire en découvrant la méthode employée par Davy Mourier pour décoincer son stagiaire d’alors chez les éditions Kaze, à savoir Julien Pirou. L’ouvrage se conclue d’ailleurs sur une table ronde durant laquelle sont évoquées les galères passées, mais aussi les envies, les perspectives, les espoirs.


« Ce que le public te reproche, cultive-le, c’est toi .» C’est par cette citation de Jean Cocteau que s’ouvre le premier chapitre de Nolife Story. On ne pourrait pas mieux résumer le leitmotiv des gens qui font tous les jours cette chaîne. Sans se soucier du « qu’en dira-t-on ? », l’équipe trace sa voie et est en marge de réussir son pari de rendre viable une chaîne au contenu exigeant, voire segmentant, sans céder aux diktat de l’industrie télévisuelle. Dans un esprit nekketsu très proche de sa biographie de Yoshihisa Kishimoto, l’ouvrage de Florent Gorges retrace avec minutie et force d’anecdotes les hauts et les bas qui jalonnent l’histoire de la jeune chaîne. Si le fan connaît déjà les grands et les petits épisodes de Nolife, il est certain qu’il trouvera plaisir et émotions à les revivre en parcourant le livre. Quant à ceux qui ont découvert la chaîne récemment et qui ne peuvent déjà plus en décoller, je ne peux que vous conseiller de vous procurer Nolife Story et, évidemment, de vous abonner à Nolife Online pour découvrir les débuts de vos émissions et animateurs favoris. « Il n’y a pas que la vraie vie dans la vie » dit le slogan de la chaîne. Non, il y a la passion aussi.

Biographie de Kishimoto Yoshihisa : mes impressions

« Pour commencer, je vais vous lancer un petit défi : vous avez trente secondes pour me donner un maximum de noms de développeurs de jeux vidéo. Hum, on ne triche pas sur son voisin au fond, je vous surveille ! Allez, encore quelques secondes … 5, 4, 3, 2, 1 ! Arrêtez d’écrire, je ramasse vos copies. Jetons-y un premier coup d’œil. Déjà, je m’aperçois que vous êtes tous capables de me citer au moins cinq noms. Oh, il y en a même qui m’en ont mis, attendez que je compte, dix, oui dix noms en trente secondes. Bravo ! Alors qui m’avez-vous cité ? Miyamoto, mouais, classique ! Suzuki, bien vu ! Chahi, oui, aussi ! Steve Jobs ? Non, lui il n’a pas fait de jeu vidéo. La Pippin ? ça ne compte pas et puis ça n’était pas de sa faute de toute façon. Bon, en survolant vos copies, ce dont je m’aperçois, c’est que les mêmes noms reviennent souvent. En un sens, c’est bien, ça prouve que vous connaissez votre leçon, mais ça manque quand même un peu d’originalité tout ça ! Vous n’allez quand même pas me dire que vous ne pratiquez que les jeux des ces gens !
Comment ? Qu’est-ce que j’entends ? « Pourquoi serait-on obligé de connaître le nom des gens qui ont fait le jeu auquel on joue ? On s’en fout ! »
Attention ! Surveillez votre vocabulaire, vous ! Et laissez-moi vous donner un exemple : quand vous allez au cinéma ou regardez un film, généralement, vous connaissez le nom du réalisateur et de quelques comédiens ? Oui, évidemment ! Et pourtant on s’en fout aussi. Oh, ne faites pas le malin, moi je suis le prof, j’ai le droit d’employer ces mots. Qu’est-ce que vous dites ? Que le fait de connaître le nom du réalisateur, ou les acteurs, c’est déjà un indice si le film va être bon ou non ! Oui, très bien, en fait on ne s’en fout pas du tout. Et puis il y a les grands classiques. On connaît forcément les noms des gens qui ont réalisé les monuments du cinéma. Et pour le jeu vidéo, c’est la même chose. Hein ?
« Non, pas encore ! » vous dites. En effet ! On a tous passé énormément de temps sur de grands jeux sans savoir qui se cachait derrière. Il serait peut-être temps de corriger le tir vous ne pensez pas ? »


Redevenons sérieux. Derrière les arbres que sont les Miyamoto, Kojima et autres Molyneux, se cache une immense forêt de développeurs tout aussi talentueux mais quasiment anonymes. Ces derniers n’ont pas eu la chance d’avoir le charisme ou le bagou des pré-cités, ou tout simplement, d’exercer dans des entreprises reconnaissantes au point de les mettre en avant pour récolter une partie du succès de leurs titres. Les éditions Pix’n Love continuent donc de défricher le passé du jeu vidéo en rendant hommage aux créateurs des grands softs qui ont fait l’histoire de cet encore jeune média. Et autant dire, qu’en rencontrant le géniteur de Double Dragon, le désormais incontournable Florent Gorges s’est attaqué à un mythe vidéoludique.


Un héros de manga

A la lecture de la biographie de Yoshihisa Kishimoto (car c’est de lui dont il s’agit), on est saisi par le romanesque de son parcours. Sachez que, en découvrant les jeunes années du bonhomme, j’ai très souvent pensé à « un collège fou fou fou » (si vous ne connaissez pas ce dessin-animé tiré d’un manga, honte à vous). J’exagère un peu, mais à peine !
Froissant joyeusement les images lisses et policées que la culture geek renvoie souvent des développeurs (à savoir, en vrac, enfant solitaire, rêveur, adolescent introverti, travailleur forcené ou passionné, surdoué de la programmation etc), le parcours de Kishimoto, et plus particulièrement sa jeunesse, n’a rien a envier au scénario d’un manga. Si on démarre en terrain balisé avec un enfant timide, on va rapidement suivre les péripéties d’un sympathique garnement, bagarreur, cancre, chef de bande, voyou qui déploie des talents d’ingéniosité quand il s’agit d’épater la galerie. A ce titre, l’épisode de sa candidature à l’élection de délégué de son collège est vraiment savoureux.

Alors oui, si à l’aune de l’âge adulte, Kishimoto a tout du délinquant, il n’en respecte pas moins un certain code d’honneur qui le cantonne aux grosses bêtises, et non aux vrais délits.
Il n’est jamais question de vol, ou de trafic de drogue. On n’en est plutôt au lycéen qui sèche les cours pour aller se faire quelques parties de jeux d’arcade avec ses amis dans des bars pourtant interdits aux mineurs, ou qui règle un différent avec un autre élève « d’homme à homme » si vous voyez ce que je veux dire. Au pire fait-il partie d’une bande qui sème le désordre dans les rues aux guidons de motos sans permis (eux, pas les motos). Cherchant simplement à prendre du bon temps tant qu’il le peut encore, il sait pertinemment qu’une fois le lycée derrière lui, il lui faudra vraiment se mettre au travail.
A ce titre, les différents chapitres relatant l’adolescence de Kishimoto sont riches en détails intéressants sur le fonctionnement de la société japonaise à l’égard de sa jeunesse venant éclaircir bien des phénomènes souvent repris et popularisés dans les mangas mais difficilement compréhensibles pour les occidentaux que nous sommes.
Toutefois, aussi amusante que puisse paraître sa jeunesse, cet épanouissement dans la délinquance ne s’est pas fait sans effort sur lui-même. Bouleversé dans son enfance par la découverte de Bruce Lee qui devient dès lors son modèle et sa référence future constante pour un grand nombre de ses projets, le jeune Yoshihisa va, en sus, faire du nekketsu un leitmotiv.
Les fans de mangas connaissent déjà ce terme, qu’on peut traduire par l’état d’esprit qui pousse au dépassement de soi pour surmonter une difficulté. Ma Mémé Galette dirait que « c’est comme quand tu réussis à finir toute ton assiette d’épinards alors que tu n’aimes pas ça », mais les gens raffinés et de bon goût que vous êtes préférerons certainement l’image d’un Mark Landers s’entraînant à frapper un ballon dans la mer pour rendre ses tirs plus puissants. Oui, je sais, cet exemple pue la classe !

Cette philosophie nekketsu, le jeune Yoshihisa va tant s’en imprégner que ses œuvres futures, tout du moins les plus connues, seront fortement inspirées de son parcours personnel.

À ce stade. avec un bagage scolaire particulièrement mince et une réputation de voyou, il est difficile d’imaginer comment celui qui veut encore un peu naïvement devenir réalisateur dans le cinéma va se retrouver aux commandes de titres aussi révolutionnaires que Thunder Storm, Road Blaster (tous deux sur supports laserdisc) ou Double Dragon.


Ascension d’un glandeur ?

Aussi connu sous le nom « Cobra Command », Thunderstorm vous met aux commandes d’un hélicoptère de combat

Tout d’abord, de son passé de délinquant, Kishimoto garde un certain culot qui va lui permettre de prendre les rênes de projets importants moins pour ses compétences que pour ses passions. Ainsi lors de ses débuts chez Data East, la société voulant surfer sur le succès des fameux laserdiscs (LD) dont le porte étendard est alors le célèbre Dragon’s Lair, le responsable de la branche LD confie à Kishimoto le poste de réalisateur de leur premier dessin-animé intéractif pour la raison suivante : lors d’une réunion, à la question « qui s’y connaît un peu en cinéma ? », le jeune homme fut le seul à se manifester. Évidemment, malgré sa passion pour le cinéma et sa grande connaissance des films de Bruce Lee, ses connaissances techniques du septième art étaient plus que limitées. Mais, s’il n’a pas le savoir, le jeune employé a pour lui une volonté indéfectible et une exceptionnelle ingéniosité qui vont le pousser à travailler d’arrache-pied pour acquérir les compétences nécessaires à la conduite de ce qui est alors un des plus gros projet de jeu vidéo au monde. Et ces deux qualités vont marquer au fer rouge l’ensemble de sa carrière. Ainsi signe-t-il avec son équipe deux fleurons du jeu sur support LD : Thunder Storm et, suite au succès de ce dernier, Road Blaster.

Aussi connu sous le nom « Road Avenger », il est cette fois question de piloter une voiture

Mais cela n’est qu’un début. Si ces premiers succès lorgnent encore outrageusement du côté du cinéma, le jeune homme va, par la suite, définitivement s’approprier les codes du jeu vidéo pour mieux les révolutionner en révélant de véritables talents de game designer, par l’observation du monde qui l’entoure et, surtout, en puisant abondamment dans son vécu.

Passé chez Technos Japan et encouragé par son président, Yoshihisa Kishimoto a à cœur de rompre avec l’hégémonie du shoot’em up dans les salles d’arcade en proposant aux joueurs de se décharger du stress accumulé dans une journée de travail en se défoulant virtuellement sur des personnes virtuelles dans des univers proches de la réalité de tous les jours (gare, rue, bar …) plutôt que sur des extra-terrestres fantasmés et de toute façon, irréels. Le jeu vidéo comme une catharsis aux frustrations du quotidien en soi !

C’est ainsi que va naître Nekketsu Kôha Kunio Kun (Renegade en occident), jeu de baston inspiré des bagarres de ces années lycée et première pierre d’un genre que l’on appellera bientôt beat’em up. On tient aussi là ce qui est certainement le premier jeu autobiographique tant l’histoire, les personnages, mais également les moindres détails graphiques renvoient à la réalité des bandes de voyous japonais. Pour l’exemple, dans le jeu original (c’est-à-dire dans sa version japonaise), les poignées des cartables de certains personnages sont blanches. Ce choix ne doit rien au hasard et je vous laisse chercher sa signification …

C’est aussi et surtout la naissance d’un héros adulé au Japon. Kunio Kun, c’est un peu comme Martine chez nous. On a Martine à la Plage, Martine fait du ski, Martine fait le mur pour aller en boîte … Les Japonais ont eu droit à Kunio Kun joue à balle aux prisonniers (Nekketsu Kôha Dodge Ball) ou à Kunio Kun joue au foot (Nekketsu Kôkô Dodge Ball Bu Soccer Hen plus connu chez nous sous la forme du génial Nintendo World Cup sur Nes) et bien d’autres softs tout aussi délirants parsemés durant les ères 8 et 16 bits.

Cependant, perfectionniste et bouillonnant d’idées ingénieuses, Kishimoto va tirer des imperfections de Nekketsu Kôha Kunio Kun les bases de son prochain jeu, suite spirituelle, appelé à devenir LA référence du genre beat’em up : Double Dragon.


Un génie oublié !

Inutile de s’étendre sur la franchise vedette de Technos Japan. Non que son histoire ne soit pas intéressante, bien au contraire : le livre de Florent Gorges regorge d’anecdotes sur le développement des aventures des frères Lee et leurs suites. Anecdotes dont tout fan de jeux vidéo et de rétrogaming ne peut que se délecter. Mais, si Yoshihisa Kishimoto n’est malheureusement pas connu à la hauteur de sa contribution au monde vidéoludique, c’est qu’on devine les aléas de sa carrière chez Technos : un jeu qui fait un tabac ; un suivant qui enfonce le clou et une entreprise qui, grisée par la réussite, se fourvoie dans des suites allant de l’excellent (Double Dragon 2) au médiocre (Double Dragon 3), finissant par tuer la poule aux œufs d’or, pendant que la concurrence copie et magnifie le concept original : c’est à ce moment que vous devez tous penser en chœur au Final Fight de Capcom. Mal gérée, incapable de se doter d’un véritable pôle de recherche et développement au grand dam de Kishimoto, Technos Japon finit par lasser le public et met la clé sous la porte.

Exigeant envers lui-même et extrêmement inventif, Kishimoto a toujours préféré l’innovation, la nouveauté au recyclage, à la facilité d’une séquelle. Lassé de voir que ses meilleures idées sont étouffées ou sacrifiées sur l’autel de la rentabilité au profit d’un énième essorage de ses deux principaux succès, le père du beat’em up a déjà quitté le navire avant le naufrage. Et aussi le devant de la scène bien malgré lui.

Néanmoins, cela ne signifie pas qu’il a quitté le monde du développement. Et comme le souligne fort justement Florent Gorges, la période qui s’ouvre alors pour le game designer, synonyme de traversée du désert vu d’occident, va le voir s’épanouir dans des projets très divers, innovants, voire avant-gardistes, en dépit de succès discrets et d’échecs injustes.

Évoquant par son inventivité et son sens du détail Gunpei Yokoi (mais à une échelle moindre), Kishimoto n’a toutefois jamais eu la chance d’œuvrer pour des entreprises aussi performantes et solides que Nintendo. Dans la dernière partie de sa biographie, on est souvent touché par la capacité du personnage à continuer d’aller de l’avant, à sans cesse imaginer de nouvelles inovations en dépit du mauvais sort qui semble s’acharner sur certaines de ses productions : patron qui ne croit pas à son projet ; entreprise qui dépose le bilan en plein développement… Ce genre de contrariétés, Yoshihisa Kishimoto les a essuyées plutôt deux fois qu’une tout au long de sa carrière.

Et ce n’est pas faute de s’être montré visionnaire plus d’une fois ! Quelques exemples.

Alors que la folie des laserdiscs commençait à s’essouffler, le jeune homme réfléchissait déjà à un jeu de moto utilisant des caméras pour détecter les mouvements du joueur. On est en 1986. Sauf que les dessin-animés interactifs étant en train de passer de mode, Technos ne juge pas utile d’engager des frais pour ça. Circulez, y’a rien à voir !
Qui sait ? Peut-être que si Kishimoto avait pu aller au bout de son projet, aurions-nous aujourd’hui la possibilité de jouer à des jeux détectant les mouvements. Comment ? Vous me dites que c’est déjà le cas avec la Wii, le PS Move et Kinect ! Allons, allons, nous sommes un site sérieux ici, allez donc raconter vos bêtises ailleurs !

Au début des années 2000, Steve Jobs n’a certainement pas encore en tête l’idée de l’iPad que Kishimoto développe déjà pour le compte d’une entreprise des tablettes tactiles destinées aux hôtels, restaurants ou bars japonais pour que les clients puissent s’amuser sur de petits jeux. Ça ne vous fait penser à rien ? Allé, un petit effort ! Aujourd’hui, on appelle ça des casual games.

Les exemples de ce genre sont nombreux dans la biographie de Yoshihisa Kishimoto. Saisissants et désespérants tant on constate que l’homme a joué de malchance en voyant ses projets annulés ou bien échouer car en avance sur leur temps. Mais en dépit de ces échecs, le créateur fait preuve d’un certain humour dans ses témoignages et relativise ces expériences en refusant de se laisser abattre.
Je ne résiste pas au passage à vous donner un dernier exemple d’une de ses réalisations méconnues : Vier ! Ce jeu de réflexion sur plateau est une merveille de simplicité dans ses règles et n’a rien à envier en stratégie à d’autres jeux comme Othello.


Au-delà de l’aspect vidéoludique, la force de cette biographie est de proposer, en sus du journal d’un créateur atypique, le portrait respectueux, fidèle et sans concession d’un homme imparfait, au parcours de mauvais garçon, mais incroyablement sympathique, déterminé et lucide. Digne d’un scénario de cinéma, le parcours de Yoshihisa Kishimoto amuse, interpelle mais aussi, émeut. De l’insouciance à la success story, de la consécration au retour à l’anonymat, son histoire mérite d’être lue afin de rendre justice à l’un des initiateurs de la bagarre virtuelle. Décidément indispensable pour rendre hommage à ceux qui ont écrit les grandes lignes du jeu vidéo, Florent Gorges fait amende honorable en donnant enfin un nom, un visage et des mots au papa de Billy et Jimmy Lee. Bien lui en a pris !


La prochaine fois que vous vous lancerez dans un beat’em up, avant de penser à votre patron ou à votre belle-mère, songez à Yoshihisa Kishimoto en appuyant sur Start !

 

Cet ouvrage est disponible sur le site des éditions Pix’n Love et, sans savoir si c’est encore le cas à l’heure où cet article sera publié, était disponible en deux versions : outre l’édition « classique », il existe également une « édition limitée » contenant la bande orignale du jeu Double Dragon ainsi qu’un DVD proposant l’intégralité de la soirée « Enter the Double Dragon » proposée par Nolife à l’occasion de la sortie du livre.

L’intégrale de la saison 1 des émissions de La Caz’ Retro enfin disponible

Si vous avez l’habitude d’écouter et/ou de regarder nos émissions, je sais que vous vous demandez (ou pas) si une compilation regroupant toute la première saison existait. Et bien figurez-vous que je me suis amusé à penser « A quoi ressemblerait la campagne de pub de cette intégrale si elle était sortie au milieu des années 70-80 ».
Je tiens à préciser que je ne suis en rien responsable du choix du logo de « Felix Potin » et que pour toute réclamation merci de vous adresser à Loupign.

(Cliquez pour un meilleur aperçu)


La Retro d’Août par Professeur Oz

Avec Internet, beaucoup d’habitudes ont évolué. Aujourd’hui, les gens qui ont la chance de partir en vacances, peuvent se contenter d’envoyer un mail accompagné en fichier joint d’une ou plusieurs photos de leur séjour, à l’ensemble de leurs amis. Ces derniers n’ont donc plus à se plier de politesse aux « éprouvantables »  soirée diapo  d’antan, au profit d’un message directement transférable à la corbeille. C’est ainsi que disparaît peu à peu cet étrange rituel, généralement dévolu aux enfants, qu’on appelait autrefois « la carte postale ». Pour les plus jeunes de nos lecteurs qui n’en aurait jamais entendu parler, j’ai cherché dans mes souvenirs pour vous en livrer une reconstitution des plus fidèles, telle qu’on pouvait la pratiquer dans mes jeunes années.

Chers Copains de La Caz’ !

Quand vous lirez ces lignes, je serai certainement encore chez ma Mémé Galette en Bretagne. Mes parents ont beau dire le contraire, mais je sais bien que ça n’est pas son vrai nom et que tout le monde l’appelle comme ça parce qu’elle fait les meilleurs crêpes du monde.

Même si, comme à chaque début d’été, je suis toujours un peu triste de quitter mes copains pour aller « prendre un grand bol d’air iodé » comme le répète mon Papa, je suis quand même bien content de venir passer l’été chez Mémé et Pépé Galette. D’ailleurs, je n’ai jamais compris pourquoi on appelait aussi Pépé comme ça, mais ses copains disent que lui aussi il fait « de belles galettes ». Pourtant, je ne l’ai jamais vu faire de crêpes.

Ici, je n’ai pas le temps de m’ennuyer : vélo, promenade et quand il fait beau, la plage n’est pas loin et on peut y passer toute la journée ! Je vous entends déjà rigoler avec des blagues du genre « ça doit être beau la plage sous la pluie hein ! ». Genre, « il fait jamais beau en Bretagne ». Mon Pépé vous répondrait : « de toute façon, en Bretagne, il ne pleut que sur les cons ! ». Bon, après, il doit y avoir eu un sacré arrivage d’abrutis avec les touristes vu qu’au moment où je vous écris, j’avoue qu’il tombe des cordes depuis deux jours … Et pourtant, la semaine dernière, qu’est-ce qu’il faisait beau ! Le soleil tapait si fort que j’ai même réussi à attraper un coup de soleil au dessous des pieds … Du coup, j’ai un peu plus de mal à aller me balader. Mais vu qu’il pleut, c’est pas trop grave. Du coup, je reste à la maison à regarder des dessin-animés ou à lire des BD, le tout en buvant un grand bol de Benco, c’est le top ! J’espère tout de même qu’il ne va pas continuer à pleuvoir trop longtemps tout de même. Je n’aimerais pas qu’il m’arrive comme l’été dernier où j’avais bien dû relire toutes mes BD au moins cinq fois.

Pour ne pas trop m’ennuyer, j’ai demandé à mes parents si je pouvais emporter ma console de jeu. Ma Maman s’est énervée : « tu passes déjà tout ton temps sur ta console, tu vas en profiter pour prendre l’air ! ». Mon Papa a ajouté : « et ta console ne peut pas se brancher sur la télé de Pépé et Mémé, elle est trop vieille, ça l’abîmerait ». Mais j’ai quand même eu de la chance, parce qu’avant de partir, la météo annonçait du mauvais temps en Bretagne. Alors, ils ont quand même bien voulu me laisser apporter ma console portable, « au cas où ! » ils m’ont dit. Et ils m’ont même acheté un jeu avant de partir. Comme le jeu ne devait pas coûter trop cher, j’ai essayé de trouver un jeu à petit prix mais avec une boîte rigolote. J’ai pris  les Schtroumphs. J’ai hésité avec Tintin, mais les petits bonhommes bleus sont tellement plus mignons. J’espère que je vais bien m’amuser avec ce jeu. Je n’ai pas encore pu l’essayer car j’essaie de ne pas jouer avec ma console pour ne pas gaspiller les piles. En effet, je n’ai pris qu’un paquet de piles de rechange avec moi et j’ai peur que ça soit un peu juste. J’ai bien repéré où Pépé cache ses piles pour son transistor qu’il utilise quand il veut écouter les Grosses Têtes en cachette de Mémé, mais je préférerais éviter de les lui piquer quand même !

Du coup, comme je garde ma console pour le cas où vraiment je n’aurais plus rien à faire, et comme j’ai déjà lu une bonne partie de mes BD, quand on va faire les courses, ma Mémé me laisse acheter un magazine. A chaque fois, j’en profite pour acheter un magazine de jeu vidéo. J’ai déjà apporté avec moi le dernier numéro de mon magazine préféré, mais vu que c’est l’été, il n’y a qu’un seul numéro pour juillet et août. Ils appellent ça « un numéro double ». Pourtant j’ai bien compté. D’habitude, il y a 150 pages dans le magazine, et dans ce numéro, il y a 200 pages. Alors le magazine, il a beau être plus gros, on ne me la fait pas à moi hein ! J’ai peut-être eu 5/20 au dernier test de Math de Monsieur Carré (ça me fait toujours rire), je vois bien que 200, ça n’est pas le double de 150 … La première semaine, comme je n’avais pas d’autre revue, j’ai relu cinq fois mon magazine. Comme mes BD l’année dernière. Je connais par cœur les notes de tous les jeux testés. Le meilleur jeu du mois a même été annoncé comme le meilleur jeu de l’année avec une note de 95 %. C’est quand même bizarre parce que le jeu du mois dernier a eu 96 %, il doit être meilleur alors non?

Même si ça reste mon magazine favori, j’étais quand même bien content de feuilleter les autres magazines. D’ailleurs, c’est rigolo, mais quand on les compare, certains jeux n’ont pas les mêmes avis d’un magazine à un autre. Il y avait un jeu qui me faisait drôlement envie et qui a eu une bonne note dans mon mag’ préféré, mais dans un autre magazine, il a eu une mauvaise note et un des testeurs a écrit « vous vous amuserez bien plus en vous la tordant et en vous la mettant derrière l’oreille !» Comme je n’ai pas compris, j’ai montré le test à mon Pépé, il a bien rigolé et m’a expliqué que ça voulait dire que le jeu ne devait pas être très bon.

Bon, je vais devoir vous laisser, ma Mémé m’appelle pour me dire qu’il est temps de faire mes devoirs de vacances. Je déteste ça mais mon Pépé m’a promis que si je les faisais sérieusement, j’aurais droit à une récompense :  il me montrera la console avec laquelle mon Papa jouait quand il était petit. Il m’a dit qu’elle n’avait qu’un bouton. Je n’arrive pas à imaginer qu’on pouvait s’amuser avec un seul bouton, et avec un jeu en noir et blanc en plus ! Ça doit être super moche !

Promis, je vous raconterai tout ça dès mon retour !

J’ai vraiment hâte de tous vous retrouver à la Rentrée !

Note à nos lecteurs :

je viens de m’apercevoir que pour écrire un message pareil, il aurait fallu que des cartes postales au format A3 existent, ce dont je doute sérieusement. J’espère que vous ne m’en porterez pas rigueur.

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