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La Rétro d’Avril par Anfalmyr

Aujourd’hui dans cet édito je ne vais pas parler de retrogaming, pas trop en tout cas.  Aujourd’hui on va plus s’intéresser au podcast, et à la sphère française de la baladodiffusion. Oui j’avais envie de le placer dans mon intro. Pourquoi attendre presque trois ans pour parler de ce qui constitue finalement le cœur de La Caz’ Retro? Et bien c’est une super bonne question, et comme je me la suis également posée, et bah j’en fais un édito.

Une Histoire de Podcasts Français

Lorsque La Caz’ Retro s’est lancée en 2011, la sphère du podcast français était déjà bien vivace. Gameblog, Gamerside, BasGrosPoing, L’Apéro du Captain, ou encore Silence On Joue, bref on était loin de figurer parmi les pionniers. Au mieux étions-nous des petits nouveaux sous l’apparence de vieux cons. Si je tiens à faire cette précision c’est avant tout pour que ce qui va suivre ne soit pas pris pour l’inventaire pompeux d’un gars qui se prendrait pour un « taulier » du podcast français. Non je vais juste parler de mon point de vue en tant que simple animateur d’un podcast qui a à peine trois ans de vie. Ni plus, ni moins.

En un sens, faire un podcast est aussi simple que faire des vidéos sur Youtube. Nous avons tous quelque chose à raconter et sommes tous persuadés que ce que nous avons à dire est assez important pour être partagé. Et nous avons raison. C’est ce qui fait que tant de gens de notre génération fuient les média traditionnels pour piocher dans l’internet du deux-point-zéro : la parole plurielle et libérée. Peu importe le sujet, qu’il s’agisse d’un traitement sérieux ou d’un divertissement ayant rapport à vos loisirs, on trouve toujours une onde sur laquelle se brancher pour se retrouver dans un cadre qui nous correspond. Et en plus, vous pouvez nous emporter partout avec vous ! On s’adapte à votre quotidien et non l’inverse, et nous ne sommes pas limités à un format comme chez nos amis les vidéastes qui doivent faire de l’humour en moins de dix minutes pour plaire à Orangina et M6.

img_11741On retrouve là la même folie et la même émulation que lors de l’explosion des radios libres aux débuts des années 80. Et pourtant, après bientôt dix années de podcasts divers, cette sphère n’a absolument pas évolué. Oh bien sûr elle est plus dense, plus généreuse et plus disparate; mais elle demeure encore aujourd’hui une curiosité un brin obscure qui semble la maintenir dans une sorte de bulle médiatique. Depuis quelques années maintenant nous avons connu l’explosion de Youtube, et ce même en France: les créateurs de contenu touchent un pourcentage sur les revenus publicitaires des vidéos monétisées, ils sont contactés par des annonceurs pour faire du placement de produit dans leurs vidéos, ils sont rachetés par des grands groupes audiovisuels français pour servir de labo pour une télé qui n’est absolument pas la cible… enfin bref  cette petite industrie ne connait visiblement pas la crise. Comment se fait-il alors que la sphère du podcasting n’ait pas connu une telle explosion? N’avons-nous pas nous aussi une plateforme de diffusion aussi solide que Youtube? Bah si évidemment, on a iTunes avec plus d’un milliard d’abonnements aux podcasts sur la plateforme d’Apple! On ne s’appellerait pas podcasts sans ça d’ailleurs. Mais contrairement à Youtube, Apple n’a pas encore mis en place un système de monétisation qui permette aux podcasteurs d’être rémunérés en fonction de leur audience; ce qui implique une chose toute bête mais très importante pour cerner la stagnation de ce médium : si ce géant américain n’a toujours pas jugé bon de créer de la valeur autour de ces « produits »,  les annonceurs et autres grands groupes français n’ont aucune raison de s’intéresser à nous.  Pire encore, l’omniprésence des émissions de radio traditionnelles en home page du Store d’Apple qui phagocytent la visibilité des podcasts amateurs comme le nôtre. Alors que d’un côté les chaînes de télé récupèrent les Youtubeurs pour rajeunir leur grille de programmes, du nôtre les groupes radiophoniques nous étouffent sans considération aucune. C’est comme si les chaînes télé glissaient l’intégralité de leurs replays non pas sur leur site officiel, mais sur Youtube.

Si faire un podcast ne coûte pas grand chose en l’état, ça ne rapporte pour sûr absolument rien. Le fait de voir des plateformes indépendantes s’ouvrir pour réunir différents podcasts au sein d’une grille unie qui aurait ainsi une meilleure force de frappe marketing est symptomatique de la profonde solitude dont souffre cette sphère, et le récent échec de Nowatch ne rend pas cet avenir plus radieux. Après une décennie le petit monde du podcast n’est toujours pas devenu une entreprise lucrative ni même un labo officieux des chaînes radio, il demeure ainsi une sphère underground en continuelle expansion. Un total paradoxe.

Pourtant cette sphère jouit d’une communauté particulièrement forte et fidèle, et la plateforme d’Apple joue un rôle majeur dans l’ouverture de ces programmes au plus grand nombre. C’est souvent d’ailleurs vers cette communauté que se tournent les créateurs lorsqu’ils ont besoin d’une aide financière, parfois pour s’équiper, parfois pour survivre. Se crée ainsi un véritable lien entre les podcasteurs et les poditeurs, sans intermédiaire, en toute sincérité. Un état de fait qui appuie une fois de plus la sensation sus-citée. Et pour nos communautés ce statu quo n’est en rien un problème, puisque cette bulle médiatique préserve une grande partie des podcasts des déviances qu’amène indubitablement l’arrivée de l’argent dans l’équation. Ainsi rares sont les problèmes d’intégrité liées à la critique positive d’un jeu, d’un film ou d’un comics (ou que sais-je encore) comme ce peut être le cas chez les blogueurs ou les youtubeurs. Nous venons pourtant de la même racine, certains d’entre nous gravitent même entre ces différents formats; mais pourtant il semble régner au sein des podcasteurs la confiance qu’on donne à ceux qui n’ont rien à gagner. En effet j’imagine mal les auditeurs donner aussi facilement à un podcast si celui-ci était en partie financé par une quelconque voie publicitaire ou privilégié d’une façon ou d’une autre par un network, quel qu’il fut.

Ainsi, nous avons là une communauté de podcasteurs tous plus doués les uns que les autres, des équipes motivées qui donnent de leur temps et de leur personne pour leur programme, soutenues exclusivement par une communauté d’auditeurs qui se construit en toute autonomie une grille de programmation hebdomadaire au creux de son baladeur. Un fonctionnement en vase clos étonnant qui semble chercher à se pérenniser par le mécénat de sa propre audience comme ont pu agréablement le prouver des podcasts comme ZQSD ou l’Apéro du Captain. Si la démarche est intéressante et les solutions variées, tous semblent s’accorder pour que le nerf de la guerre, à savoir la gratuité des podcasts, demeure. Et pendant ce temps le nouveau président de Radio France souhaite rendre les podcasts de la radio publique payants. Heureusement que Radio France est financée en majeure partie par la redevance audiovisuelle….

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Une Histoire de Festival

Comme on a pu le voir, notre sphère des podcasteurs ne représente aucun attrait pour les annonceurs qui pourraient promouvoir leurs produits ou voir là justement un nouveau produit à promouvoir. Et puisqu’on voit çà et là plusieurs initiatives de créateurs se chargeant eux-même de trouver des solutions (financières) pour continuer l’aventure, il serait peut-être temps de se charger également de la promotion de notre médium.

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Zack Galifianakis et Todd Glass sur la scène dans le podcast « Doug Loves Movies »

À Berverly Hills se déroule chaque année le L.A Podcast Festival, LE rendez-vous de Californie pour tous les amoureux de baladodiffusion américaine! Parmi les podcasteurs on retrouve du beau monde comme Doug Loves Movie, Girl on Guy (par la géniale Aisha Tyler) ou encore Probably Science (la liste complète ici); tout un panel particulièrement alléchant d’émissions regroupé le temps d’un week-end au même endroit. Enregistrements en public, tables rondes, rencontres entre les créateurs et leurs auditeurs… c’est un vrai moment intense d’échanges et de promotion pour le format podcast qui est bien plus installé « médiatiquement » aux U.S.A que chez nous. Mieux installé car contrairement à nous, les annonceurs américains ont déjà senti dans la sphère du podcasting une nouvelle cible, un public bien différent qui consomme de la radio mais de manière parfaitement autonome. Et pour eux c’est un médium comme un autre pour atteindre une nouvelle audience. Pour les créateurs de contenu, c’est également un moyen d’attirer l’attention sur leur programme, et faire découvrir ce format à un public totalement néophyte. Les early adopters de podcasts y voient l’opportunité d’échanger avec les gens qu’ils suivent… Bref tout le monde semble y trouver là de quoi piocher en fonction de ce qu’il recherche.

Un événement comme le L.A Podcast Festival, à l’échelle de la France, serait un moyen pour nous d’atteindre un public qui jusqu’ici ignore jusqu’à notre simple existence. Un public pour qui le podcast est le replay de la radio française et rien d’autre. Un tel festival nous permettrait de faire découvrir à des gens comme vous et moi des émissions faites pour eux, mais qui leur étaient jusqu’ici farpaitement inconnues pour cause d’absence de promo. L’occasion également pour notre sphère de podcasteurs de se retrouver en un même lieu et d’échanger, sur nos différentes approches, sur nos manières de fonctionner, etc… Pour avoir eu l’occasion de parler un peu podcast lors de notre passage chez nos amis de Gamerside, je peux vous assurer qu’un tel échange est un plus indéniable quand on fait du podcast. Parce qu’au final nous ne sommes pas concurrents, et la différence ne peut et ne doit pas se faire sur la technique, mais sur le sujet et la manière dont une équipe décide d’aborder ce sujet.

Plusieurs podcasts au même endroit, c’est aussi la possibilité de regrouper tout ce beau monde pour créer une sorte de marathon de podcasts en live et en public sur tout un week end ! Des podcasts qui s’enchaînent sur des sujets divers : Jeux vidéo, comics, cinéma, j’en passe et des meilleurs ! À l’instar du L.A Podcast Festival ce serait l’occasion à la fois de créer une vraie communauté de podcasteurs qui avancent de concert, et un magnifique moment de promotion pour faire parler de nous auprès des gens qui ne nous connaissent pas, et discuter avec ceux qui nous suivent déjà. Bien évidemment un tel festival ne peut se faire sans l’appui de partenaires au risque d’être relégué au rang de convention dans la salle des fêtes de Hyrules-en-Velette pour ne toucher au final que les gens qui nous connaissent déjà. Ce qui n’a à mon sens pas le moindre intérêt. J’irais même jusqu’à dire qu’à force cela peut devenir dangereux de se fermer ainsi au reste du monde, surtout pour une sphère de création qui se risquerait fortement à la consanguinité à grand renfort de featuring rotatifs et abscons face à une audience qui pointera du doigt avec le temps le fait que « c’est toujours les mêmes » ou que « vous invitez toujours vos potes, ouvrez vous un peu à ce qui se fait ailleurs! ». Et ils auraient raison. Vous avez pu le constater par vous même, avec la Caz’ Retro et d’autant plus avec le Bonus Stage, je mets un point d’honneur à éviter le nombrilisme et à inviter des gens d’horizons divers pour venir échanger leurs avis et leurs différentes approches. C’est même pour cette raison que les podcasts de La Caz’ Retro sont avant-tout tournés vers les joueurs et non l’analyse froide et impersonnelle des jeux. D’où l’importance pour un tel projet de ne pas se tourner exclusivement sur sa fanbase, mais de voir là l’opportunité de présenter tout un univers jusqu’ici confidentiel à tout un nouveau public.

Sans aller jusqu’à s’imaginer qu’un tel événement puisse ouvrir la porte à la professionnalisation du podcast français, et puis on pourrait évidemment débattre du bien-fondé de cette hypothèse,  j’ai très sincèrement du mal à imaginer que notre communauté de podcasteurs ne puisse se réunir le temps d’un week-end pour un moment de partage et d’échange. Nul besoin d’une pseudo cérémonie de remise de trophées pour faire parler de nous au grand public, et le relatif désamour des initiés et des néophytes face à cette récente pantalonnade me laisse espérer que c’est une voie qui ne devrait plus être reprise. Voilà donc à l’heure d’aujourd’hui mon regard aussi humble soit-il sur la stagnation de ce médium décennal qui a encore beaucoup de choses à proposer et à inventer. Qui sait? Peut-être un jour nous retrouverons nous sur une scène pour 72h d’antenne et d’échanges autour d’une table, les passants trouvant des flyers avec un QR Code pour télécharger illico les derniers podcasts en date… Oui je sais, je suis un éternel optimiste. 

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63 comments on “La Rétro d’Avril par Anfalmyr

  1. Kobal dit :

    Un papier intéressant, cependant je ne partage pas ton avis sur la nécessité de « partenaires » (j’adore l’utilisation constamment à rebours de ce terme). Ceux-ci n’ont à mon sens aucun intérêt pour les podcasts, à part salir leur image en autorisant des boîtes privées à faire des choix à leur place. Exemple typique : les golden blog award, où l’on peut avoir la joie de savoir quels sont les blogs aimés par la BNP ou Jacques Dessanges.

    Faute d’Hyrules-en-velette, on se verra ptet à @PodRennes pour en discuter :p

    1. Anfalmyr dit :

      Je te signale qu’on a gagné les Golden Blog Awards dans la catégorie JV, et qu’on n’a strictement aucun rapport avec les partenaires de l’événement.

  2. kita59 dit :

    excellent billet, j’ai l’impression que le podcast (je déteste le mot baladotruc) en France est considéré comme un sous media (un peu comme les blogs), il suffit de voir la page wikipedia (et la page de discussion), la superbe page « Liste de radios diffusant des podcasts » ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_radios_diffusant_des_podcasts ) et pire la page du débat sur la suppression de la page de l’ADC ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:L%27Ap%C3%A9ro_du_Captain/Suppression )

  3. Kobal dit :

    Ha bon vous concouriez ? Je n’ai rien suivi des GBA cette année pour les raisons que je souligne plus haut.

    Que vous n’ayez pas de rapport avec les partenaires n’est pas important en l’espèce : je veux souligner le fait que ceux ci ne devraient pas *du tout* avoir droit au chapitre.

    1. Professeur Oz dit :

      c’est marrant parce que le mot « partenaire », je ne l’entends pas du tout sous son sens économique, mais plutôt convivial. Quand on multiplie les échanges, les prises de contact avec d’autres acteurs du JV, du retrogaming (par le biais des Bonus Stage par exemple), c’est avant tout pour échanger, découvrir.
      J’ai pas l’impression que lorsqu’on reçoit des gens, ou qu’on est invité ailleurs, ça soit pour entretenir un réseau ou se faire mousser. Quand on le fait, c’est surtout parce qu’on a envie de discuter avec ces gens en particulier.

      Quant aux GBA, ça reste clairement un moyen de communication et de se faire connaître. Mais pour le faire, on n’a profité de personne, juste d’un dispositif qui était fait pour ça. Après, libre à chacun d’y voir un moyen d’étoffer son carnet d’adresse, en attendant, aucune trace de la BNP ou de Jacques Dessanges sur notre site 🙂

  4. Merci, très intéressant, mais… je vais te dire pourquoi je n’y crois pas (avec regrets).
    Déjà, les français et l’argent, c’est pas l’amour, il n’y a qu’à voir la réaction de Kobal (que j’aime bien), directe et sans détours. Non, avoir des partenaires, gagner des ronds dans le podcast, c’est le mal, et tant qu’on pensera comme ça on aura ce qu’on mérite. Il y a un clivage fort à ce niveau, entre ceux qui ne crachent pas sur l’argent du moment qu’ils continuent à être libres, et les autres qui veulent rester en underground total. Du coup, c’est déjà compliqué pour une réunion, aux US ce n’est même pas une question, et c’est pour ça qu’ils avancent.
    Ensuite c’est une question de temps. On passe déjà tous énormément de temps sur nos podcasts, on a pas vraiment le temps pour autre chose, pour une manifestation du genre il faut 2 ou 3 gars qui ont vraiment du temps et qui savent y faire, hard à trouver.
    Donc, rien qu’avec ces 2 points, j’ai des doutes, et pourtant j’aimerai beaucoup qu’un truc du genre s’organise.
    Petite pub éhontée, notre collectif podcastsuisse organise une conférence le 3 mai à Lausanne, avec table ronde et enregistrement. On en est pas à 72h de podcast, mais c’est un début 😉

    1. Professeur Oz dit :

      y’a un truc qui m’interpelle, pourquoi tout de suite parler d’argent ?
      Je suis peut-être naïf, mais quand on parle d’associer les différents podcasts au détour d’un festival, je vois surtout l’occasion de multiplier les rencontres, nouer contact pouvant aboutir à des projets en commun, voir de simples caméo d’une émission à une autre. Je ne comprends pas pourquoi on a tout de suite besoin de parler d’argent quand la majorité de ceux qui font des podcasts le font de manière vraiment désintéressée.

      1. J’ai peut-être mal saisi le terme « partenaire » alors, si ce n’est pas une question d’argent ou de moyens je ne saisis pas l’idée… Comme tu parles de pourcentage dans les vidéos Youtube j’ai fait le lien !
        J’ai parlé d’argent par la suite parce que je pense qu’unir les podcasts, même pour un jour ou deux, c’est compliqué, et c’est un élément qui sépare un peu les podcasteurs.
        C’est un peu comme attirer le public, je trouve ça très bien, mais certains clament haut et fort qu’ils se fichent d’être écoutés ou non et désirent justement que le podcast reste complètement underground.
        Il me semble voir plus de ressemblance au niveau des podcasts anglophones que les francophones. Certains groupes G+ de podcasteurs sont de véritables lieux d’échanges et d’entraide, je ne vois pas ça par chez nous, d’ou mon interrogation…
        Pour avoir participé à certaines réunions de certains groupes, je peux garantir qu’il est quasiment impossible de faire un truc concret, déjà à 10 ça s’entendait pas, alors à plus…
        Et puis, pour la dernière phrase, je ne pense pas que des podcasteurs français aient commencé pour faire de l’argent, mais plutôt pour le fun, le plaisir etc. Si les auditeurs ou des publicitaires veulent donner des ronds, why not ? On peut le faire de manière vraiment désintéressée et quand même gagner des ronds… Tant que l’argent n’est pas l’unique moteur je ne vois pas forcément le problème !

  5. Guillaumix dit :

    Je suis assez d’accord, un « partenaire » n’est pas forcément un partenaire commerciale et les bonus stage prouvent qu’au contraire de la télévision ou de la radio, nul rivalité chez les podcasteurs. Les uns se nourrissent de la notoriété de l’autre et vice et versa. Point besoin donc de publicité ou de promotion et donc pas de compte à rendre.
    Maintenant pour ce qui est de l’argent je vais être un peu plus terre à terre. Pour moi c’est simple, la qualité de vos émissions est garantie par un gros travail en amont (à moins que je me gourre). Ce temps passé à peaufiner vos émissions et à les préparer n’est pas pris sur votre de temps de travail ou sur le temps passé à jouer avec vos gosses (à moins que je me gourre).Il est donc logique d’envisager, à un moment de la vie d’un podcast qui prend de l’ampleur, une éventuelle rétribution. Non pas comme un salaire, mais plus comme un tremplin pour aller plus loin. Cependant la question demeure: Est-ce qu’un podcast qui rapporte de l’argent garde sa liberté et son identité? Je n’ai pas la réponse.
    Peut être proposer deux versions du podcast, une gratuite et une payante pour laisser le choix aux fidèles. Peut être un appel aux dons comme ZQSD (pas fan de celle là personnellement).
    Peut être une quête dans la rue comme WWF.
    En tout cas très bel essai d’Anfa’ qui pousse à réfléchir sur bien plus que le simple Podcast, l’intégrité, l’indépendance des médias.

    1. Professeur Oz dit :

      après, à nouveau, tout dépend de ce que les gens qui font des podcast veulent, les raisons qui les motivent.
      Sans dévoiler les coulisses de la Caz, si on a envie de continuer à faire évoluer notre truc, on a pas forcément à coeur de s’en servir pour « aller plus loin ». Et en ce sens, l’argent n’est pas du tout une priorité, ou une finalité.

  6. Youen Chéné dit :

    Bonjour à tous,

    De mon coté pour soutenir les podcasts, j’ai bien l’approche Patrick Béja du Rendez vous tech : http://patrickbeja.com/2014/02/un-crowdfunding-pour-le-rdv-tech/

    Le principe est le mécénat, les poditeurs volontaires peuvent soutenir la caz retro en donnant des petites (ou plus grosses) sommes.

    Cela permettra pas à amfa de s’acheter une belle voiture, mais cela pourrait permettre du tgv entre lyon et paris pour réunir les membres de caz retro, l’achat de micro, de pc pour les montages, de déplacement dans des conventions.

    Après cela ne vous engage pas à quoique ce soit envers un partenaires une marque etc…

    Ensuite : y’aura certaines personnes et la défiance avec l’argent, mais bon, au bout d’un moment faut grandir un peu… ici on parle de pas beaucoup, faut pas pousser mémé dans les orties.

  7. corben dit :

    je ne suis qu’un modeste poditeur (sympa le terme d’ailleurs). L’article est intéressant dans le sens où il pousse le poditeur à s’intéresser un peu à l’envers du décor.

    toutefois j’ai été assez surpris de la question de l’argent dans l’article. Peut être n’ai je pas suffisamment conscience que tout ce que vous faites coûte de l’argent (mais qu’est ce qui n’en coûte pas de nos jours) ? Mais surtout je ne mesure pas en quoi l’argent permettrait de faire de bien meilleur podcast sans des contreparties désagréables pour le poditeur. Cela mérite explications.

    Ce n’est pas l’exemple des youtubeurs choisis dans l’article qui irait dans ce sens en tout cas, la chienlit que voilà, l’entrée des boutiques privées dans ce secteur a complétement transformé le milieu et à mon avis : en mal.

    je ne souhaite absolument pas une telle évolution pour les podcast.

    Je suis également surpris par la position de certains commentateurs qui ressemblent davantage à du dogmatisme qu’à du pragmatisme.

    Ex le message ci-dessus « Ensuite : y’aura certaines personnes et la défiance avec l’argent, mais bon, au bout d’un moment faut grandir un peu »

    A bon seul l’argent permet de faire grandir, c’est un passage obligé ! Quelle misère. L’expérience me paraît plus importante que l’argent

    Ex : « Il y a un clivage fort à ce niveau, entre ceux qui ne crachent pas sur l’argent du moment qu’ils continuent à être libres, et les autres qui veulent rester en underground total. Du coup, c’est déjà compliqué pour une réunion, aux US ce n’est même pas une question, et c’est pour ça qu’ils avancent. »

    L’avancée serait nécessairement bien sans se soucier vers où on va ! c’est du dogmatisme à ce niveau.

    Je constate qu’en 3 ans la caz retro a beaucoup changé, évolué et même s’est améliorée pour moi et ceci sans argent. Ca me plaît comme ça. Je n’ai pas besoin de plus.

    1. Salut, je me permet de te répondre un peu plus en détails.
      Oui, faire du podcast coûte de l’argent, pas forcément beaucoup, mais si on calcule tout ça fait un chiffre. Je parle pour moi, mais au niveau de l’audio, un bon micro, une petite interface, on est vers les 200 euros facile. Mon abo SoundCloud pour héberger le son, 100 euros par année, pour le blog et le nom c’est dans les 100+ aussi. Quand on fait une réunion de podcasteurs c’est 50 euros de train, si je monte sur Paris c’est carrément 150 euros de TGV depuis la Suisse. Un autre podcast en préparation sera fait en interview « live », donc 50 euros par mois de train à peu près. Donc oui, c’est de l’argent, même si on peut faire avec moins.
      Pour ma part, j’adore le podcast, que je gagne de l’argent ou pas avec n’a pas d’importance, je continuerai quand même. Mais si je trouve un moyen de me rembourser en partie, je n’ai rien contre.
      Contreparties désagréables pour le poditeur ? Oui et non. Pour moi, en tant que poditeur, si j’ai une mention de marque de 10 secondes en début de podcast et que ça permet au podcasteur de payer ses trucs, ou même d’aller boire des bières, je m’en fiche. Il faut faire attention c’est sur, mais dans le podcast on en est loin.
      Pour le contenu, je peux te dire (pour avoir fait une pub sur un de mes épisode), que la marque n’a eu aucun droit de regard et n’a même pas écouté le contenu.
      Oui, l’argent permet de grandir d’une certaine façon, dans le podcast comme ailleurs, pour le pire et le meilleur. Les documentaires de fous que tu vois à la tv, ça coute des ronds, c’est normal, mais ça n’empêche pas d’avoir du contenu intéressant. Par grandir on entend peut être en contenu et en technique. Pourquoi ce serait différent dans le podcast ? Mais je suis d’accord, plus d’argent ne veut pas forcément dire amélioration.
      Plus de moyens, c’est la possibilité de participer à une convention autour du sujet du podcast sans se saigner à blanc, d’aller voir des conférences, de payer le train pour aller voir un invité, de pourquoi pas moins bosser pour passer plus de temps à podcaster. S’il est bien utilisé, l’argent peut être un plus.
      Si tu suis la sphère podcastique US, oui ils avancent, dans le sens ou ils expérimentent. Tu as des podcasts sur presque tout, et certains sont vraiment excellents, vecteurs d’informations et d’idées, une solide alternative à la radio. Il y a forcément des dérives, mais ils s’entraident et font du bon job, c’est des locomotives. En France c’est compliqué, pas qu’à cause de la tune, mais parce que chacun bosse de son côté et que c’est parfois Dallas entre les podcasteurs. Dommage.
      Voilà, j’espère que j’ai bien expliqué le truc 😉

    2. Gerfaut dit :

      Le rapport à l’argent est compliqué parce qu’il y a confusion entre investissement et profit. Toute entreprise (au sens premier du terme) requiert un investissement. Principalement du temps, souvent de l’argent. Pour la caz, c’est notre temps libre qui est consacré à produire du contenu. Ce que ça sous entend, c’est qu’il faut (re)jouer aux jeux traités, organiser les réunions de travail -calendrier, soucis techniques, émissions, direction future etc-, administrer le site et le forum, suivre l’actualité des autres podcasts et du jeu en général, relayer les infos pertinentes -donc les trier-, discuter avec les auditeurs etc. Niveau argent, il faut un serveur pour le site et les podcasts, un peu de matériel pour assurer une captation audio et vidéo d’un minimum de qualité.
      Dans sa formule initiale, c’est des potes qui se rejoignent sur un logiciel autorisant des discussions à plusieurs et qui causent dans leurs micros un soir ou deux par semaine. Le bond de qualité que tu as observé (et ça me fait très plaisir de lire ça), c’est le fruit d’un rythme plus élevé, où nous consacrons tous un minimum de temps chaque jour en vu de sortir, selon le calendrier établi, le contenu avec le minimum de qualité que nous nous imposons.
      Est ce que l’expérience est plus importante que l’argent ? Là encore tout dépend d’où on part. Pour ne parler que de moi, il est évident que je suis bien plus à l’aise sur les derniers podcasts que sur mon tout premier. Maintenant je pourrais aussi me payer un micro sur pied pour éviter les soufflements qu’Anfa est parfois obligé de supprimer quand il m’arrive de mal gérer sur un enregistrement (tiens j’ai pas mis le montage dans le temps consacré à la caz, mais faut dire que c’est pas mon boulot). Après on touche à la philosophie de chacun : ça ne me choque pas de devoir investir quelques euros dans un projet personnel qui me permet de discuter d’une de mes passions. Si je devais traduire en termes « outranciers », mon retour sur investissement est la joie de voir des gens discuter à partir des émissions, ou encore nous dire merci de leur avoir fait découvrir/ressortir du placard tel ou tel jeu. Comme toute motivation, il peut arriver qu’elle s’essouffle. L’argent peut alors devenir un palliatif. Personnellement, le jour où ça ne me suffira plus, j’arrêterai. Mais j’en suis loin, j’aime ce qu’on fait à la Caz, et j’aimerai le voir prendre de l’ampleur.
      L’article d’Anfa est intéressant parce qu’il nous pose la question « et après on fait quoi? », qui est une question qu’il faut toujours garder à l’esprit. Comme l’histoire nous l’a appris, rien n’est immuable. Et les réactions que l’on peut lire ici et ailleurs prouvent que nous sommes un groupe qui se cherche encore un peu, avec des frontières floues entre amateurisme -revendiqué- et professionnalisme -espéré ?-. Je n’apporte aucune réponse aux problèmes soulevés ici, mais prendre conscience qu’on existe de façon un peu bancale, c’est déjà un progrès non ? 🙂

      1. Anfalmyr dit :

        « on existe de manière bancale » c’est une définition qui me plait bien 🙂 Comme tu le laisses entendre, et c’est un point que les auditeurs doivent comprendre c’est vrai, c’est qu’au jour d’aujourd’hui un podcast peut s’arrêter du jour au lendemain, pas parce qu’il ne marche pas, mais parce que les gens qui le font ne peuvent plus se permettre d’un tel investissement (en temps ou en argent).

        Après mon papier est en deux parties, d’abord un « état des lieux » sur notre méthode de fonctionnement, et de l’autre l’idée de prendre l’initiative. Ne pas mélanger les deux.

        1. L’existence bancale me plait aussi 😉
          Tout a fait d’accord au niveau de la motivation, si elle finit par n’être que monétaire, c’est un peu triste et j’arrêterai aussi.
          Petite question, quand tu parles de « prendre de l’ampleur », tu veux dire quoi exactement ?

  8. Gerfaut dit :

    Avis tout à fait personnel encore une fois, mais pour moi la caz est une émission « historique », elle ne vise qu’à recontextualiser un phénomène de société, le jeu vidéo. Elle veut réunir des personnes familières d’un univers, et inviter des gens extérieurs à le découvrir. On ne prêche pas LA vérité sur le jeu vidéo, on partage nos souvenirs et on essaye de comprendre comment ce média a forgé le caractère d’une génération. Le slogan « le rétrogaming est l’avenir des consoles nextgen » (©Anfalmyr) est là pour rappeler que l’histoire est faite d’innovations, mais aussi que le contenu créatif s’inspire des créations passées. Au fond, nous ne faisons que répéter en version jeu vidéo le club de cinéphiles qui s’acharne à décortiquer la filmo de Kubrick pour expliquer les choix esthétiques de Spielberg (pardon d’avance si il n’y a aucun rapport de cause à effet entre ces deux là, c’est tout ce qui me vient à l’esprit). En ce sens par exemple, l’émission Crossed de Karim Debbache et son équipe est pour moi un formidable moyen de comprendre le cinéma, univers que je n’abordais alors qu’en spectateur néophyte. On s’amuse, on partage des ressentis personnels mais on explique aussi en recontextualisant.
    Prendre de l’ampleur pour moi, c’est arriver à toucher un public plus large. Le public qui observe encore le jeu vidéo comme un média infantilisant, synonyme d’addiction et de repli sur soi. Non pas pour dire « Hého regardez j’existe et j’ai une légitimité », mais simplement pour reconnaître qu’il y a de la création très variée, parfois lourde de sens, parfois très surfaite, mais qui présente un intérêt. Avoir entendu mon père me dire à propos de Baldur’s gate que ça lui avait rappelé la bonne époque où on y jouait tous les trois avec ma soeur, c’était cool. Savoir qu’il est allé écouté d’autres émissions pour découvrir des titres dont il ignorait tout, c’était cool. Imaginer que peut être un jour on discutera de Super Metroid comme une oeuvre d’art au même titre qu’Alien, certains pleurant comme moi sur le Spore Crawler, d’autres trouvant la chose ridicule, ça me fait plaisir. Reconnaître des compositeurs comme Alexander Brandon, Matt Uelmen, Jason Hayes, Franck Klepacki, Koji Kondo comme des artistes majeur du jeu vidéo comme on parlerait d’un Hans Zimmer pour le cinéma, ça me ferait plaisir. Mais pour ça il faut expliquer, décortiquer, analyser, critiquer, comparer. Je ne sais pas comment faire autrement qu’en partageant ma modeste expérience.

  9. Youen Chéné dit :

    @corben je me suis exprimé sans doute un peu brutalement. Ce n’est un dogmatisme. C’est juste que à chaque fois que ca cause tune sur les podcast français, ça part en live.

    Après comme tout le monde, je m’éclate a écouter les podcast dans la voiture. Et si amfa et la bande, peuvent avoir un peu de moyen pour faire encore plus de trucs (déjà le niveau est pas mal élevé!).

    Ensuite en tant que poditeur que l epodcast soit grand public ou pas, je m’enfiche. Ce qui m’éintéresse c’est d’avoir du contenu de niche de qualité (ie pas la soupe qui passe à la télé et à la radio pour plaire au plus grand monde).

    Ensuite vivre du podcast en france c’est difficile. Chez gamerside il préfère se positionner qu’en « amateur » si on suit le discours de kaik.

  10. metheore dit :

    Je fais parti de ceux qui cotisent pour ZQSD ou pour l’ADC.
    Je ne pense pas que se soit un système économique fiable, mais si j’envoie des sous, c’est au même titre que quand je me paye un magazine dans un bureau de presse. Les podcasts m’occupe énormément au travail je considère donc normal de participer un peu a leur survie.
    Il ne s’agit pas pour moi d’une rémunération , mais d’une aide concernant les frais liés a l’administration d’une plateforme comme la votre. Ça peut vite couter un peu d’argent et j’en sais quelque chose, c’est pareil pour nous et les quelques dont qu’on reçoit nous aide beaucoup a payer les hébergement.

    Je sais qu’il ne s’agit pas du sujet du billet d’anfa, mais vous devriez nous donner la possibilité de contribuer a la pérennité de la caz’.

  11. corben dit :

    merci à tous d’avoir pris le temps de me répondre tout en étant très correct. je comprends que l’argent peut assurer une perennité, ce que je souhaite plus que tout.

  12. Olskool Slim dit :

    Vrai petite mine d’or cette article, et intéressant avec le recul et l’évolution qu’on connaît en 2020.

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