Auteur : Anfalmyr

C'est moi que tu entends en début et en fin de podcast. Entre les deux y'a pas grand chose d'intéressant, mais des fois je fais "ah oui" ou "hum hum". En gros, c'est moi l'animateur de La Caz' Retro

Quand je cherche des vidéos de gameplay de vieux jeux sur le tube, je perds très souvent quelques longues minutes à découvrir ou redécouvrir des cinématiques d’intro. Du coup je me suis posé la question de la toute première cinématique d’intro qui m’avait marqué, et en remontant le fil de mes souvenirs j’ai réalisé que j’avais été régulièrement bluffé tout au long de mon parcours de joueur par des cinématiques d’intro bien différentes. Parfois l’affect est purement technique et me ramène à une époque où j’avais pris une claque face à cette séquence; parfois c’est lié à l’amour que je porte au jeu en lui-même et le nombre de fois que j’ai pu le relancer. À mon sens, une cinématique d’intro, c’est une promesse, une note d’intention; et c’est pourquoi je ne me lasse pas de les mater. Il suffit que je me pose devant et je retourne immédiatement dans le mood. Je retrouve l’excitation de l’époque, je me revois découvrir ces séquences pour la première fois. Alors pour cette rétro de juillet, j’ai eu envie de vous partager celles qui m’ont le plus marqué. J’ai fait au mieux pour ne pas en mettre trop, mais j’en ai quand même un vingtaine! Petit disclaimer avant de commencer : je me suis empêché de choisir des intros de gameplay, ou des cinématiques dans le moteur du jeu, ou des vidéo live. Uniquement de la CGI ou de l’animation.

ANOTHER WORLD

J’ai mis vingt ans à finir ce jeu, et j’ai passé toute mon enfance à refaire encore et encore la même séquence entre le bassin et le fauve noir. Pendant des années donc, la seule chose que je connaissais d’Another World en plus de cette formidable jaquette, c’était sa cinématique d’intro.

FLASHBACK

Un de mes jeux préférés sur MegaDrive, même si je n’ai jamais été plus loin que New Washington. J’étais totalement fan de l’animation de Conrad, fan du setting, de la musique du jeu, de sa jaquette incroyable également. Le jeu était trop dur pour un enfant comme moi à l’époque, mais ce qu’il proposait me parlait énormément. Je ne sais combien de fois j’ai pu mater cette superbe cinématique d’intro tellement elle mettait dans l’ambiance et donnait vraiment envie de découvrir cet univers! Une référence encore aujourd’hui.

 

LA LÉGENDE DE THOR

Quand on avait pas Zelda à la maison, on jouait à ses clones. Et sur MegaDrive, moi je n’avais pas Soleil, j’avais La Légende de Thor. J’aimais beaucoup ce jeu, même si les donjons étaient un poil durs pour moi. En tout cas cette cinématique je ne la passais JAMAIS.

 

GUARDIAN HEROES

Alors là attention on parle d’un jeu culte! Non seulement c’est un des meilleurs beat them up auquel j’ai pu jouer dans ma vie, mais c’est aussi une des cinématiques d’intro les plus jouissives qui soient. Tellement incroyable qu’on rêvait de voir un Animé sortir dans cet univers. Je me mate cette intro très régulièrement et j’espère que ça vous donnera envie d’essayer le jeu surtout !

DISCWORLD 2

À moins d’un puissant trou de mémoire, je crois bien que Discworld  2 sur Sega Saturn a été mon tout premier Point’n Click! À l’époque on n’avait pas encore lu un seul Pratchett donc ça a été une double découverte. Celle d’un genre, et celle d’un univers littéraire. En revanche, la référence à L’Arme Fatale 3, ça je l’avais !

LES CHEVALIERS DE BAPHOMET

Ma découverte du point’n click avec Discworld a été suivie quelques temps après par celle d’un de mes jeux préférés de tous les temps et celui que j’aime le plus dans ce genre.  Même si, de manière objective, je préfère les séquences d’animation de l’intro du deuxième épisode, l’affect que j’ai pour celle-là est juste incomparable.

SHINING FORCE 3

Déjà, à la base, à la maison on aime la série des Shining. Shining in the Darkness, Shining Force 1 et 2. Alors quand Shining Force 3 est arrivé sur Sega Saturn, lorsqu’on a lancé le jeu, on a juste bavé devant cette intro qui promettait une aventure incroyable.

 

TENCHU

Tout un concept. J’en ai déjà parlé lors du podcast qu’on lui a dédié, et j’en ai rajouté une couche lors de la Sélection du Mois spéciale Jeux de Ninja. Impossible de passer cette intro lorsqu’on lançait le jeu, impossible.

 

RESIDENT EVIL 2

J’avais été terrifié par le premier Resident Evil sur Sega Saturn. La séquence d’intro en live était très flippante pour moi à l’époque, je ne la trouvais pas encore kitch. Lorsque le deuxième épisode est sorti, j’étais derrière mon frère qui lançait le jeu pour la première fois, et je me souviens de mon choc face à la beauté de cette cinématique. Je n’avais jamais vu un truc aussi dingue. Ébloui par ce que j’avais vu, je me suis décidé à jouer à ce jeu malgré mon jeune âge, et j’ai adoré.

FIFA 2000

J’ai longtemps hésité entre l’intro du 98 et celle-ci! Mais en terme de mise en scène, celle-ci va quand même beaucoup plus loin !

FINAL FANTASY VIII

Je vais vous faire une confession. FF7 a beau avoir été mon premier jeu Playstation et mon premier épisode de la série, je n’ai jamais lancé le CD2. J’ai regardé mon frère y jouer, certes, mais en terme d’aventure je n’ai pas été très attiré par cet épisode. Au contraire du 8 que j’ai suivi comme un malade avant sa sortie, dont j’ai saigné la démo achetée avec le hors-série de Playstation Magazine, et que j’ai poncé jusqu’au boss final pendant mon année de 6ème. Et puis franchement, je crois que cette intro dépasse le cadre de la série Final Fantasy pour figurer parmi les cinématiques les plus célèbres du jeu vidéo.

THE NOMAD SOUL

On passe sur Dreamcast avec une intro en CGi également très marquante. J’avais adoré le concept-même de Nomad Soul, j’avais été complètement perdu niveau histoire et sur certaines phases de gameplay, mais je me souviens de cette cinématique très « jeu vidéo pour les jeunes adultes ».  J’avais – presque – l’impression de lancer un héritier spirituel de Flashback avec cet univers futuriste et l’animation de son personnage principal.

FINAL FANTASY IX

Très sincèrement, au début, je n’attendais pas grand chose de FFIX. J’allais le prendre parce que malgré ma PS1 pucée, les Final Fantasy je les achetais neufs. Et finalement, malgré mon intérêt tout relatif, FF9 est devenu très rapidement mon épisode préféré de la série. Et l’intro du jeu a joué pour beaucoup dans l’enthousiasme qui était le mien lorsque j’ai plongé pour la première fois dans cet univers.

 

PHANTASY STAR ONLINE

On retourne sur Dreamcast, on sort le long câble ethernet qui passe de la cuisine au salon. Les 2000 balles de facture France Telecom, tu connais. À l’époque je n’avais aucune idée de ce qu’était la licence Phantasy Star. J’en avais jamais entendu parler. Lorsqu’on m’a vendu PSO, je partais dans l’idée d’un MMORPG comme on m’en narrait les merveilles. Et même si au final c’était assez loin des fantasmes que j’en avais, PSO a été ma toute première expérience de jeu multijoueurs en ligne. Mais comme toute bonne cinématique d’intro, celle de PSO avait le don de nous faire rentrer dans l’ambiance et de nous envoyer au charbon pour découvrir ce qu’il était advenu de cette nouvelle colonie.

RESIDENT EVIL CODE VERONICA

Toujours sur la Dreamcast, qui a vraiment été la console des cinématiques CGI les plus cools de sa génération, avec Code Veronica et ces séquences encore bluffantes aujourd’hui. Les effets de lumière, le regard de Claire… Je regardais la cinématique à chaque lancement du jeu!

SILENT HILL 2

Silent Hill, ça fait partie des jeux que j’ai très envie de faire mais j’ai jamais trouvé le courage d’aller jusqu’au bout. Mais un jour j’ai vu la version collector du deuxième épisode à queudal dans un bac d’occasions, et comme j’en avais entendu énormément de bien dans une émission du Moggy Aspi Show, j’ai tenté l’expérience. Malheureusement je n’ai pas terminé le jeu mais je sais qu’un jour je vais m’y remettre depuis le début tant l’expérience était incroyable de tension. Et puis, cette cinématique d’intro avait cette touche Konami du début des années 2000. Ce teint pâle donné aux personnages, cette gestion des ombres. Un simple coup d’œil et on savait qu’on était dans un jeu Konami. Un gage de qualité qui a de quoi faire sourire aujourd’hui.

WARCRAFT 3

J’avais joué à Warcraft 2 sur Saturn, une bonne porte d’entrée aux STR avec Command & Conquer qu’on avait également sur cette console. Mais lorsque le troisième épisode est sorti sur PC, à une époque où on n’avait pas encore de bécane à la maison, tous mes potes pcistes étaient sur-excités par ce qu’ils voyaient. Lorsque je suis allé voir ça de mes yeux, mon pote m’a lancé l’intro de la campagne humaine. J’ai juste pété un câble. C’était tout bonnement incroyable. Et encore aujourd’hui ça reste très regardable.

 

PRO EVOLUTION SOCCER 2

Konami toujours, avec ce style si particulier. Et avec probablement la meilleure intro jamais réalisée sur un jeu de foot. L’intro parfaite pour ce genre, à mes yeux.

 

BATTLEFIELD 1942

Quand on parle de note d’intention et de promesses données dans une cinématique d’intro, celle de Battlefield 1942 est l’exemple parfait. Elle était tellement bonne vendeuse que pendant les parties on se demandait « mais où sont les sous-marins?! ». En tout cas elle a su installer le thème de la série, et de tous les épisodes c’est vraiment celle-là qui reste en tête.

 

WORLD OF WARCRAFT

Et pour finir, celle qui a lancé l’attente fébrile de chaque nouvelle cinématique d’extension, la fabuleuse cinématique d’intro de World of Warcraft! J’ai pas les mots. C’est rare sur un jeu en ligne aussi chronophage de se lancer la longue intro quasiment à chaque lancement du jeu.

 

 

Et vous, quelles sont les cinématiques d’intro en CGI qui ont marqué votre parcours de joueur?

Je déteste la série SXX. Mais en même temps j’y ai presque jamais joué. Mais bon sang que je déteste la série SXX. Et cette haine, je la dois à Gran Turismo 3, vraiment. Vous ne comprenez rien à cette intro? C’est normal, laissez moi vous raconter une petite histoire. Retournons au début de l’été de l’an 2001.

Juillet 2001, il fait beau par chez moi. J’ai fini mon année de 5ème et je profite du soleil breton – si si je vous jure – avec mes potes. Oui, je suis en pleine adolescence et je peux dorénavant aller à la plage à vélo avec mes copains. Un jour, je me rends avec mon père et mon frère au magasin de jeux vidéo du coin pour acheter Crazy Taxi 2 sur Dreamcast. Jeu d’arcade idéal pour l’été, même si au final je n’ai que très peu goûté cette suite. Mais le sujet n’est pas Crazy Taxi. Sur la vitrine du magasin était placardée une affiche annonçant un « tournoi de jeux vidéo » se tenant au milieu du mois de juillet dans le Planétarium du coin. Intrigué, j’interrogeai le gérant qui m’expliqua qu’ils organisaient un tournoi dans ce fameux planétarium, que la finale se tiendrait sous la coupole avec le jeu projeté sur l’écran hémisphérique du dôme (déjà, c’est la classe), et que le gagnant du tournoi repartirait avec une fucking Playstation 2!

Pour vous remettre dans le contexte, à cette époque chez moi on est sur la Dreamcast, c’est super, on s’amuse, mais depuis la fin de l’année 2000, je crève d’envie d’avoir une Playstation 2. J’ai pu me persuader pendant quelques semaines que c’était pas intéressant, que sur Dreamcast les jeux étaient plus beaux et plus cool trop top, mais ça n’y changeait rien : JE VOULAIS UNE PS2 ! Mais la bestiole était hors de prix, en tout cas pas un prix que mon père aurait avancé sans broncher, lui qui nous avait déjà offert la Dreamcast que nous ne pensions pas abandonner aussi tôt. Je me souviens assez bien de cette époque, car après la courte vie de la Sega Saturn, mon père commençait un peu à en avoir marre de nous offrir des consoles qui ne duraient pas. Fort de sa subtilité légendaire, il avait dû dire un truc du genre « celle-là c’est la dernière après vous vous démerdez ». C’est peut-être aussi pour ça qu’il s’est motivé à prendre ce superbe Pentium4 2.4Ghz à Noël 2002; il devait être fatigué du cycle aléatoire des consoles de salon pour lesquelles il claquait un fric monstre.

PifPafPoom nous revoilà dans ce magasin de jeux vidéo. Je suis pendu aux lèvres du gérant qui est en train de me dire que je peux gagner une Playstation 2 juste en jouant. Le rêve. Il n’a pas voulu me dire sur quels jeux la compétition allait se jouer; seulement que la finale se jouerait sur une grosse nouveauté. Teasing quand tu nous tiens. Le matin du tournoi, mon père accepta de m’emmener au planétarium pour que je tente ma chance. Le temps que je m’inscrive, on explique à mes parents que la première phase de poule commencera dans une bonne grosse demi-heure, et que la seconde phase aura lieu plus tard dans l’après-midi, pour une finale en début de soirée. Mes parents m’ont donc laissé là, tout seul. J’étais là, face à mon destin. Dans les allées entourant le dôme avaient été dressées plusieurs grandes tables afin d’accueillir nombre d’écrans cathodiques, et pas moins d’une dizaine de Playstation 2. Le fioutwuure vous dis-je. La plupart des gosses et des ados (que des mecs) s’agglutinent devant les postes pour jouer à un jeu de bagnole qui ne me parle pas du tout. En écoutant j’apprends qu’il s’agit de Ridge Racer 5. Comme je suis du genre timide, je n’ai pas l’impolitesse de demander à prendre le pad; je me contente de regarder. Je me sens déjà content de voir un jeu PS2 tourner en fait. Puis, au fond d’une allée, derrière un rideau noir, une dreamcast branchée à un volant et un grand écran. Le jeu? F355 Challenge. Personne dans la petite pièce sombre, alors j’en profite, je me pose devant le volant et je m’éclate tout seul comme un dingue.

Quelques minutes passent, puis un des organisateurs réclame le silence et l’attention de la foule, je sors donc de ma tanière pour écouter ce qu’il se passe. La première phase de qualification va commencer, et ça se fera en duel sur une course de Ridge Racer 5! À ce moment-là, je suis dégoûté. Tout le monde s’est entraîné sur le jeu depuis que je suis arrivé, et moi j’ai même pas posé une paluche sur un pad ps2 encore ! Me voilà bien mal parti. Les règles sont simples: une seule course, tout le monde prend la même voiture avec les mêmes réglages. Chaque participant se retrouve dans une poule à quatre, à la fin des matchs de poule, les deux premiers sont qualifiés pour les quarts de finale, puis pour la demi-finale qui désignera le joueur du matin qui sera qualifié pour la grande finale du soir contre le gagnant de la session de l’après-midi. C’est clair pour tout le monde?

Premier duel, je tombe contre un inconnu un peu plus vieux que moi. La course est en trois tours. Je passe le premier tour à découvrir le circuit, le deuxième à rattraper mon retard, et le troisième à terminer juste derrière mon adversaire. Défaite. Okay c’est mort je vais me faire exploser. Les courses se terminent tout autour de moi, les réactions sont diverses et variées. Certains joueurs en font des caisses dans la victoire comme si Zidane venait de foutre une reprise en pleine louf en finale de la Champion’s League, certains sont venus accompagnés d’un fanclub qui s’excite derrière eux. Moi je me contente de ruminer ma défaite dans ma tête. Sans transition on attaque le deuxième match des poules. Cette fois-ci je tombe contre un jeune adulte, genre plus vieux que mon grand frère. Je commence à prendre mes marques, mon adversaire me met une bonne distance, mais je ne me foire pas trop ce qui me permet de rester dans la course. Vient le dernier tour, je suis vraiment en train de lui renifler le pot d’échappement. Le mec d’à côté sait que je suis derrière, prêt à passer devant, alors il tente un truc complètement con : me balancer contre le mur. Son timing lamentable le fait partir bien avant que j’arrive à sa hauteur, il se tape brutalement le mur du freeway quelques secondes avant le dernier virage, me laissant le champ libre sur la dernière ligne droite pour terminer premier. Victoire. Le mec à côté est dégoûté, il a voulu me la faire à l’envers, il s’est fait avoir. Tant mieux pour moi, je peux encore me qualifier. Plus qu’une seule course pour savoir. Dans ma poule, un candidat est seul en tête avec deux victoires, je suis à égalité avec un autre avec une victoire, et le mauvais joueur fait lanterne rouge tout seul avec les sales têtes. Dernière course, contre le joueur qui dispute avec moi la deuxième place du groupe, un peu comme une petite finale ! Je commence le premier tour à fond les ballons, je suis en tête. Au milieu du second tour, alors que je ne fais aucune erreur, mon adversaire me dépasse. AVEC LA MÊME BAGNOLE ! Mais comment fait-il?? Alors qu’on entame le dernier tour, je suis éliminé de la compétition. Je ne dois faire aucune erreur et je dois prier pour que mon adversaire en fasse au moins une. Mais il n’en fait pas. Sauf que, malgré ça, je gratte du terrain sur lui. WTF! Pas le temps de me poser la question, d’autant que mon adversaire se rend compte lui aussi du problème et ne sait pas comment arrêter mon inexplicable avantage. Dernier virage, je le prends à la corde, puis dernière ligne droite. Je passe devant et mets quelques mètres à mon adversaire qui ne peut rien faire d’autre que me regarder franchir la ligne d’arrivée avant lui. Victoire. OUI! Je suis qualifié pour les quarts de finale ! Bordel mais quel pied ! Je sers la main de mon adversaire que son père console juste après. Et là je me rends compte que je ne peux pas célébrer ma victoire avec ma famille. Mais c’est pas grave, si ça se trouve je vais me faire laver en quart et ça reviendra au même.

Première pause histoire que les organisateurs planifient les phases à élimination directe. Après un petit pipi à me motiver mentalement en me disant que je peux le faire, que c’est mon jour, que c’est écrit, je vais voir les orga pour leur demander comment ça se fait que le deuxième joueur va plus vite que le premier alors qu’on est sensé avoir la même voiture. Ils m’expliquent qu’il y a un mode d’activé qui permet au poursuivant d’avoir un avantage de vitesse sur le premier de la course. Pas un système d’aspiration, non, juste un bonus de vitesse au deuxième. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Je tâcherai de rester bon deuxième jusqu’au dernier tour du coup.

Arrive le début des quarts de finale. Tiens? Face à moi, un pote du foot. On se sert la main, on se chambre un petit peu, mais au fond on va arrêter d’être potes pendant quelques minutes. Premier tour, je fais ce que je peux pour rester juste derrière mon adversaire et je ne cherche pas à le doubler. Je commence à connaître la course par cœur du coup je me sens bien plus à l’aise. Mon adversaire ne se doute pas que je fais exprès de rester derrière lui, il fait ce qu’il peut pour me garder à bonne distance. Deuxième tour. Ma deuxième position commence à être suspecte, d’autant qu’à chaque ligne droite j’évite de tenter le moindre dépassement. Il sent que je prépare l’offensive pour le dernier tour. Troisième tour, je passe à l’attaque et je prie pour que ma stratégie porte ses fruits parce que sinon je vais m’en mordre les doigts. Mon pote essaye de me bloquer à chaque fois que je tente un dépassement, il arrive à me garder en respect, et puis : le dernier virage. C’est là que tout se joue à chaque fois. Mon adversaire ne parvient pas à la fois à prendre le virage comme il faut et à me bloquer le passage, du coup il freine beaucoup plus qu’il ne devrait et dévie sur la gauche de la route, me laissant la place sur la droite pour prendre le virage serré et partir en flèche. La dernière ligne droite n’étant pas assez longue pour que l’avantage du poursuivant ait un réel impact, je franchis la ligne d’arrivée en me retenant de hurler ma joie. Victoire!

À ce moment-là mon frère arrive dans la salle, il comptait s’inscrire pour les qualifications de l’après-midi. Il me demande comment ça se passe, je lui dis que je suis qualifié pour la « petite finale du matin »; il a l’air à la fois surpris et un peu fier. Pas trop le temps de se changer les idées que c’est déjà l’heure de la demi-finale, le ticket pour la finale du soir dans le dôme. Et qui est mon adversaire? Le mec qui m’a battu à mon premier match! Cette fois-ci j’ai mon frangin derrière moi pour me soutenir lors de cette grosse revanche. Ma stratégie est simple : refaire la même chose que pour le quart de finale. Quelques participants éliminés sont restés pour assister au duel. Premier tour. Je commence doucement, sans chercher à drifter comme un dingue. Mon adversaire passe logiquement devant moi, mais lui aussi reste assez calme dans sa conduite. C’est le premier tour le plus lent depuis le début du tournoi. Il est évident qu’il cherche lui aussi à ne pas se faire avoir par le bonus de vitesse. Deuxième tour. Le stress monte d’un cran supplémentaire. Mon adversaire commence à ralentir intentionnellement dans les virages, et je finis par passer devant sans vraiment le vouloir. Je prends l’avantage un peu trop tôt et je ne sais pas si je dois trouver un moyen de repasser derrière ou si je dois jouer à fond pour rester premier jusqu’à la fin. Dans ma tête à ce moment-là, c’est un bordel sans nom. Dans la confusion, je décide de rester en tête et de tout faire pour rester en place. Une petite voix dans ma tête me dit que je vais me faire avoir comme mon pote en quart de finale. Et encore, sous la pression je ne suis pas à l’abri d’une erreur de trajectoire et d’un choc contre le mur qui mettrait fin à mon rêve d’accéder à la finale. Dernier tour. Je suis toujours en tête, mon adversaire commence à bomber pour prendre l’avantage avant le dernier virage. Exactement ce que je faisais. J’étais mort. Le dernier virage arrive, et je suis toujours légèrement en tête, mes mains sont liquides tellement je stress à le voir si proche de moi sur l’écran splitté. Je ne peux rien faire d’autre que prendre le virage à la corde, et tenter tout ce que je peux pour l’empêcher de me dépasser sur la dernière ligne droite du freeway. Je connais la course sur le bout des doigts et ce virage encore plus, le prendre avec la vitesse maximale ne sera pas un problème; mais après ça… je n’avais aucune idée de la stratégie à adopter pour empêcher le poursuivant de passer devant moi. Je prend donc l’ultime virage aussi serré qu’il puisse être pris, et là, le miracle. Mon adversaire prend exactement la même trajectoire, mais comme il a un boost de vitesse en raison de sa position, il va plus vite que moi mais sur la même courbe, et ce qui devait ne jamais arriver, arriva : il me rentre dedans. Nos voitures s’entrechoquent, ma bagnole est secouée mais j’arrive à conserver ma trajectoire tant bien que mal, et le bolide de mon adversaire perd presque toute sa vitesse. Alors que je redresse le nez de la voiture pour prendre la dernière ligne droite, je vois sur le bas de l’écran l’autre voiture se faire distancer. Mon adversaire relâche même une main sur la manette et se content d’appuyer sur l’accélérateur pour terminer la course, mais c’est fait : JE SUIS EN FINALE.

Mon frère me secoue les épaules et me félicite en me donnant rendez-vous contre lui en finale. Malheureusement pour lui il n’aura pas autant de chance que moi et se fera griller la priorité par un gosse en élimination directe à cause de ce mode « avantage ». De mon côté, c’est le plaisir. Je suis à une marche d’une playstation2 gratos. Mes parents débarquent, découvrent que la journée va s’éterniser autour de ce planétarium. Je rentre chez moi pour manger tandis que mon frère reste pour participer à la phase de qualification de l’après-midi. Quand je reviens, je vais voir les organisateurs pour savoir à quelle heure la finale va avoir lieu et sur quel jeu. Là, il m’explique qu’à la base, la finale aurait dû se faire sur Grand Turismo 3, mais que Sony a retardé le jeu qui ne sortira donc pas à temps pour être joué pendant le tournoi. Faute de mieux, la finale se fera sur un jeu de snowboard : SSX. Jamais entendu parler, mais bon, j’aime bien Steep Slope Slider sur Sega Saturn, ça doit pas être bien différent… Là, un mec d’une vingtaine d’année vient voir les orga et pose les mêmes questions que moi. Quand on lui parle de SSX, il sourit, et s’en va.

Vient le moment de la finale, on entre dans le dôme. Une télé régionale est là pour filmer l’événement. On me file un t-shirt du planétarium pour faire la pub de l’endroit quand je serai filmé. Avant de lancer les hostilités, on nous projette une démo ps2 sur l’écran hémisphérique : Star Wars Starfighters. Encore aujourd’hui je me souviens de la mollesse abyssale du jeu et de ses temps de chargement honteux. Le truc ne donnait absolument pas envie. Puis on éteint les lumières et on lance SSX. On nous demande si on a déjà joué au jeu, je réponds « non », tout comme mon adversaire qui n’est autre que le gars de tout à l’heure qui avait demandé sur quel jeu se jouerait la finale. On nous explique que la finale se passera en deux courses gagnantes. Pendant qu’ils préparent le bousin, je demande tout bêtement à l’orga « c’est quoi les boutons? » et le gars me réponds texto « c’est croix pour sauter ». Ceux qui ont déjà joué à SSX doivent déjà se marrer face à cette réponse de branleur. La première course va commencer, c’est la première fois de ma vie que je joue à ce jeu et j’y joue sur un écran géant entouré de plein de gens cachés dans l’obscurité. On se lance ! Je suis à côté de mon adversaire dans la première ligne droite. À la première bosse, je me dis qu’il vaut peut être mieux sauter, alors j’appuie sur croix. J’appuie.une.fois.sur.croix. Car ce que ne m’avait pas expliqué ce crétin d’orga, c’est que pour sauter dans SSX, il faut maintenir croix appuyé pour PRÉPARER SON SAUT, et relâcher pour sauter. Du coup, qu’est ce qu’il s’est passé? Bah mon personnage a fait un petit bond à mi-chemin entre l’avc et et le plongeon de GTAV et j’ai terminé la tête la première dans la poudreuse. Pendant ce temps là, sur le côté gauche de l’écran splitté, qu’est-ce que faisait mon adversaire qui n’avait lui non plus jamais joué au jeu? Il tapait des records de tricks en faisant des sauts de l’impossible. Il prenait les raccourcis en pétant des murs de glace, alternait les boutons de tricks en même temps qu’il virevoltait dans tous les sens en faisant exploser sa jauge de boost. Mon premier réflexe a été de sourire. J’avais perdu. Cette finale n’allait pas se jouer au coude à coude, ni à armes égales, elle était perdue d’avance. Mon adversaire passa la ligne d’arrivée une dizaine de secondes avant moi. Au micro, l’organisateur était ultra gêné et lança un petit « Victoire de machin qui visiblement a un peu exagéré quand il a dit qu’il n’avait jamais joué au jeu… » NO SHIT. Plus qu’une course avant de mettre fin au supplice. Mais, dans la salle, ça bruisse. J’ai treize ans, lui en a plus de vingt, et il me l’a fait à l’envers. D’un coup, tout le public est derrière moi. Je ne les vois pas, mais je les entends. « Allez Lolo! » gueule mon frère, suivi de quelques applaudissements d’encouragement. Wow, on est en plein film Disney! Peut-être que la force de l’amitié va m’aider à dépasser l’adversité et à donner une bonne leçon à ce sale tricheur ! C’est faux, je me suis fait laver tout pareil sur la deuxième course. Après quelques Bouuh de circonstance, l’organisateur déclare mon adversaire grand vainqueur du tournoi. On me file un lot de consolation avec un porte-clé et une serviette de plage Clio. Je descends de la scène, les gens sont gentils avec moi. Je retrouve mon frère, dégoûté de ce qui venait de se passer.

On sort retrouver la lumière du jour, je rumine dans mon coin la mascarade de cette finale. Même si j’étais tombé contre un joueur qui ne connaissait pas le jeu, les explications foireuses des contrôles étaient déjà un handicap en soit. Et là, le coup de grâce. Mon adversaire sort de la salle avec la boite de la Playstation 2 sous le bras. Son pote, euphorique, lui demande « merde mais qu’est ce que tu vas faire d’une deuxième ps2?? » et il lui répond « j’sais pas, j’vais ptet la revendre ou la filer à ma sœur« . C’était trop pour moi. Trop d’injustice. Cette année-là, avoir une ps2 était mon rêve de gamin. Mon père et mon frère n’avait pas autant d’affect avec la marque Playstation que moi. La PS1 c’était MA console, ma toute première console de salon à moi rien qu’à moi. J’avais été à deux doigts de la gagner, et on avait presque mis en scène ma désillusion. C’était atroce.

Quelque part dans un coin de ma tête, j’imaginais mon père, fier comme tout de voir son petit aller aussi loin dans une compétition gaming contre des plus grands que lui; et qui face à l’injustice de sa défaite, aurait décidé de m’offrir la console au noël prochain. Mais c’est mon frère qui finalement craqua le premier et acheta la console en septembre de la même année avec ses sous. Superbe monolithe noir sur lequel jamais, au grand jamais, on ne joua au premier SSX… Malgré la déception profonde qui fut la mienne à cette époque, je garde aujourd’hui un souvenir assez agréable de cette journée. Souvenir d’une époque pré-internet où il était compliqué pour un gosse de mon âge de confronter son skill à celui de joueurs autres que sa propre famille ou ses amis. Et j’ai encore aujourd’hui ce fameux t-shirt noir du planétarium qui me sert de pyjama – un brin serré – et qui me rappelle une époque qui ne cesse de s’éloigner et qui m’est toujours aussi chère.

 

Joie du calendrier, ce mois-ci on a eu quatre podcasts sur le site. Quatre. Et oui ma bonne dame, ce mois-ci on a régalé. On s’est régalé, déjà, et on espère vous avoir régalés également. Du coup je me suis dit que ça serait sympa de faire un petit récap du mois passé, ça tombe bien c’est un peu le nom de la rubrique.

On a commencé par l’épisode consacré à Okami. Un jeu qu’on nous a souvent demandé depuis le début de lacaz, et qui à mon sens n’aurait pas pu aussi bien se faire qu’aujourd’hui. C’est un sujet qui me tient vraiment à cœur d’ailleurs, ce principe de programmation des sujets. Quand je réponds à une question ou une critique d’un poditeur, que ça soit en commentaire ou sur twitter par exemple, c’est un sujet qui revient très régulièrement. Pour expliquer mon point de vue simplement, je pense que le contenu et l’approche d’un podcast de La Caz’ Retro dépendent énormément du facteur humain. C’est un truc qu’on précise assez souvent quand on nous demande pourquoi on n’a pas parlé de telle ou telle feature dans une émission : le but de notre podcast n’est pas – et n’a jamais été – de faire un dossier complet et objectif sur un jeu. Du coup, comme on ne fait que partager les souvenirs des joueurs présents dans l’émission, le contenu du podcast va ressembler à ces joueurs. Avec la même préparation et les mêmes infos, une émission n’aura pas la même teneur en fonction des gens qui y participent. Ce qui semble d’une évidence pure pour nous mais c’est important de le repréciser. Et je pense que ce podcast Okami en est le parfait exemple. Il n’aurait jamais eu ce contenu avec d’autres chroniqueurs, ou si on l’avait fait à une autre époque, etc… Ce fut d’autant plus dingue de voir tous ces partages à la diffusion. Encore merci.  D’ailleurs pour l’anecdote, Oxydia et Dopamine n’étaient pas au courant du point Subby qui clôture le podcast. Ils savaient que Subby aurait une anecdote perso à évoquer durant l’émission, mais ils en ignoraient la teneur. Ce qui explique la voix un peu reniflante d’Oxydia lors de l’argus et le silence absolu de Dopamine. J’en menais pas large non plus je ne vais pas mentir.

Ensuite on s’est fait plaisir sur Guilty Gear. ça faisait un moment qu’on n’avait pas parlé de jeu de combat sur lacaz. Depuis le mois de mars de l’année dernière plus précisément avec le podcast Soul Calibur. Hop info cadeau, pas besoin d’aller vérifier c’est ça le petit service qualité.  Grand numéro d’équilibriste que le nôtre d’éviter aussi soigneusement de parler de Street Fighter non? Mais, comme à notre habitude, ce fut l’occasion pour le jeu de revenir sur le devant de la scène sans aucune raison logique. Parce que « pourquoi pas ». À force je vais finir par supplier les potes d’organiser des podcasts sur des jeux dont je veux des remakes ou des suites. Préparez vos listes les amis, on va lancer une tarification en fonction de vos envies. Plus le souhait est improbable, plus on vous fera payer cher. Honnête nan? À savoir qu’on a eu une fin d’enregistrement très étrange pour cet épisode-là. Le micro de Dopamine a décidé d’un coup de ne plus fonctionner après pas loin de deux heures d’enregistrement, et Tosmo a dû partir en urgence avant la fin. Et ça au même moment, pendant que Zéphirin faisait une pause pipi. Alors quand Zéphirin est revenu devant son micro, on entendait plus Dopa et Tosmo avait filé (je lui ai fait dire son « aurevoir » juste avant qu’il ne déconnecte).

Puis vint la Sélection du mois de Mai consacrée aux jeux Star Wars, animée une fois de plus par Oxydia qui confirme à quel point elle est super en host. Vivement qu’elle prenne l’animation d’un podcast standard. En tout cas ça m’a fait plaisir de relancer pour l’occasion le fameux « Star Wars Episode 1 Jedi Power Battles » même si à côté des titres choisis par mes camarades, il faisait quand même pâle figure. À cause de ses problèmes de réseaux, Gerfaut n’a pas pu se connecter avec nous le soir de l’enregistrement, du coup on a dû jouer le côté « message radio envoyé depuis le fin fond de la bordure extérieure ». En tout cas, en écoutant Subby parler de Knight of the Old Republic, ça m’a motivé à le racheter sur Steam. En plus, curieusement, il tourne vraiment bien. Hâte de trouver le temps de me le refaire. Et puis, comme pour Guilty Gear, une semaine après l’enregistrement, GoG proposait une version super optimisée de Star Wars Racer.

Et puisqu’on parle de la Sélection du Mois, j’ai vu que certaines personnes avaient du mal à retrouver ce format-là sur le site. C’est en soit une bonne nouvelle car ça implique que vous êtes de plus en plus nombreux à adopter notre tout nouvel index. À la base, l’index était intéressant pour vous permettre de retrouver plus facilement nos anciens podcasts en les filtrant par plateformes ou saisons. Et finalement, même nous dans l’équipe, on passe principalement par l’index pour naviguer entre les podcasts et non par le fil du blog. L’ajout des différents formats dans le filtrage de l’index est remonté jusqu’à Saint Gobolz. Maintenant qu’on voit comment tout le monde utilise le nouveau site, c’est plus facile de voir ce qu’il faut mettre en avant ou ce qu’il faut changer.

Et pour terminer ce mois bien chargé en podcast, notre émission dédiée à Wipeout 2097 est sortie. C’est tout beau c’est tout frais et ça n’attend que vous. Ça fait deux jeux playstation de suite avec Guilty Gears, et en plus deux jeux de niche si on peut dire. Avec une nouvelle fois, une bannière de malade mental de notre MrBiskot qui est en mode super saiyan cette saison niveau créa c’est un truc de malade. À chaque veille de diffusion on se retrouve sur son topic dans notre forum privé et on s’extasie à chaque fois. En tout cas pour parler de l’enregistrement du podcast à proprement parler, cette fois-ci Zéphirin n’a pas fait de pause pipi, du coup Tosmo et Dopamine ont pu terminer l’enregistrement proprement. Je plaisante Zeph, tu n’as pas la poisse je te rassure. C’était vraiment un enregistrement comme je les aime, où personne n’a de problème de net. Et pourtant je trouve qu’il n’y a rien de plus compliqué que de faire un podcast sur un jeu « simple ». Et là les gars ils ont vraiment géré. Bravo à eux.

C’était donc le mois de mai podcastique de La Caz’ Retro. Le mois de juin s’annonce, et ça va être pas mal aussi. 

Lorsqu’on préparait notre podcast consacré à Golden Sun, je me suis souvenu de la pub papier du jeu de Camelot, et curieusement j’étais le seul de l’équipe à m’en souvenir. Pourtant elle m’avait vraiment marqué à l’époque. Et en cherchant cette fameuse publicité dans les scans disponibles sur l’excellent site abandonware-magazine, j’ai eu un mal fou à la retrouver. Mais vraiment. Je me suis tapé des dizaines de mags de l’époque sans la trouver, alors que je feuilletais les numéros avoisinant la sortie du jeu.  J’ai pourtant retrouvé assez facilement la version vidéo de cette publicité, mais il aura fallu attendre un numéro de Nintendo Magazine pour tomber enfin sur la précieuse réclame. Du coup, en parcourant tant de mensuels de l’époque, je me suis replongé dans mon petit plaisir des vieilles pubs jv de mes magazines papiers, alors je me suis dit qu’il ne fallait pas les garder pour moi.

la fameuse pub Golden Sun. « Affrontez les forces du Chaos pour sauver le Monde » avec une grande image hors sujet et un microscopique screen du jeu

 

« Les Adultes aussi peuvent avoir peur » très bonne accroche pour le remake de Resident Evil sur la console la plus « kid friendly » de l’ère 128bits

 

 

j’ai toujours eu mal avec cette accroche.

 

incroyable double page pour l’adaptation de Jurassic Park pour les consoles SEGA.

 

 

l’accroche universelle qui marche avec n’importe quelle plateforme !

 

GTA revient de loin.

 

 

j’adore la trad’ de « fragger » en plus du paragraphe qui mise tout sur le cv de Romero

 

 

sans commentaire

 

souvenons nous de cette overdose Lara Croft

 

ils sont forts quand même, ils ont réussi à trouver une manière beauf de promouvoir le jeu Blade Runner

 

sublime double page pour le troisième épisode de Monkey Island!

 

probablement ma pub préférée de toute cette sélection !

 

grande époque où tu pouvais faire une pub parce que trois jeux sortaient sur ta console

 

l’accroche la plus pertinente concernant un jeu

 

la bonne ambiance c’est la décadence

 

les années 90

 

un modèle du genre

 

 

crois en moi.

 

 

Et en me replongeant dans ces magazines je me suis rendu compte qu’avec le déclin de la presse papier, nous avions également perdu toutes ces pubs souvent inventives aux accroches mémorables. Oh bien sûr tout n’était pas de qualité, il y a eu de nombreux exemples de mauvais goût et de dérives ouvertement sexistes, mais toutes ces créations ont disparu aujourd’hui. C’est peut être pour ça que j’aime tant les fan-posters qui fleurissent sur Twitter, ça me rappelle ces graphismes en pleine page que certains d’entre nous découpaient dans leur magazine pour les ranger dans leur classeur spécial gaming. Aujourd’hui on communique par trailers, c’est sympa aussi, mais je ne peux m’empêcher de me dire que ça serait vraiment bien que cette méthode de communication revienne un peu sur le devant de la scène. En tout cas grâce à des sites comme abandonware magazine, je peux redécouvrir la manière dont on a nous avait vendu nos vieux jeux à l’époque, et j’adore ça.

Salut mec ça va tu vas bien? On se présente? Mais nan tu nous connais. J’avais cette chanson en tête depuis ce matin du coup j’avais besoin de te la refiler, c’est chose faite. Passons maintenant à l’édito de mars.

Comme tu le sais peut-être, ou peut-être pas, en mars on fête l’anniversaire de ce petit site qu’est lacazretro.fr. Et oui! Joyeux Anniversaire au site donc, qui fête ce mois-ci sa sixième bougie. Six années pendant lesquelles ce courageux Loupign a bricolé les entrailles du blog et fait tenir cette machinerie avec beaucoup de courage et de dévouement. Aujourd’hui c’est Gobolz qui a repris le flambeau et qui est responsable de ce superbe site sur lequel tu surfes actuellement. Car si un podcast est une aventure humaine en soit, avoir un site sur lequel nous retrouver est également une petite odyssée. Je me souviens d’un réveillon de noël où j’ai reçu un sms de Loupign me disant « on s’est fait hacker »alors que j’attaquais les escargots à l’ail. Me connectant sur le site, j’ai eu le plaisir de découvrir une page noire avec la signature du hack. Le gars avait même inclue une mention remerciement en bas de page avec l’adresse de son skype en prime. Magique. Après sur le coup je faisais clairement pas le fier, ça m’a gâché la bûche au chocolat, mais aujourd’hui j’y repense avec le sourire, j’ai même screen la home page hackée en souvenir.

Du coup ce mois-ci je partais dans l’idée de ressasser mes souvenirs liés au site pour lui souhaiter un bon anniversaire, et puis je me suis dit : non. J’ai posé ma manette ps4 au milieu de mon newgame+ sur le remake de Shadow of the Colossus, et je me suis fait la réflexion suivante. Sur cette saison 7, nous avons déjà parlé de Wonderboy 3 et Shadow of the Colossus, deux titres rétros ayant eu le droit à un remake de qualité, salué par les puristes et les néophytes. Dernièrement, j’ai fait le remake de la trilogie Crash Bandicoot qui a également cartonné au point qu’Activision veuille réitérer ce succès avec un remake de Spyro. Ce mois-ci toujours, un des jeux offerts avec le PS+ n’était autre que le remake ps4 du premier Rachet & Clank d’Insomniac Games. On parle également d’une nouvelle édition de MediEvil présentée cette année, tout comme le remake du cultissime Resident Evil 2… Il est clair qu’on voit poindre une jolie vague de doudou des 90s qui commencent à faire de l’ombre aux anciens qui ne jurent que par les années 80. Non, visiblement, ils n’ont pas le monopole de la nostalgie, et les jeunes qui découvraient Crash Bandicoot à 8 ans en 1996 ont aujourd’hui 30 ans. C’est à dire mon âge. Ouch.

Et effectivement, quand je vois la séquence du débarquement dans le récent COD WW2, je ne peux m’empêcher de penser au petit Anfa de 2002 sur Medal of Honor Frontline qui parcourait Omaha Beach avec ses dix pnjs alliés face à ce bunker grisâtre et maître de mon destin. Voir cette séquence avec des graphismes actuels m’a filé des petits frissons je dois bien l’avouer. Tout comme le fait que je me sois éclaté à parcourir le remake de Shadow of the Colossus des texans de Bluepoint alors que j’ai déjà poncé plusieurs fois la version ps2 de la team ico. Ce n’est évidemment pas qu’une simple question de graphismes, car je trouve l’ère ps2 assez belle pour me suffire (preuve en est le remaster hd de Final Fantasy XII que je scotche également et qui n’a clairement pas besoin d’un remake à l’heure actuelle tant ce jeu est splendide en HD).

Mais dans le confort du framerate, les apports de la techno sur le plaisir de jeu comme la distance d’affichage, les temps de chargement, la meilleure gestion du pathfinding et autre précision accrue des sticks, il faut reconnaître que deux générations de consoles ont permis – notamment aux shooters console – un net progrès dans le confort du joueur.  Vous l’aurez compris, je ne suis absolument pas contre l’idée du remake en jeu vidéo, dans mon cœur ça ne remplace en rien le titre original, mais dans certains cas quand le remake est très bon, je peux délaisser le titre de l’époque en raison du confort de jeu du remake. C’est le cas par exemple de Shadow of the Colossus. Actuellement, à part la modélisation infâme du visage de Wanda, je me vois mal retourner sur la version ps2.

J’aime très sincèrement jouer à ces remakes, et s’ils ne remplaceront pas les souvenirs que je garde précieusement des titres originaux à l’époque à laquelle je les ai pratiqués, j’ai parfois l’impression que ce sentiment n’est pas partagé par les éditeurs. On parle souvent de la préservation du patrimoine vidéoludique, qu’il est important de conserver machines et jeux de la détérioration technique et de l’oubli populaire, mais si la notion de préservation au sein de musées est évidente, celle de la diffusion légale est nettement plus compliquée. Car aussi acclamés ces remakes puissent-ils être, il ne s’agira toujours que des mêmes usual suspects à qui on refera une beauté tous les dix ans. Quant à la réédition des jeux d’époque compatibles sur les hardwares modernes, il reste tant à faire. Même lorsque certains éditeurs proposent leurs vieux jeux en téléchargement sur un quelconque store, il est souvent naïf de croire qu’on va retrouver la version française à laquelle nous jouions naguère. Toute cette industrie souffre du syndrome de la trilogie originelle Star Wars. Voilà pourquoi je salue les pirates de l’émulation qui maintiennent ces titres en vie. Les bricoleurs  fous, les bidouilleurs de génie, les collectionneurs compulsifs. C’est de vous dont on doit s’inspirer pour la préservation de ces vieux jeux vidéo.

En sept saisons de podcasts on en a vu passer des titres – pourtant connus – jamais réédités ni remasterisé. Et même parfois quand le jeu est disponible dans un shop virtuel, il faut parfois se méfier de la qualité d’une émulation paresseuse bien que payante.

Alors pendant que je vais continuer à prendre du plaisir à découvrir d’anciens jeux sous un jour nouveau grâce à des remakes de plus en plus intéressants, je me garderais de jeter mes vieux jeux malgré la place que ça prend, car pour beaucoup c’est le seul format dans lequel ils peuvent être appréciés.

Nous y voilà ! Enfin ! La septième saison de La Caz’ Retro peut commencer ! Quelle aventure mes amis ! Entre les déménagements multiples au sein de l’équipe, la refonte totale du site par ce génie de Gobolz, les problèmes de santé des uns et des autres, les pépins techniques habituels voire même un cambriolage ! Nom d’un petit bonhomme en mousse on a bien cru ne jamais en voir le bout !

Mais aujourd’hui on peut enfin lancer cette septième saison ! Déjà ! Qui aurait pu penser que ce petit podcast tiendrait aussi longtemps et jouirait d’une communauté aussi forte ? hein, qui ? Notre absence en ce début de saison a été l’occasion de voir l’attente chez nos poditeurs, voire même le manque chez certains de leur dose de podcast pixélisé. Quand après six ans on voit des podcasts abandonner leur régularité ou même disparaître silencieusement en se disant qu’un jour c’est ce qui nous arrivera probablement, et bien je peux vous dire qu’être témoin de cet engouement a été un moteur incroyable pour nous. On a tendance à se dire qu’on fait ce podcast pour nous, qu’il marche ou pas, et c’est en grande partie vraie ; mais il ne faut jamais sous-estimer la force insufflée par une communauté. Alors encore une fois, merci. MERCI.

Evidemment, pour nous dans l’équipe, la saison a commencé il y a déjà plusieurs mois ! C’est bien simple, depuis la création de LaCaz’Retro nous n’avons jamais eu autant de podcasts d’avance ! Pour vous ça ne change pas grand-chose, mais pour nous c’est un stress en moins non négligeable. Car une des raisons qui ont retardé le lancement de cette saison, est qu’il est extrêmement important pour nous de conserver notre régularité de sorties pendant la saison. Un podcast est suivi la semaine d’après de l’énigme du podcast suivant et ainsi de suite. On ne va pas se mentir, ça fait bien deux saisons que le rythme était très dur à tenir en début et en fin de saison, ce qui retardait la mise en place de cette nouvelle version du site qu’on voulait faire depuis au moins deux ans. En prenant ce temps nécessaire, on s’est donné la possibilité de préparer le futur sereinement sans se mettre de pression inutile.

Du coup, bienvenue sur ce nouveau site lacazretro.fr refait à neuf ! Vous pouvez féliciter Gobolz, notre petit nouveau, qui s’est démené comme un beau diable pour tout mettre en place pendant que nous autres on se tournait joyeusement les pouces ! L’habillage est pensé pour le podcast, avec une mise en page directe et épurée pour vous amener à l’essentiel : nos émissions. D’un simple coup d’œil vous verrez la bannière, la barre de lecture et la durée du podcast. Simple, efficace, intérieur cuir.

Autre point important, l’index. Aujourd’hui LaCaz’Retro c’est plus d’une centaine de podcasts, ça commence à faire beaucoup, et pour ceux qui nous découvrent ou ceux qui veulent se refaire un de nos vieux pods, il était nécessaire de classer toutes nos émissions de manière pratique. Maintenant vous pourrez répertorier nos podcasts par saison ou par consoles afin de retrouver une émission plus facilement. La Caz’ Retro étant par nature une émission intemporelle, on observe régulièrement de nouveaux poditeurs se refaisant nos podcasts depuis le début ou cherchant des sujets spécifiques. Avec l’index, ça devrait leur faciliter grandement la tâche. Plutôt chouette nan ?

Il y a également toute un chantier de fond orchestré par Gobolz afin d’actualiser le site, ne serait-ce qu’une version responsive capable de s’adapter aux téléphones, ce qui n’était pas le cas jusqu’à aujourd’hui. Mais ça notre grand webmaster en parlera sûrement mieux que moi.

 

Bon alors ! Qu’est-ce qu’on va faire cette saison du coup ? Vous retrouverez comme d’habitude vos deux émissions par mois, émissions dont vous pourrez deviner le sujet une semaine avant grâce aux devinettes de nos deux nouvelles mascottes PAD & JOY ! Qui sont ces deux petites créatures me demanderez-vous? Oh et bien vous les découvrirez très rapidement sous la mine géniale de notre MrBiskot ( Vous pouvez d’ailleurs suivre la vie de ces deux sacripants sur leur compte Twitter @Pad_Et_Joy )

Autre changement de taille, nous remplaçons les Bonus Stage mensuels par une toute nouvelle émission, mensuelle également, mais beaucoup plus classique : LA SELECTION DU MOIS. Chaque mois, l’équipe se réunit dans un podcast consacré à un thème. Le but : vous proposer une sélection de 5 jeux qui, selon les chroniqueurs, méritent le coup d’œil. On ne vous parlera pas des « 5 meilleurs jeux de cette catégorie », mais juste de 5 jeux qu’on vous conseille d’essayer. Cette nouvelle formule nous permet de traiter plusieurs jeux dans une même émission, et parfois de titres plus méconnus que ceux que nous traitons en émission. En plus ça nous permet de partir sur des thématiques hyper précises ; un exercice vraiment très amusant que vous pourrez écouter très prochainement.

Nous allons également continuer les  jeux sur Twitch (il y en aura quelques-uns dans la saison), et avec Punky on va œuvrer petit à petit pour uploader la totalité de nos podcasts sur la chaîne youtube de lacaz. Gros chantier mais j’ai foi entre nos bandes passantes (c’est faux). On a également une pastille à vous proposer pendant l’été avec Zephirin, mais ça on en parlera plus tard !

Voilà pour ce petit tour d’horizon de notre septième saison, saison qui sera plus courte que les autres mais qui marque une étape importante pour la vie de notre petit podcast. Prenez le temps de parcourir le site et de nous reporter les défauts de finition que vous pourrez découvrir. Amusez-vous avez, on se retrouve demain avec les fameux Pad & Joy, et chargez les batteries car la semaine prochaine vous aurez le premier podcast de la saison et la toute première sélection du mois ! Moi je vous laisse je m’en vais digérer le foie gras et les saucisses cocktails !

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La cloche sonne, les chaises grincent sur le parquet usé de la classe, les manteaux froissent dans le couloir orné de porte-manteaux, les enfants sortent dans la cours de récréation alors que leurs cris stridents font fuir une nuée de moineaux. C’est les vacances ! Pas de bus scolaire aujourd’hui, Papa et Maman sont venus le chercher. La Peugeot 505 beige avec ses phares arrogants trône fièrement sur le petit parking municipal. Le petit garçon fait un signe de la main à ses camarades, n’ayant pas conscience qu’il ne les reverra pas avant au moins deux mois.

Dans un même élan, il claque la bise à ses parents puis jette son cartable waikiki sur la banquette arrière de l’automobile du paternel. À l’intérieur de ce char d’assaut, l’air suffoquant d’une voiture qui a passé la journée en plein soleil. D’un geste énergique, il tourne la manette en plastique de la vitre arrière qui descend péniblement. Sur le trajet, il s’amuse en sortant sa main à l’extérieur de l’auto, telle un avion improvisé qui file au gré des courants aériens. Alors que son père s’allume sa deuxième Gauloise, sa mère lui demande d’un regard complice s’il a des devoirs pour la semaine prochaine. Trop marrant Maman.

Arrivés à la maison, le jardin sent le gazon fraichement tondu. Le tas d’herbe dissimulé sous le jeune chêne ira rejoindre les chutes de troène dans le feu de joie qu’on préparera samedi après-midi. Même s’il n’a pas le droit de jouer avec le feu, il adore voir les flammes mordre le bois vert.

Tous les volets de la maison sont baissés, il fait frais à l’intérieur. De passage dans la cuisine, il se fait un chocolat froid et récupère la boite de cookies Hello de LU tandis que sa mère prépare une montagne de filets de sabre pour le dîner – c’est le poisson que personne ne connait et qui ne coute rien – toute la famille va se remplir le bide ce soir. Dans sa grande mansuétude, son père lui autorise à prendre le goûter devant Les Minikeums, mais une fois le Banania englouti, il aura intérêt à libérer le saint poste télé à son géniteur.

17h. Il monte dans la chambre de son frère en espérant que ce dernier joue sur sa Sega Saturn et apprécierait l’arrivée d’un copilote providentiel. Mince, le frangin s’écoute l’Ecole du Micro d’Argent sur sa console. En attendant que le patron termine sa cinquième écoute de l’Empire du Côté Obscur, le jeune garçon se rend dans sa chambre – en bordel – pour gribouiller quelques dessins sur le revers des Procès Verbaux jaune pisse que son père ramène de temps en temps du commissariat. Après un bon quart d’heure à dessiner des Schtroumpfs, son grand frère ouvre d’un coup la porte de la chambre.

– On joue?

– On joue.

La petite télé cathodique dans la chambre du frangin est placée au bord du lit. Selon la tradition, le grand frère s’assoit au bord de son matelas, et le petit frère sur le plancher, adossé au lit. L’objectif du jour, finir une nouvelle fois Guardian Heroes avant qu’un puissant « À table! » ne résonne dans l’escalier. Comme d’habitude ça sera un duo Samuel & Ginjiru, pourquoi changer une équipe qui gagne? Alors que le soleil commence à descendre sur la mer et que sa lumière rouge passe à travers les interstices des volets, les deux frères prennent le temps – comme à chaque fois – de regarder l’incroyable intro en Animé du jeu. Le petit garçon n’a toujours rien compris à l’histoire, mais peu importe, le plaisir est toujours le même, et comme à chaque fois il se dit que ça ferait un super dessin animé.

Les coups d’estoc résonnent à travers le son mono du cathodique, le tout au rythme des boutons matraqués des manettes Saturn. Les pads marquent des traces d’usure, le cordon a déjà commencé à se détacher de la manette et laisse apparaitre les fils. Le grand frère a le pad américain, le petit frère la version japonaise.  Ils en ont vu passer des jeux en si peu de temps. Athlete Kings, Die Hard Arcade, Daytona USA, pour ne citer que les titres multijoueurs.

Cette fois-ci, les deux frangins ont affronté Super Zur, et au milieu de l’ultime affrontement : « À Taaaaaaaaable! »

Dans un excès d’optimisme, les deux bougres demandent un temps additionnel pour pouvoir terminer la partie. Au second avertissement il ne leur restera plus que cinq minutes, et au troisième et dernier avertissement, c’est la voix du père qu’ils entendront. Mais ils n’auront pas à aller jusqu’à de telles extrémités. Dans un éclair éblouissant, le boss tombe face au talent de nos deux héros.

Du bout du doigt il appuie sur le bouton power de la console, à travers le petit hublot il observe le CD ralentir dans le lecteur. En descendant l’escalier pour aller manger, le gamin se dit que ce jeu est vraiment super bien, que ça serait bien qu’il ait une gameboy pour jouer à ce fameux jeu de collection de monstres dont on lui parle à l’école, ou cette fameuse console grise de Sony qui arrive sur le marché. Mais à aucun moment il ne se dit qu’il partagera ses souvenirs quinze ans plus tard à plus de gens qu’il n’y a d’habitants dans sa petit ville.

 

 

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Ce mois-ci j’ai eu l’immense plaisir de jouer et terminer Final Fantasy XV. Et alors que je voyais le générique de fin de ce titre atypique défiler devant mes yeux, je me suis fait la réflexion suivante : j’ai quand même eu de la chance d’être ado à l’époque des Final Fantasy Playstation.

Comme beaucoup de joueurs français, j’ai découvert la série Final Fantasy avec le 7ème épisode sur Playstation. J’ai par la suite acheté presque tous les épisodes de la série, et c’est même grâce à la trad FR de Final Fantasy VI que je me suis lancé dans l’émulation. Oh je vous rassure, ce n’est pas avec Final Fantasy que j’ai découvert le RPG. J’avais déjà tâté de quelques titres sur les consoles SEGA, comme Shining in the Darkness, Shining Force, ou encore Ultima IV sur Master System (qui était super moche mais la jaquette me faisait rêver). J’ai reçu Final Fantasy VII pour le Noël où on m’a également offert une Playstation. J’en ai déjà parlé dans une précédente rétro, mais c’est un jeu que mon frère avait vu tourner chez des amis à lui et il me l’avait vendu comme un truc de malade qu’il ne fallait surtout pas louper. J’ai au final très peu joué à FF7, je n’ai jamais dépassé le premier CD pour être précis. Mais j’ai passé des heures à regarder mon frère jouer. Ce n’était en rien une expérience frustrante, car je trouvais le jeu un peu trop dur pour moi et ça me plaisait de pouvoir suivre l’histoire, admirer ces paysages incroyables et baver devant ces scènes cinématiques du futur. Et puis qu’il était long ! À cette époque je ne terminais que très peu de jeux, j’y jouais quelques heures, je m’amusais comme un fou, mais au bout d’un moment mon esprit vagabond avait envie de passer à une autre expérience, et comme ce qui est loin des yeux est loin du cœur, je ne ressentais jamais le besoin de retourner sur ma partie en cours.

Mais très peu de temps après – j’ai eu ma Playstation pour noël 98 – les magazines que nous lisions, Console+ et depuis peu Playstation officiel, commençaient à nous teaser avec force d’insistance sur un blockbuster comme on en avait jamais vu dans le monde du jeu vidéo, un certain Final Fantasy VIII. FF7 avait fait beaucoup de bruit lorsqu’il était sorti en France c’est indéniable, mais il n’y a rien eu de comparable à la sortie de FF8. C’était hallucinant. Jamais un studio n’avait pu aller aussi loin, on ne pourra jamais faire mieux, piochez dans la liste des superlatifs de communiqués de presse et vous aviez une attente bouillonnante autour de ce huitième épisode. Une attente qui devint pour moi insoutenable le jour de la sortie du Hors-Série Final Fantasy 8 de Playstation magazine avec le CD de démo d’UNE HEURE du jeu. Pour l’anecdote il faut savoir que la quasi totalité des magazines que nous avions à l’époque sont passés au feu lors d’un été (pour faire de la place dans le grenier comme disait mon père). Tous? Naaaaaan. J’ai pris soin de conserver ce fameux numéro Hors-Série que j’ai toujours aujourd’hui. Quand je vous dis que ce numéro m’a marqué. Je pense sincèrement avoir lancé cette fameuse démo de Dollet plusieurs dizaines de fois. Le jeu me paraissait dingue à tant de niveaux. Je rentrais à cette époque dans ma période adolescence, et c’était à mon avis le moment rêvé pour jouer à ce jeu. Comme souvent, j’ai demandé le jeu pour Noël 1999, et alors que ma console était déjà pucée, je ne voulais pas avoir une version Verbatim du jeu, et ce fut le cas pour tous les autres épisodes de la série, car ces boites font pour moi partie du plaisir de jouer à un FF. J’ai donc débuté mon aventure à la moitié de mon année de CM2, et je me suis retrouvé bloqué avant l’été. Comme j’avais mes chouchous dans l’équipe de héros de cet épisode, je jouais principalement avec les trois mêmes comparses et je laissais les autres au placard. Grossière erreur en général dans un RPG, mais encore plus dans c’ui là puisque chez Squaresoft on s’était dit que ça pourrait être marrant de séparer le groupe de manière arbitraire au fil de l’aventure histoire de me laisser me démerder avec un groupe de cancres incapables de rivaliser avec un scorpion ridicule. Du coup pendant les grandes vacances, j’ai fait autre chose, et lorsque je suis rentré au collège, je jouais un peu moins à ma Playstation – beaucoup plus à la Dreamcast que nous avions eu également à Noël 99 – et j’ai laissé Final Fantasy VIII dans un coin de ma chambre.

Jusqu’à ce qu’au détour d’une conversation avec un camarade de 6ème, j’appris que j’avais dans ma classe un fan inconditionnel de SquareSoft et de J-RPG en général. Nous nous sommes naturellement liés d’amitié et il m’invita un jour récupérer un Verbatim de Legend of Dragoon contre le prêt de mon exemplaire de FF8. Lorsqu’il me rendit mon jeu après en avoir fait ce que vous pouvez vous douter qu’il fit, il me demanda de venir avec ma carte mémoire car le petit filou possédait un action replay. Je lui avais dit que je m’étais retrouvé bloqué au début du deuxième CD, et il me proposa de me cracker une save pour que mes personnages soient dès le début au level maximum avec toutes les invocations de débloquées. Comme je n’étais pas encore adepte des jeux à systèmes et que je voulais surtout voir la fin de mon jeu, j’acceptai bien volontiers. J’ai donc repris le jeu de zéro, avec trois personnages complètement crackés, et j’ai roulé sur le jeu… jusqu’au combat final. Oui, encore une fois, le jeu choisissait arbitrairement qui de mes héros allaient affronter le boss de fin. Et comme je n’avais pas la patience de relancer la sauvegarde à chaque fois que je tombais sur un tirage pourri, et que malgré mes efforts je ne parvenais pas à tenir tête à cet ultime obstacle, j’ai abandonné, et j’ai demandé à mon pote de me raconter la cinématique de fin. Oui… c’est moche. Je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir été si faible face à un jeu vidéo.

Déçu de mon expérience biaisée sur la 8ème merveille du monde, je me suis juré de ne pas reproduire cette erreur lorsqu’un Final Fantasy IX sortirait. Et lorsque je vis les premiers visuels du fameux jeu, je fut intrigué. Le jeu ne suivait pas l’évolution « adulescent » de l’opus précédent, et me proposait de revenir dans un monte plus féerique aux proportions plus cartoons. Circonspect au premier coup d’œil, je me suis mis à l’attendre comme un dingue dès que j’ai vu qu’il y avait des bateaux volants.

J’adore les bateaux volants, vous l’ignoriez?

Et lorsque Final Fantasy IX est enfin sorti pour mon anniversaire en 2001, j’ai ressorti ma Playstation du placard où je l’avais laissé puisqu’à cette époque je venais de terminer Shenmue et il m’était compliqué de revenir sur ma belle grise vieillissante. Mais à peine une heure passée sur le vieux fauteuil dans ma chambre face à ma petite cathodique qui trônait sur une table basse ronde en rotin, que le constat se faisait de lui-même : j’étais reparti pour un tour. L’ambiance générale me parlait en plein coeur, le système de combat à quatre personnages me facilitait un peu la vie; tout comme le système d’apprentissage des compétences que je trouvais vraiment cool. J’ai tellement été emporté par cet univers que je me suis même mis à dessiner des BDs sur mes cahiers de brouillon mettant en scène ce monde merveilleux. Pour l’anecdote encore une fois, il faut savoir que j’avais intitulé cette fameuse BD « Final Fantasy : la quête d’Anfalmyr »… C’est de là que ça vient mon pseudo, de mon amour pour FFIX. Et, pour la première fois, j’ai terminé un Final Fantasy! Oui, et sans tricher ! Ce fut long, difficile, mais passionnant et j’en suis sorti émerveillé. J’étais devenu assez grand et bon au jeux vidéo pour terminer un FF, et ce fut très probablement le dernier jeu que j’ai pratiqué sur ma Playstation. L’ultime expérience parfaite sur ma toute première console à moi.

Et c’est cet amour sincère pour cette franchise que je n’ai cessé de redécouvrir avec le temps qui a fait que je me suis infligé ce quinzième numéro. Parce que Final Fantasy est un nom qui a une sonorité toute particulière pour moi, là où ça n’évoquera sûrement pas grand chose chez des jeunes joueurs qui ont aujourd’hui l’âge que j’avais lorsque j’ai vu Aéris pour la première fois sur l’écran cathodique de ma télévision. J’ai eu la chance d’avoir un FF monument chaque année; quand on nous habitue à un tel niveau de maîtrise avec cette régularité, forcément ça laisse une emprunte indélébile chez un jeune adolescent. Final Fantasy c’est un peu comme la série James Bond, on préfère toujours celui qu’on a fait lorsqu’on entrait dans l’adolescence. Et cette fibre nostalgique, Final Fantasy XV n’a eu de cesse de me la rappeler à grand renfort d’OST rétro à écouter sur la route.

Et lorsque je parcourais les routes sinueuses et infiniment tristes de ce monde malade en écoutant quelques notes de Final Fantasy VIII, je me disais : j’ai quand même eu de la chance d’être ado à l’époque des Final Fantasy Playstation…

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Quel mois d’Avril mes amis ! Le remake de Wonderboy 3 qui sort dans un enthousiasme général et fait découvrir aux nouvelles générations un game design d’un autre temps; JulienC qui ne fait plus partie de Gameblog; les réseaux sociaux qui commencent déjà à se hyper à l’idée d’une SNES mini; sans oublier le Gameboy qui fête ce mois-ci ses 28 ans ! Quel mois vous dis-je…

Pour commencer, j’aimerais profiter de cet édito pour rendre un petit hommage à Julien Chièze qui vient de quitter Gameblog.fr après dix années d’intense investissement. Je ne me garderai bien évidemment d’y aller de mon petit commentaire, car c’est une affaire donc on ne sait rien et qui ne nous regarde aucunement. Non, je tiens à remercier encore une fois Julien pour avoir si brillamment su donner envie à tant d’anonymes comme nous de se lancer dans l’aventure du podcast. Nombreux sont les podcasteurs de notre génération à avoir eu l’envie de s’essayer à l’exercice à force d’écouter les anciens de Joypad discuter jeux vidéo autour d’une table à repasser. Ce fut pour moi une réelle fierté de recevoir Julien sur les ondes de LaCazRetro pour parler de Secret of Mana. Je le remercie une nouvelle fois d’avoir accepté notre invitation avec tant de simplicité; ce fut un moment très particulier pour moi que d’animer un podcast en sa présence et de suivre avec attention les quelques bons conseils dont il m’a dispensé ce soir-là pour m’améliorer. Ici à LaCaz nous sommes des enfants des podcasts de Gameblog, on s’est formé au sein de sa communauté. J’envoie également plein de bonnes ondes à Traz et Julo pour le challenge qui se présente inopinément à eux; je sais leur talent et je ne m’inquiète pas pour eux.

 

Ceci étant dit, j’aimerais revenir sur la rumeur insistante d’une prochaine SNES mini. Oui, ça n’a rien à voir. Nous revenons à peine d’un micro-phénomène de hype autour de la NES mini, où tous ceux qui voulaient afficher qu’ils étaient au top de la mode de la nostalgie, nous ont spammés avec des photos de boites neuves. On ne va pas se le cacher, ça faisait un peu cher pour un selfie et une soirée à se rendre compte que la NES ça a mal vieilli et que la majorité des jeux de votre enfance ne figure pas dans la sélection arbitraire de trente titres inclus dans le bousin.

Mais la Super Nintendo c’est pas pareil. Là on parle d’une des meilleures ludothèques de l’histoire du jeu vidéo; d’une machine mythique qui aujourd’hui met presque tout le monde d’accord lors des apéros de trentenaires. Là pour le coup, l’excitation semble bien plus légitime.

Mais non.

Aujourd’hui, personne ne s’inquiète de la liste de jeux qui figurera dans cette boite en plastique. Et avec la ludothèque de malade de la SNES, imaginez le nombre hallucinant de hits qui ne feront pas partie de la sélection finale. Nan, aujourd’hui tout le monde se dit qu’il faudra investir day-one dans cette objet dont la cote va assurément exploser quelques jours à peine après sa sortie.

Personnellement, je vois plus ces sorties comme une manière astucieuse pour Nintendo de vendre de beaux objets collector plus que de réellement proposer aux joueurs une manière nouvelle et légale de profiter de son histoire dans un cadre optimal. Il faut voir les choses telles qu’elles sont, voilà des années que sur les ondes de lacaz nous « militons » pour l’arrivée d’un service à la Netflix , pour pouvoir JOUER de manière légale à des offres proches des frontends que nous utilisons depuis plusieurs années maintenant et qui n’ont rien à envier aux offres officielles. De plus, n’oublions pas que ce système de ressorties par collections de jeux nous cantonne toujours aux mêmes titres; les usual suspects qu’on nous ressort régulièrement depuis 20 ans; laissant pléthore de bons jeux d’antan sur la touche. Cette mémoire sélective du jeu vidéo va continuer de plonger tant de bons petits jeux dans l’oubli que ça me rend plus triste qu’autre chose.

Ces mini consoles sont des objets de collection, voire de statut social, mais certainement pas des ressorties. On me rétorquera bien volontiers que je ne suis sûrement pas le public visé et que c’est toujours mieux que rien – et vous n’auriez pas tort – mais je ne peux m’empêcher de penser que c’est bien triste de se contenter de si peu. D’autant que des propositions alternatives existent (je pense par exemple à cette micro NES à cartouches NFC)  et qu’elles sont à mon sens hautement plus intéressantes. Mais pour creuser un peu plus la question, je vous inviter à écouter notre podcast Hors-Série « Emulation 2 » où nous débattons sur ce sujet.

 

Mais pendant qu’on se perd en conjectures, le Frigo fête ses 28 ans. 28 années d’une lignée de consoles portables à succès planétaire qu’aucun concurrent ne parviendra à bousculer jusqu’à l’explosion des smartphones. Un anniversaire qui laisse aisément supposer que dans deux ans nous aurons droit à une réédition en mode « mini » pour le trentième anniversaire.

Chez moi, on n’a jamais eu le premier Gameboy; et ce n’est pas faute de l’avoir demandé ! Car oui, mon frère avait effectivement demandé la portable de Nintendo à l’époque – nous avions déjà quelques Game&Watch – mais notre SEGAFANBOY de paternel lui offrit une GameGear à la place « Parce que c’est de la couleur, c’est plus puissant et Sega c’est mieux que Nintendo« .  Mais lorsqu’un cousin ou un ami débarquait à la maison avec la bête, même pour des gosses élevés au bleu, il n’y avait pas photo. Trente secondes sur Tetris valaient mieux qu’une semaine sur Columns, un Link’s Awakening faisait bien plus voyager qu’un sympathique Dragon Crystal. J’ai dû attendre la sortie du GameBoy Color ( violet transparent toi même tu sais) avec Pokemon Bleu pour enfin découvrir la qualité de sa ludothèque, ludothèque qui ne cesse de m’étonner encore aujourd’hui.

Ce que j’ai toujours adoré sur le Gameboy, c’est qu’elle vient d’une époque où les développeurs étaient habitués à des standards plus élevés, et les limitations techniques de la machine les obligeaient à penser différemment et à creuser ce qui devait être le coeur de l’expérience de jeu. Un procédé d’épure que j’aime particulièrement et qui a donné des jeux d’une simplicité et d’une pureté dingue. Des jeux qui sont toujours aussi agréables à jouer aujourd’hui.

Alors je te souhaite un excellent anniversaire petite chose magique. J’ai hâte de me plaindre dans deux ans de la pauvreté de l’offre de ta réédition collector trop cool #revival #oldies #tropdesouvenirs #ads

 

Pour conclure j’aurais aimé vous parler du remake français de Wonderboy 3, jeu de coeur pour pas mal de cazeurs (dont Subby qui le speedrun comme un taré), mais je n’ai pas eu le temps de me le faire à l’heure où j’écris ces lignes. Mon impatience est énorme, et ma rage face aux chanceux qui ont eu le presskit en boite de Master System, est intolérable. Vous pouvez toujours retrouver l’avis de notre Punky sur sa chaîne youtube en attendant. Je félicite les gens de Dotemu avec qui nous avons par le passé collaboré pour vous offrir des cadeaux sur le Grand Quiz. Leur nouvelle orientation démarre de bien belle manière et je le souhaite de continuer à nous proposer des titres avec ce niveau de finition. J’aime la philosophie de ces gens, leur manière de respecter le passé et de lui donner le coup de jeune qu’il faut pour le rendre attirant pour le plus grand nombre. Vivement que je puisse m’y plonger !

 

De temps en temps je lis certaines choses dans les messages de notre communauté, des remarques qui me font sourire car elles sont le fruit d’une sorte de projection sur la manière dont marche LaCazRetro.  Pour la même raison qu’on est amené à imaginer le physique d’un podcasteur qu’on n’a jamais vu et d’être étonné de le voir en vrai tant il ne correspond pas à l’image qu’on s’en était faite; certains poditeurs ont une vision assez définitive et pourtant totalement fausse sur la manière dont un podcast se fait, et plus spécifiquement les nôtres. Du coup, pourquoi ne pas vous l’expliquer? Ça sera plus simple.

 

COMMENT ÇA MARCHE ?

Si une saison de LaCazRetro se lance en septembre, elle commence en réalité en mai; où on se réunit pour préparer la saison à venir au lieu de faire ce qu’il nous plait. Premièrement je fais un tour sur l’agenda de la saison à venir et je marque les dates fixes : énigmes, diffusion, premiers dimanches du mois… Car en plus de faciliter la vision à long terme, ça permet aussi de savoir combien d’émissions on peut faire dans cette saison. Par exemple, pour la saison six, en mai on savait qu’on avait la place pour 21 mardi de diffusion, podcasts standards et hors-séries mélangés. À partir de là on peut regarder notre liste top secrète pour la réduire à 21 sujets. Et c’est important de le faire avant les vacances, car un début de saison est toujours lent à démarrer, entre les retours de vacances différents, la reprise du boulot, les enfants qui reprennent l’école, il vaut mieux se débarrasser de cette organisation dès la fin de saison précédente, quand on est encore tous ensemble et dans le rythme. La Saison se prépare à la fin de la saison précédente.

LA LISTE

Définir la liste des podcasts d’une saison est la partie la plus complexe car elle nécessite un équilibre souvent difficile à trouver. Il faut être équilibré dans les genres de jeux, les époques, les plateformes, et les intervenants de ces émissions. Autre difficulté, il faut au moins trois intervenants pour valider un podcast. Aussi fou que ça puisse paraître, c’est très important pour nous de parler de jeux qu’on connaît, et encore plus fou, tous les chroniqueurs de LaCazRetro ne connaissent pas tous les jeux du monde. C’est souvent très drôle de lire des remarques comme « j’aurais bien aimé entendre machin parler du jeu aussi » sans penser une seule seconde que machin n’a peut-être jamais joué de sa vie à ce jeu-là. Et le plus fou, accrochez-vous à votre siège : ce n’est pas un crime. Du coup on se retrouve autour d’une liste de plus d’une centaine de jeux qu’on va devoir réduire, premièrement par le nombre de cazeurs ayant fait ledit jeu, puis après par rapport à son genre, sa plateforme, son époque. À cette réunion, j’ai souvent dans ma liste une sélection de jeux qui vont fêter leurs dix ans ou leurs vingt ans au cours de la saison à venir, au cas où; mais c’est important de ne pas trop se focaliser là-dessus car on ne sait jamais vraiment comment va se dérouler la saison, alors il vaut mieux éviter de bloquer une date six mois à l’avance. Par exemple, cette saison, le podcast ICO devait sortir la semaine de la sortie de The Last Guardian. Outre l’ultime report de ce dernier, nous avons dû également sortir notre podcast plus tôt que prévu car nous avons été dans l’obligation technique de reporter notre enregistrement du hors-série Émulation. Heureusement qu’on n’en a pas fait des caisses pendant l’enregistrement d’ICO en parlant gratuitement de TLG pour faire genre c’est un podcast à donf sur l’actu’. C’est aussi pour ça qu’on ne donne jamais le numéro du podcast pendant l’enregistrement car rien n’assure qu’ils seront diffusés dans le même ordre qu’ils furent enregistrés.

Une fois la liste finalisée, on détermine le premier bloc, les cinq premiers podcasts qu’on va faire dans cette liste, toujours en étant équilibré dans les genres, époques et intervenants. Quand on a fait ça, le plus dur de la saison est fait. Au début de l’aventure LaCazRetro, on planifiait les podcasts quatre par quatre, et même si ça a tenu, c’est clairement pas la bonne méthode car ça nous empêchait de prendre  de l’avance sur des jeux assez longs qu’on aurait aimé refaire avant d’enregistrer le podcast pour raviver les souvenirs. Du coup, non, on ne prépare pas les podcasts en fonction du succès ou non des podcasts déjà sortis. Car en plus de planifier notre liste longtemps à l’avance, le like n’entre absolument pas en considération dans notre préparation. On fait des podcasts sur des sujets qu’on a envie de traiter, et le fait de les définir en amont nous permet de construire une programmation plus variée et intéressante.

LE CONDUCTEUR

La liste est faite, les premiers podcasts planifiés, passons à la préparation des enregistrements. Sur notre site nous avons un forum privé pour l’équipe qui nous permet de planifier tout ce qu’on fait dans l’année, dont un topic émission où sont préparés en détails nos futurs podcasts. Le process est le même, le premier post est un résumé du conducteur où chacun doit se placer. Animateur, Monteur, Une du mois, Pitch, Univers, Gameplay, Esthétique, OST, Revue de Presse, Anecdotes, Argus. Chaque intervenant se place là où il sent qu’il aura le plus de choses à dire, les rubriques se répartissent de la même façon, et très rapidement on a une version alpha du conducteur. On s’échange quelques liens pour les rubriques, certains apportent des précisions sur leur futures interventions, mais en général on fait en sorte de ne pas trop savoir ce que pensent les autres avant l’enregistrement, afin de garder la spontanéité d’apprendre qu’untel déteste le jeu qu’on adore. Lorsque ce premier conducteur est rempli, on passe au Doodle pour trouver une date d’enregistrement où tous les intervenants seront disponibles. Et prenez en compte qu’on fait ça pour cinq podcasts en même temps. Quelques jours avant l’enregistrement, je pose noir sur blanc le conducteur final, un document word où sont développés dans les différentes parties des angles et des questions que je vais sûrement aborder pendant l’enregistrement. Ce qui me permet ne de pas oublier d’orienter la discussion sur tel ou tel sujet, et aux chroniqueurs de savoir avant l’enregistrement à quelle sauce ils vont être mangés. Tous les podcasts sont préparés de cette façon, on ne fait pas de « podcast à l’arrache ».

LE JOUR-J

En grande majorité, on se retrouve sur Skype le dimanche soir à 21h pour enregistrer. On passe un bon quart d’heure à vérifier que les micros marchent comme il faut, que personne n’a de problème technique, que Evaer enregistre bien la conversation; on refait un petit récap’ du conducteur pour être sûr que tout le monde est prêt, et on se lance. On enregistre dans les conditions du direct, en essayant de se reprendre le moins possible ou d’interrompre le flux le moins possible. Car même si on monte à chaque fois les podcasts pour rogner les blancs, les bruits parasites et autre déglutition, c’est important de conserver la spontanéité d’un enregistrement continu. La tentation serait trop grande de marquer des pauses toutes les deux minutes pour vérifier telle ou telle information et la ressortir comme si on la connaissait depuis le début. On pourrait le faire, on n’est pas en direct. Mais à quel prix? Un rythme lent d’une discussion sans cesse interrompue? Non merci. Et qui plus est, si on se vantait de faire des podcasts ultra complets qui vont à l’encontre de notre concept (qui est, si besoin est de le rappeler, d’échanger des souvenirs de joueurs et non de faire des reviews objectives), nos forums seraient pollués par la Haut Autorité du Pixel qui viendrait nous préciser points par points nos différents oublis et approximations. Ce qui est déjà le cas aujourd’hui alors que c’est – again – absolument pas le concept de LaCazRetro.

On termine l’enregistrement entre 23h et minuit, on vérifie les backups, on envoie les liens importants vers le forum et les backups sur notre serveur pour le monteur. On discute d’idées pour l’énigme de cette émission, parfois on continue le débat entre nous pendant une petite demi-heure supplémentaire. On espère que le podcast est de qualité surtout. En général je mets un temps dingue à m’endormir ces dimanches-là car l’excitation du « direct » met du temps à retomber quand même.

LA POSTPROD

Monter le rush, poster l’énigme, envoyer le montage sur le ftp, préparer le fichier xml pour qu’iTunes mette à jour notre liste de podcasts, faire la bannière et le billet du podcast, préparer les posts sur Twitter et Facebook… Toutes ces petites tâches de post-production sont aussi importantes que la préparation des enregistrements. Les finitions sont toujours délicates car c’est ce qui va mettre en forme la sortie de notre podcast pour vous permettre d’écouter l’émission dans les meilleures conditions. Quand le podcast sort, le truc est fini, c’est carré. Être amateur n’a jamais légitimé de faire les choses à moitié.

LA SORTIE

Quand le podcast sort, on est probablement en train de préparer l’enregistrement d’une future émission, et le podcast qui sort a probablement été enregistré il y a trois semaines. On guette les premiers retours de nos plus fidèles poditeurs, on partage le billet sur les réseaux sociaux, et on attend. En général il faut trois jours pour voir le premier afflux de commentaires sur le site, et ça dure pendant quelques jours. Par rapport à d’autres blogs de notre style, je trouve qu’on a beaucoup de commentaires, et c’est quelque chose dont je suis particulièrement fier. Aujourd’hui les gens réagissent plus facilement sur Twitter et Facebook avec un petit mot, mais de moins en moins en laissant un commentaire sur le billet du site. Du coup c’est toujours avec beaucoup de plaisir de vous voir nombreux à partager vos propres souvenirs sur le jeu qu’on traite. Je sais toujours pas pourquoi vous le faîtes plus chez nous que chez les voisins, mais je vous kiffe pour ça.

Vous savez donc maintenant comment se fabrique un podcast de LaCazRetro, du premier brainstorming à la diffusion publique. Ça prend du temps, évidemment, c’est un investissement pour chaque membre de l’équipe, et c’est parce qu’on s’y consacre tous les uns pour les autres qu’on tient le rythme depuis six saisons. L’envie peut être là, mais si l’organisation ne suit pas, on ne peut rien faire. On s’est organisé avec le temps en trouvant les solutions les plus confortables pour tout le monde, pour nous permettre d’optimiser notre temps libre pour faire des podcasts dans les meilleures conditions et ne pas se retrouver à avoir la tête dans le guidon sans voir qu’on fonce droit dans le mur. Par exemple je sais aujourd’hui que beaucoup de nos poditeurs choisissent leurs sujets, qu’ils ne vont pas écouter un podcast parce que le sujet ne leur parle pas plus que ça. C’est normal, je le comprends, mais ça n’empêche que c’est un crève-cœur car on a passé autant de temps sur ce podcast-là que sur un autre, et que notre plus grande satisfaction est de lire un poditeurs curieux nous dire qu’il s’est lancé le jeu pour la première fois parce qu’on lui a donné envie de s’y essayer. Mais on a rarement le temps de se morfondre de voir un podcast qui nous tenait à cœur recevoir bien moins de retours que d’autres, car on est en train d’en préparer un autre, et le meilleur podcast, c’est toujours le prochain.

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